‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 300 sur 554 · L'ÉCRITURE DIPLOMATIQUE · texte numérisé non relu

L'ÉCRITURE DIPLOMATIQUE

parties subsistèrent jusqu'à la fin de Tancien régime ^ 11 eu fut de même à Tournai, où j*ai vu moi-même, aux archives municipales, des actes de ce genre dressés en 1795, Tannée même de la réunion à la France.

L'écriture des documents diplomatiques a naturellement subi les mêmes transformations générales que celle des manuscrits propi'emcnt dits. Toutefois, dans la plupart des documents, elle s'en distingue par ceilaines particularités, dont la plus caractéristique est l'allongement des hastes et des queues des lettres. Gomme elle est spéciale aux diplômes et aux chartes, elle a reçu le nom d'écriture diplomatique. Cette distinction cpie faisait au xni<^ siècle, à Zurich, Conrad de Mure ', est vraie pour tous les temps et tous les pays. Les scribes cependant n'étaient pas tous formes, ainsi qu'il l'observe, à employer cette écriture spéciale, et nombre de chartes sont l'œuvre d'écrivains qui avaient probablement l'habitude de copier surtout des livres; mais le contraire n'est pas vrai, et, sauf de très rares exceptions, on ne trouve pas de manuscrits en écriture diplomatique.

Habituellement la première ligne des diplômes et des chartes, ou parfois une partie de la première ligne, est en caractères particuliers, différents de ceux du reste de la teneur. On y a employé communément, depuis l'époque mérovingienne, une écriture allongée, à jambages grêles, souven fort serrée et conséquemment difficile à lire. Tout en se modifiant avec le temps, l'écriture allongée est restée en usage, dans certaines chancelleries, jusqu'au xni« siècle. Mais, au xi" et au xn% on se servit aussi de capitale, d'onciale ou de caractères de fantaisie, parfois enchevêtrés ou enlacés les uns dans les autres. Plus tard, depuis le xiu<' siècle, on employa simplement des caractères plus gros que ceux de la teneur, et souvent aussi, même dans des actes écrits en cursive, de gros caractères gothiques plus ou moins élégants. Ajoutons que cette règle n'est pas absolue : dans un grand nombre de cbartes, l'écriture de la première ligne est la même que celle du reste de l'acte.

On trouve encore parfois des écritures différentes de celles de la teneur au bas de l'acte, dans certaines souscriptions et dans la date, qui était quelquefois d'une autre main que la teneur. Lorsque les souscriptions sont autographes, elles présentent naturellement toutes les variétés possibles d'écritures.

Les écritures cursives et minuscules ont seules été employées depuis

'^ r •'té ' --,

1. Dramard, Charte-partie passée devant les échevins du pays de VAUoeu (2 janvier 1664), dans Bulletin du comité des travaux historiques^ sect. d'hist. (1884), p. 290.

2. < Alia enim manus requiritur in quaternis scribendis et alia in cpistolis; plurcs « enim scriptores, qui bonam et competcntem formant iiteram in quaternis, nullomodo « vel vix sciunt habilitare manum ad epislolas scribendas. » La suite du passage montre que, sous le nom générique d'epistola, il comprend les citationes, recessus, literae communes^ sententiae^ indulgentiae, privilégia^ confirmationest etc. [Summa de artc prosandi, dans RocKiMiKit, Briefsleller, p. 439.)

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l'antiquité pour les documents diplomatiques '. La capitale et l'onciale uv s'y rencontrent pas. sauf touterois, comme on l'a vu plus haut, dans U première ligne, dans les souscriptions, dans les devises des chartesrois aussi dans certains noms propres de la teneur que l'on ; particulièrement en relief.

cursive romaine de ctiancelleric, dont quelques Tragmenb périaux nous ont conservé des spécimens*, a donné naiercs écritures diplomatiques qui se sont diversement déve- BDce, en Italie et en Espagne, et qui ont été peu â peu rcm- ;oute la chrétienté, entre le ix'et le m' siècle, par la rainusqui procède de la réforme calligraphique accomplie en harlemagne, particulièrement dans l'école de Tours, maslî'res des Iles Britanniques, en Irlande d'abord, puis en est formée et développée une écriture particulière {scripqui, h la différence des écritures du continent, ne dérive me cursive romaine. Répandue dans toute la chrétienté par rcs irlandais et anglo-saxons, elle ne fut pas sans influence e calligraphique du ix' siècle. Sous ses formes onciale el puis surtout sous la forme cursive, elle (ut employée dans niques i écrire les actes jusqu'à l'époque de la conquête Ile entra alors en concurrence avec la minuscule roman^ es vainqueurs, el fut bientôt complètement supplantée par itefois pour les actes en langue nationale, pour lesquels on nployer Jusqu'au cours du xu' siècle.

>n peut suivre les transformations de l'ancienne cursive nents sur papyrus de Itavenne, de Naples et d'ArezïoS et, es postérieurs, dans les chartes des grandes abbayes du

(ceptioQ que pour certaines chaiies siitilo-saioQnes écrites en capi- Ics. Voy. Faesimilei of atKient charUri in tke Brititk Kuteum.

Chartcê el mu. lair papjiTUM, STascpt.XIVi N. de Wauli, Mémnirt Il de papyruK; JiFrt. lleber die Fragmente ;uwicr tateinitehen Kt'- 13 lakrbuck deê gemeiaen deulichen Hechli, t. VI (1863), p. H^'' y, S' sËrie, |)1. XXXIV; Lbehus, Fapgri graecimut.attt.p. Lugd. 'Bai.. Il y a d'autres variétés d'ûcriture de la ijliancellerie romaine mais qt(

connues Taule de Tac- si miles. Vov. Drusliu, Bahdbuchder Vr/nniii'i'-

H-ciniens dans Ftic-iimilet of national ntH. of Irelaud; Fao^il^■ 'f tx Ihe Uriliih muséum ; Palaeographical Soeietg, eU. liiiaircmcnt i ce propos le témoignage d'Inguir de Crowland, qui Tu' jillaume le Coiii|Uérant : ■ ... modus etiam scribeiidi anglicus omîfcr s gollicus in cliarlis et in libris omnibus admiUeretun. Mais l'flw'^^w \landentit. d'oi'i est eilrait ce passage {Kenim anglieamm tcript- if'-' J I), esl, comme on sait, une falsiQcation du >i»' siècle, ce qui en dimi- ' . la valeur. Il faut dire toutefois que celle assertion se trouve confin"^

apiri diptomatict; HtisHtmi. Die gothitchea Uikunden in Keapel nita Uetofanciciit ckaHi-ri ia Ihe Briliih Miueum, t. IV; loaiu, -(n*>- I. |.V; Palaeogi: Society. '•■ séné, pi. 55-37.

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