‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 256 sur 554 · LE STYLE DES X« ET XI« SIÈCLES · texte numérisé non relu

LE STYLE DES X« ET XI« SIÈCLES

ramélioration, et, dès la fin du xi« siècle» on retrouve en grand nombre des actes dans lesquels la propriété des expressions et la simplicité du style s*ui]issent à la correction de la langue. Il faut ajouter qu'il n'est peut-être aucune des chancelleries de la France, sinon de TEurope, qui ait échappé totalement à ces défauts : ils résultaient évidemment de l'enseignement donné dans les monastères où se recrutaient les scribes, et il semble bien qu'il ne serait pas impossible de classer ceux-ci par écoles. Dans tous les cas, ce style si caractéristique des x« et xi*^ siècles, se trouve dans les diplômes émanés de la chancellerie des rois capétiens, comme dans les chartes des seigneurs féodaux, dans les actes ecclésiastiques, et même dans ceux des contrats privés qui ne tombaient pas dans l'extrême barbarie dont on a plus haut donné des exemples.

11 est assez difficile, sans multiplier outre mesure les citations, de donner une idée à peu près exacte de la langue et surtout du style des documents de cette époque. On a pu voir déjà, dans l'un des chapitres précédents, comment les titres et qualités ajoutés aux noms des personnes y étaient exprimés*; on retrouvera d'autres spécimens au cours de cet ouvrage, partout où il est question des documents des x« et xi^ siècles*. On se contentera ici, sans entrer dans les longs développements qu'exigerait une étude analytique, de donner quelques exemples des variantes que pouvaient comporter alors les formules les plus usitées, et aussi des développements les plus brefs auxquels certains mots ou certains noms pouvaient donner lieu.

La formule gralia Dei,quï s'ajoutait, comme on l'a vu', aux titres royaux, féodaux et ecclésiastiques, avait sou^nt été remplacée par quelques variantes très simples; les scribes, depuis le milieu du x« siècle, s'appliquèrent à en trouver de nouvelles. Rainaud, évêque de Paris (992-1016), s'intitule par exemple : non meis exigenlibus merilis sed gralia prevenienle redemptoris episcopus^; le rédacteur d'une charte d'Eudes, comte de Blois, pour Marmoulier, de 985 ou environ, la développe ainsi : Ego non meis nierilis sed Dei omnipotentis (jiti solem suum oriri facit super bonos et malos indicibi/i largiente bonitate Oîo cornes^. La formule de notification universis presentibus et fuluris, que l'on trouve exprimée en tète d'un très grand nombre d'actes, a été variée ou développée aux x^ et XI* siècles de la façon la plus singulière. C'est : novit omnium numéroiilas fideliumy en tête d'un acte du comte d'Anjou GeofFroi Grisegonelle de 966 ° ; nolum hymmo et percognitum esse volumus, dans une charte du

i. Voy. plusliaut, ch. I, p. 517 elsuiv.

2- Voy. particulièrement liv. IV, chap. v, ce qui est dit des Préambules, et ch. vi, ce qui est dit des clauses finales dans les documents de celle époque. Voy. aussi pour les actes de la chancellerie royale, liv. V, ch. n.

Page 1