‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 29 sur 554 · Â Montpellier, Poitiers, Lyon, Nancy, Lille · texte numérisé non relu

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2. Jahrbûcher der deutschen Geschichtc, coitimencés en 1857 sous la direction de Ranke et devenus le point de départ des meilleurs travaux sur l'iiistoire de TAlleniagiie au moyen âgre. — Pour le détail de ces publ., voyez Daulmanx, QueUenkvnde, 5*. éd., 1883, n« 045, 1339, 1345, 1482, 1552.

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du niénie genre qui ne furent publiés qu'après sa mort. Halgii't beat d'imperfections : dépouillements incomplets, critiqua superficielle, noiogie approsimative, ces rêgestes montrèrent tout le parti qu'on vait tirer, pour la critique et pour l'histoin', de documents groupés sorte, luiîtée et perfectionnée par de nonfbreux êrudits, la métliof Bûhmer fut bientôt appliquée à d'autres séries de documents et ne ment par Jaffé (1819-1870) aux actes des ))apes (1851). Les noml rêgestes publiés par les savants allemands et dont le nombre s'a( sans cesse l'endent à In science de grands services, cl it faut regi que les publications analogues soient encore aussi rares en France. à la dilTusion de l'enseignement des sciences auxiliaires de l'histoii moyen âge, qui existe aujourd'hui dans la plupart des Univei'sitës ' l'Allemagne doit de posséder en nombre suflisant des énidits pré par leurs études i exécuter dos travaux de ce genre. Au premier des maîtres il faut nommer M. Th. von Sickbl, qui semble aujour le chef incontesté de l'école allemande de diplomatique. Profes» l'Université de Vienne et directeur àe l'Institut d'histoire aulrichii directeur depuis 187» de la section des Diplomata du recueil des J menla Gervtaniae, il n'a cessé, par son enseignement et ses travau faire effort pour amener les recherches en matière diplomatique degré toujours plus grand de précision et d'exactitude. Se fondan exemple, sur les rapprochements d'écriture les plus minutieux et si comparaisons de style les plus délicates, il en est arrivé à pouvoir i miner quels avaient été respectivement les rédacteurs et les scribe divers diplAnics des chancelleries qui ont fait l'objet de ses études tirer de cette détermination des conclusions sur la valeur et le can (les documents, plus certaines et plus rigoureuses que celles demandait auparavant à la connaissance des usages généraux des cellcries. Dans ses mémoires de diplomatique, publiés pour la pi dans les comptes rendus de l'Académie de Vienne*, il a déployé tout qualiti^ d'une critique singulièrement aiguist-e et qui ne redoute p subtilités; il a fait une très heureuse application de sa niéthodi diplômes des quatre premiers Carolingiens, et exposé l'ensemble doctrine diplomatique dans une magistrale introduction qui occup< un volume**. Enlîn, dans des instructions pour la publicatioi diplômes des souverains allemands dans la nouvelle sî'rie des Monu;

* Tb. Sickel. Beilrage i„r Uiplomatik, 1-VIll. Vienne, 1861-1882, in-8. etln Sihungilienchle der iVieaer Ahademie.

" Th. Sickal. Acia regum ri impcratorum Karoliiionim digeila et tnarrat Leiae voii den Vrkuiideii der crileit Karoliiiger |7M'8iO); I. Il, flej«l Vrkttttdea der erilm Karolinger (7S1-U0}. Vienne. 1867-1808, in-8.

I. Pour autant que je puis le savoir, cet enseignement est aujoui'tl'hul o à Berlin. Bonn, Breslau, GôUingeii, Halle, Leipzig, Hunicli, Sti-asboui'g. Czer Innsbruck, Prafcue el Vienne. Il faut donner une mention spéciale i Viiitlt ôtUrreichiKht Gtichicklfforichtaig, établi à l'Dnirersitè de Vienne en 18M ganisé en IS'S.

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Germaniae*, et dans la Préface de son édition des diplômes de Conrad 1'% Henri I" et Otton P% — publiée en 1879 avec un spécimen de 1 édition, — il a exposé quelles conditions devaient' réunir les publications de textes diplomatiques pour satisfaire aux exigences toujoui*s croissantes de la science, et s*est montré lui-môme un éditeur impeccable.

A côté de lui, M. Julius Fickeh a conduit Télude de la diplomatique dans la voie d'une critique parfois subtile jusqu'à rexcés, souvent négative, toujours compliquée, mais ingénieuse, pénétrante, peu soucieuse des traditions et ne reculant devant aucune difficulté**. Considérant que la critique des textes d'après de prétendues régies générales de chancelleries, presque toujours incertaines, était souvent superficielle, il y a substitué la recherche des origines et pour ainsi dire l'étude de la genèse de chaque document. Par une analyse patiente de chacune de leurs parties, il a tenté de reconstituer les phases diverses qu'ils avaient traversées jusqu'à leur entier achèvement, et de rechercher les traces qui en pouvaient subsister dans les actes tels qu'ils nous sont parvenus; il a su tirer de cette étude des conclusions intéressantes, particulièrement sur la valeur respective et la concordance des divei's éléments qui forment les dates.

Les érudits allemands, à peu d'exceptions prés, ont subi l'influence de ces doctrines nouvelles*. Plus encore qu'en France, les publications diplomatiques, éditions, régestes, catalogues d'actes et travaux critiques, se sont prodigieusement multipliées dans ces dernières années. Elles sont naturellement d'importance et de valeur fort inégales; mais on ne saurait nier que, prises dans leur ensemble, elles ont quelques caractères communs qu'il est intéressant de dégager. Le plus frappant est certainement l'harmonie générale : nulle part on ne sent autant qu'en Allemagne, à travers la diveraité des opinions, la discipline et la cooi^ination des efforts; nulle part l'exploration, l'investigation et la critique des souires historiques ne suivent une marche aussi systématique et aussi régulière. Il en faut faire certainement honneur à l'enseignement des Universités et à ces grandes publications qui groupent maîtres et élèves dans une collaboration féconde où s'affermissent et se développent les traditions scientifiques. Bornons-nous à citer comme exemples, avec les Monu-

* Th. V. Sickel, Programm und Inslmclion der Dipiomata^Abtheilung, dans le Neues Archiv, t. I (1876), pp. 429-482.

** J. Ficker, Be.itrâge zur Urkundenlehre, Innsbruck, 1877-1878, 2 vol. in-8. D'antres mémoires que nous aurons occasion de citer plus loin ont été publiés dans les MU- Iheiiungen des Instituts fur ôsterreickische Geschichtsforschung,

1. Parmi les raras dissidents il faut signaler M. Julius von Pflugk-Hartttng (naguère Julius IIarttijng) dont les travaux sur la diplomatique pontificale, loin de faire avancer la science, semblent un retour à ce que Gatterer avait nommé le Linnaeismut graphicut. Sur ses différends avec M. v. SickeU voyei Th. von Sickel, Bella diplomatica ohne Eiutef dans les Mittheil, des Inst. f. ôsterr. Geschichtsforschung y t. Yi (1885), et la réponse de J. V. Pflugk-Hauttcng, Th. von Sickel und die Monumenta Germaniae Diplomaia, Stuttgart, 1885, in-8.

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menta Gei^tnaniae et les Jahrbûcher mentionnés plus haut, les rééditions lies régestes de Bôhraer et de Jaffé. A côté de ces qualités de premier ordre, il convient de signaler quelques défauts, sensibles déjà dans les œuvres des maîtres et naturellement plus saillants dans celles des disciples. 1^ prétention quelque peu excessive de donner à la diplomatique le caractère d une science exacte a trop souvent pour conséquence l'afTectâtion de disposer le raisonnement en forme mathématique, de discuter à l'aide d'espèces de formules algébriques dont l'inconvénient, outre la sécheresse et l'obscurité, est de faire perdre de vue l'objet même des problèmes et de ne point tenir assez compte de la complexité des documents. Une autre tendance non moins fréquente de l'érudition allemande est de chercher, souvent outre mesure et hors de propos, à généraliser, à systématiser et à fixer les moyens d'investigation, de critique et d'analyse. Ce pédanlisme scolastique aurait pour conséquence de réduire l'étude des textes à l'application d'un certain nombre de procédés, déterminés une fois pour toutes, alors que la critique; pour être efficace et féconde, doit demeurer toujours souple, variée, vivante, et se renouveler sans cesse. L'extrême délicatesse des observations et des comparaisons qui, sous la main des maîtres, a parfois abouti à des résultats décisifs, paraît avoir développé le goût de la minutie et de la subtilité pour elles-mêmes, et de nombreux mémoires semblent n'avoir d'autre objet que d'exposer des séries de recherches aussi patientes que stériles. Il arrive trop souvent enfin aux érudits allemands de paraître oublier que la diplomatique n'est après tout que la servante de l'histoire et de la traiter comme une science indépendante ayant son objet propre, et non comme l'un des moyens qui doivent concourir au but de toule critique historique, la recherche et la représentation de la vérité tout entière*.

Chez nous, au contraire, où la division du travail n'existe pas au même degré qu'en Allemagne, la diplomatique est restée plus intimement liée et subordonnée à l'ensemble des recherches historiques. Ce n'est que récemment que l'on a commencé en France l'étude méthodique et systématique de l'ensemble des sources diplomatiques, et les éditeurs eux-mêmes se soustraient encore trop souvent à l'obligation de soumettre à la critique les documents qu'ils publient. Fréquemment, il est vrai, nos historiens s'improvisent diplomatistes pour examiner les textes dont ils veulent se servir, et leurs études dans ce sens, servies d'ordinaire par une connaissance approfondie de l'histoire, sont d'une réelle valeur critique; mais il leur arrive aussi, faute d'infoimation suffisante et de connaissances techniques, d'appuyer inconsciemment leurs opinions sur des documents suspects, faux ou altérés, aussi bien que sur des textes authentiques.

A l'inverse de ce qui se passe en Allemagne, ce qui nous a le plus fait défaut jusqu'ici, c'est la discipline et la coordination des efforts.

1. ùoê Ziel ÎMi die VergegenwÔrtigung der voUen Wahrheil. (Ranke.)

HlSTOIllK DK LA DIPLOMATIOUK. [Liv. i. Ch. ij

eigncnicnt de l'Ëcole des Chartes a sans doute conservé les anciennes lions de l'iTudition Française et donni^ à ses élèves, avec une solide M-ation scientirique. une précieuse unité de méthode; mais pendaiil longtemps son influence ne s'est pas propagée au delà d'un cercle resti-einl d'érudîts. C'est la cause de l'inégalité qui est encore un caractérislique des travaux d'érudition publiés en France, A cûté vres excellentes, on rencontre trop souvent des publications dont uteui*» témoignent d'une ignorance manifeste non seulement des tats acquis, mais aussi des méthodes scientifiques et des principes ES de la critique. A n'envisager que les travaux qui comptent dans lence, on doit reconnaître que te domaine des études diplomatiques as été négligé. Sans parler des publications de documents qui ne nt de se multiplier, la critique s'est exercée sur presque toutes les jhes de la science, le travail provisoire de classification et d'examen documents, entrepris par les érudits des deux derniers siècles, a épris, contrùlé, reclilié de toutes parts; presque toutes les quesont été abordées et nombre de problèmes résolus. Moins systémaet moins technique aussi que l'érudition allemande, la critique aise s'est montrée en général dans ces études aussi ingénieuse el être plus souple, plus féconde en ressoui'ces et plus consciente àa lut ; souvent enfin elle a déployé des qualités d'ordre, de clarté et ;ance qui la rendent plus accessible.

oi qu'il en soit, eu France, en Allemagne, en Italie, les recherches le domaine des études diplomatiques sont devenues extréinemenl ;s depuis un demi-siécle. Elles ont développé les méthodes, donné de sûreté aux pi'océdés d'investigation, rectifié nombre d'erreurs, Li certains problèmes, posé et discuté la plupart des questions. Mai» ces travaux sont dispersés dans des publications spéciales et il est lu assez malaisé de se rendre compte des résultats acquis, aussi 1 commencé à sentir le besoin de les coordonner. V.n Italie, M. Ces, a publié dans ce but, en 1885, le « programme v de son cours de graphie et de diplomatique à l'Institut des Études supérieures de nce. Ce résumé fort clair a eu l'honneur d'une tniduction allele, et l'auteur, qui a déjà réédité séparément la partie de ce proine relative à la paléographie, annonce une prochaine édition plu^ oppée du prugi-ainnie de diplomatique*. H. Michèle Itussi a publu' lurt manuel de paléographie et de diplomatique, spécial aux docui napolitains**. En Belgique, M. le chanoine REiscns vient de fau'e

, PBOli. Programmadi paleografia ialina t di diplomalica, Clorence. 1885. io-»- Givndriia der laleiniiclien Palâographie uad der Vrkimdealehre, traduit de ilieii par Korl Lohueïïh, professeur & Koiiigsbcrp, Iniisbiiick, 1885. '!'■*'■ "" I. Paoli. Programma scolatfîco di paleografia e di diplomalica. I. Paltograf» tua, KIorence, 1888, ir-8. La partie toncernanl la diplomalique I est aniio"««

cl], Rnili, Paleografia e diplomalica de documeuli dclle pronaeie ^apaltle, «apJes, 1885, m-12.

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paraître un court manuel élémentaire de paléographie et de diplomatique, malheureusement très arriéré*. En Allemagne enfin, sans s'arrêter à deux courtes publications du D"" Friedrich Leist**, ouvrages trop peu au courant de la science pour avoir une grande utilité, il faut citer avec éloge le Manuel de diplomatique allemande et italienne de M. H. Bresslau, dont le premier volume a paru en 1889***, et qui est une œuvre d une haute valeur scientifique.

* Rensena, ÉlémenU de paléographie el de diplomatique^ Louvain, 1891, plaquette de 118 pages autographiées.

*• Fr. Leist, Urkuiidenlehre. Katechismus der Diplomatik, Palâographie, Chronologie und Sphragiêiik^ Leipzig, 1882, in-l*i. — Die Urkunde^ ihre Behandlung und Bjarbeiiung fur Edition und Interprétation^ Stuttgart, 1884, in-8.

*** H. Bresslau, Handbuch der Urkundenlehre fur Deutschland und Italien^ t. I, Leipzig, 1889, in-8.

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