‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 289 sur 554 · Voy. plus haut, pp. 20 à · texte numérisé non relu

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3. GeUc clause se trouve dans les brevets d'investiture des notaires impériaux. La plus ancienne formule remonte à Frédéric II. Voy. plus loin, p. 498, n. 6. Elle se maintient encore aux xiv« et xv* siècles {Nouveau Traité de dipL, t. I, p. 481, et t. IV., p. 467).

4. On sait qu'il n'y a plus lieu de faire la distinction admise autrefois entre le papier de cliiiTc et un prétendu papier de coton. Il n'a jamais existe de papier de coton. En préparant, en collat)oration avec M. Aime Girard, professeur de chimie au Conservatoire des Arts et Métiers, un recueil des traités de technologie du moyen âge qui sera prochainement publié, nous fûmes amenés, mon collaborateur et moi, il y a une dizaine d'années, à étudier la question de la fabrication des hnciens papiers. Pour interpréter notamment un passage du moine Théophile {Srhedula diversarum artium^ I, xxnij.oû il esC question de pergamena greca que fit ex lana ligni (ou /liii, selon les mss.), nous nous demandâmes s'il s'agissait bien là de coton, comme on l'avait dit, et s'il avait réellement existé au moyen ftge un papier composé de coton. Après avoir recueilli des échantillons de papiers anciens, de provenance tant orientale qu'européenne, considérés jusque-là comme papiers de coton avérés, nous y avons vainement recherché, par l'analyse microscopique, la fibre si caractéristique du coton; toujours nous n'avons rencontré que celle du chanvre ou du lin. Mous avons eu depuis la satisfaction de voir les résultats de nos recherches corroborés par les études de H. Driquet de Genève et plus complètement encore par les travaux de M. Julius Wiesner, professeur de physiologie botanique à l'université de Vienne, sur les papiers orientaux de la collection de l'archiduc Rainier, provenant d^El-Fayûm. Voy. C.-M. Briqoet. La légende paléograpkique du papier de coton, Genève, 1884, in-8 (extrait du Journal de Genève); Becherches sur leê premiers papiers employés en occident et en orient du \* au ii^r siècle, t. XLVI (1886) des Mém. de la Soc. des antiquaires de France; Julius Vi'iESJiER, Die mikroskopische Untersuchung des Papiers mit besonderer Berucksichtigung

HASl'EL DB DlPLOMATlQt'K. -^^

498 MATIÈHES SUBJECTIVES DE L'ÉCRITURE. [Liv. iv,Cii.ii

été assez restreint. On cite oixlinaircment comme les plus anciens documents occidentaux sur papier des actes des rois de Sicile du xir siècle, Ro^'or II, Cuillaume P' et Guillaume II *. Toutefois le papier ne se propagea que lentement en Eumpe au xu^ siècle, et son emploi demeura limite aux pays en relations avec les Arabes. Au commencement du xni<^ siècle, la chancellerie de Frédéric H expédia sur papier quelques mandements de Tempereur*, mais bientôt la fragilité et le peu de durée de ce pi*oduil, facilement altéré par l'humidité ^, en fit proscrire l'emploi pour la rédaction des actes dont on voulait assurer la conservation. Frédéric II, en 12*11, en défendit l'emploi pour les actes publics S et Alfonse le Savant, en Espagne, distingua avec soin les écritures que l'on pouvait faire sur papier de celles que Ton devait faire sur parcheminé L'interdiction de K*diger les actes sur papier devint une clause des brevets de nomination des notaires impériaux et fut même insérée dans les privilèges qui conféraient aux comtes le droit de créer des notaires; ceux-ci, au xiv« et au xv« siècle encore, devaient prêter serment en entrant en charge de se conformer à celle défense*. Au coui*s du xni« siècle cependant, loi^que des fabriques de papier eurent été établies en Italie, en Espagne et dans la France méridionale, ce nouveau produit, devenu beaucoup moins cher que le parchemin, se vulgarisa rapidement. On ne l'employa ni pour les actes solennels, ni pour aucun de ceux qui devaient supporter des sceaux pendants, mais on s'en servit couramment pour les lettres missives, les

(hr âlteslen orienialischen und europâUchen Papiere. Vienne, 1887, in-4, exU'ait des Mitlheil. aus der Sammlung der Papyrus Erzherzog Rainer.

i. Yoy. Huillaro-Bréiiolles, UUtoria diplom. Frederici II, IntroJ. p. lxii et suit, et BREssLii), Handbuch der Vrhundenlehrey t. I, p. 802.

2. Yoy. nolaninieiit un mandement ori^. sur papier de 1228 daté de Barletta. KaUerurkunden in Abbild. Lief. VI, pi. 18»; Bôiimer-Ficker, Regesta, n» 1723.

3. On sait ({uc beaucoup des anciens documents sur papier qui se sont conservés sont presque illisibles et souvent presque réduits en pâte. Dès 4222, Frédéric II renouvelait des actes sur papier de Guillaume II de Sicile, datés de 1168, 1170« 1187, quoniam incipiebani vetustale consumi (Bôhmer-Fickbr, liegesia, n*"* 1376 et 1382).

4. Constilut loties regni SicHiae, tit. 63 : « Volumus etiam et ; aucimus ut prcdicta iiia strumcnta publica et alie siiniles cautiones non nisi in pergamenis in posteruro conc scribantur. Cum cnini eorum fides multis fuluris temporibus duratura speretui*, jusluni c esse decernimus ut ex vetustatc forsitau destructionis peiiculo non succuml)ant. a Ex insti'umcntis in cliartis papyiû... scriptis... nulla onuiino prubatio assumatur. ' (llurLLARn-BRKHOLLEs, Htst. dtptom. Fred. Il, t. IV, p. 50.) Cette constitution parait renouveler une constitution antérieure promulguée à Capoue en 1220 (cf. Ibid., t. II. p. 91, n.).

5. 1256-1205. Las sicte parlidas, part. lU, tit. XYIII, liv. Y, éd. de 1807, p. 550. « Quales cartas deben ser fechas en pergamino de cuero et quales en pergamino de c panno. »

6. Voy. la formule d«^s lettres d'institution d'un notaire empruntée par IIcilurd- BnÉiiuLLEs aux Guidonis episloU (Ouvr. cit., t. IV, p. 54, n.). Elle est intitulée au nom de Frédéric II : a Jubemus autcm quod in carta rasa vcl bombicina non scribal « publicuni inslrunicntum. d Cf. pour des mentions postériem*es, iVour. Traité de diplom \, 1. 1, p. 524. Watte.ndach (Schriftwesen, p. 122) en cite, d'après Tiraboscbi, des exemples de 1318 et de 1531.

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§ 1] LE PAPIEU. 499

lettres closes, les mandements, les cédulcs, les pièces financières, les actes de procédure, les minutes, et surtout pour les rouleaux et les registres de toutes sortes, registres de notaires, de comptes, de chancellerie, etc.

Parmi les documents sur papier du xin® siècle on peut citer le Liber plegiorum de Venise, dont les premières mentions remontent à 1225, les registres de délibérations du conseil général de Sienne depuis 1248, de nombreux registres de notaires italiens, les registres judiciaires du podestat de Bologne, les lettres adressées de Castille à Edouard I" roi d'Angleterre depuis Tannée 1279*.

En France, on connaît de nombreux registres et actes des notaires marseillais depuis 1248; le registre des reconnaissances du Briançonnais de 1260, aux archives de l'Isère; le registre des comptes d'Alfonse de Poitiers (1245-1248)*; le registre des enquêleui^ royaux dans la sénéchaussée deBeaucaire (1248)^; le registre des sentences des commissaires royaux dans le Toulousain (1272-1274)*; etc. Tous ces documents, on le voit, proviennent de la France méridionale. Ce fut au xiv* siècle seulement que le papier se répandit dans les provinces du nord. Hais depuis cette époque ses progrès furent constants et ils devinrent très rapides au x\^ siècle. Toutefois les actes publics continuèrent longtemps encore à être écrits sur parchemin, et ce ne fut guère qu'au xvn« siècle et après l'invention du papier timbré (1655) que l'on cessa de s*en servir pour certains d'entre eux. L'emploi du parchemin pour l'original des actes du pouvoir exéculif ne fut aboli que par un décret du 10 octobre 1792.

Si l'histoire de la fabrication du papier pouvait être faite avec assez de précision pour permettre de discerner avec quelque certitude la provenance et la date des papiers anciens, l'érudition disposerait d'un précieux instrument de critique. Mais il est à craindre que, pour l'époque ancienne du moins, on n'arrive jamais à rassembler des renseignements suffisants. Force est donc de se contenter de notions générales et quelque peu incertaines. Le papier le plus ancien est généralement assez épais, brillant, satiné ou du moins lissé, mou, sans grain, souvent nuageux par transparence et spongieux, lorsqu'il a été, ce qui arrive souvent, altéré par l'humidité. Fréquemment il s'en détache, principalement sur les bords, des espèces de flocons plucheux, auxquels il a dû longlemps le nom de papier de coton. Les formes sur lesquelles ces papiers devaient élre préparés n'y ont souvent laissé aucune empreinte; parfois cependant on y trouve, marqués plus ou moins nettement, des vergeures et des ponluseaux. Dans les dernières années du xui® siècle apparaissent les filigranesj qui sont des marques de fabrique, et, à partir du xiv« siècle, la grande majorité des

1. Piihliécs par Pauli dans Bcrtchic der Berliner Akadcmic, 1854, p. 030.

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