‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 254 sur 554 · Du IX* à la fin du XI* siècle · texte numérisé non relu

Du IX* à la fin du XI* siècle

Au IX" siècle, deux faits eurent sur la langue des documents diplomatiques une influence capitale. D*une part Tétude du latin fut restaurée dans les écoles fondées par CharlemagneS et d*autrc part le latin cessa d*étre communément compris et parlé. Ces deux faits concoururent à amener le même résultat. L*étude de la grammaire, Tépuration de la langue latine et du style, recommandées à toutes les écoles épiscopales et monastiques par les prescriptions du souverain', eurent une influence qui se fit sentir dès le temps de Charlemagne, mais surtout sous ses successeurs, quand la jeunesse instruite dans les écoles nouvelles fut en âge d'être employée à rédiger les actes, aussi bien dans les églises et les monastères qu'à la chancellerie royale. On a remarqué de plus que la langue usitée ù la cour de Charlemagne et de Louis le Pieux ayant été l'allemand, le latin des diplômes impériaux avait été assez naturellement soustrait par là à l'influence de la langue vulgaire'. Mais il faut surtout observer que précisément à cette époque les idiomes parlés dans la Fronce occidentale et méridionale achevaient de se dégager du latin et de devenir des langues nouvelles. Dès lors, le latin, mort comme langue vulgaire, se conserva comme langue littéraire, ecclésiastique, juridique et administrative; enseigné dans les écoles, il y devint une langue plus correcte et en même temps plus factice que celle de l'époque mérovingienne ; il reconquit les règles anciennes de la grammaire, retrouva le neutre, les fonctions casuelles, ses conjugaisons et sa syntaxe; il cessa eu môme temps de suivre dans ses transformations la langue parlée et ne fut plus influencé par elle, du moins de la même manière qu'auparavant.

Lorsqu'on parle de la correction des textes diplomatiques carolingiens, lorsqu'on dit que le latin n'y subit plus l'influence de la langue vulgaire,

1. Sur la renaissance littéraire du régne de Charlemagne on pourrait dresser une biblio^aphie étendue ; pour le sujet traité ici je me contente de renvoyer à Sickel, Acla Karolinorum, t I, n* 54. Sprache der Diplôme in den spàteren Jahren Karls.

% Capitul. de 789, cap. 72. c Et ut scholae legenlium puerorum fiant. Psahnos, notas, < cantus, computum, grammaticam, per singula monasteria vel episcopia discant. » (Bonenirs, CapiluL, t. I, p. 59.) — Conslilufio de scholi» per singula episcopia et monoMtena imtituendis (780-^00). L'un des considérants de celte circulaire eipose que dans les nombreuses lettres adressées au roi par les monastères, il a remarqué et sensuê rectos et sermones incullos (Ibid.y p. 79).

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