‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 249 sur 554 · J MONNAIES · texte numérisé non relu

J MONNAIES

montre, par la variété des expressions employées, Tidentité de la monnaie appelée tantôt le royal coronat (xii. m. s[olidi denariorum] regalium coronalorum) et tantôt, par abréviation, simplement : le royal (xxv. m. s. regnlium)^.

Le 9 août 1229, Bertrand de Cavaillon donne quittance, à Marseille, de a XXX. 1. regalium coronatorum implicatasin lxxxx. bisanciis bonorum « bisanciorum de Achone et recti ponderis. » Ce document donne le cours du change des royaux coronals en bcsants d*Acre sur la place de Marseille, à la date du 9 août 1229 : la valeur de change de la livre de royaux coronats en besants d*Acre ressort à 3 besants d'Acre*.

Le 7 août 1251, le juge de la cour communale de Marseille condamne deux citoyens de la ville à payer solidairement : a ce. et lx. et vni. 1. et a X. s. minus mi. d. regalium coronatorum, redactas ex quadam comanda « cccc. et nii. L monete mescte... facto inde computo ad racionem m. d. « de mescla pro i. regali'. » Ce texte établit qu*à cotte date le change de a la monnaie mêlée », c'est-à-dire du ramassis d'espèces de billon qui formait à Marseille la monnaie courante, était évalué à raison de 3 deniers de monnaie mêlée pour 1 d. royal coronat.

Une charte du dauphin Humbert II, de Tannée 1345, mentionne en ces ternies une monnaie du Dauphiné : « Ternales nigros currentes pro a III. denariis », d*où nous savons que le « ternal » avait alors cours en Dauphiné pour 3 deniers ^

Une cédule, du 31 mai 1459, constate le paiement a de la somme de c douze cens dix-huit hvres quinze solz tournois en xv". moutons d*or au « prix de xvi. s. m. d. tournois pour mouton. » Le mouton d*or avait donc cours à cette date pour 16 sols 3 deniers tournois '. Des renseignements de ce genre peuvent contrôler, compléter ou même suppléer ceux que fournissent les mandements relatifs au cours des monnaies qui ne nous sont pas tous parvenus.

Il n'est pas besoin de donner ici d'exemples des indications de prix que peuvent fournir les documents; mais, pour montrer l'intérêt de ces renseignements divers et le parti que l'on peut tirer de la combinaison de ces indications avec l'étude des monuments, il ne sera pas inutile de conseiller la lecture du très remarquable ouvrage où M. Blancard a étudié les monnaies de Lharles d'Anjou*» auquel ont été empruntés plusieurs des exemples cités plus haut. On y pourra apprécier les résultats auxquels peuvent conduire, dans le domaine de l'histoire monétaire et financière, des recherches approfondies, fondées eh grande partie sur l'étude des

* L. Blancard, Essai sur les monnaies de Charles /**', comte de Provence, Paris, 1868-1879, in^».

1, L. Blancard, Essai sur les monnaies de Charles /", p. 156.

2. L. Blaîicard, Documents inédits sur le commerce de Marseille, t. ï, n* 22 5. Ibid , nMlô.

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