‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 301 sur 554 · J LES ÉCRITUUES DITES NATIONALES · texte numérisé non relu

J LES ÉCRITUUES DITES NATIONALES

sud de l'Italie*. Cette écriture s'est en efTet perpétuée dans la péninsule,! non sans se modifier peu à peu, mais sans que la tradition en ait de long-j temps été interrompue. Par suite de la rareté et de la cherté du papyrus et plus lard du parchemin, les caractères en sont devenus plus sen*és et plus menus, en même temps que certaines lettres ont pris des formes particulières caractéristiques. Dans le nord, l'influence française fit prévaloir dés le vui* siècle la cursive mérovingienne ; et la cursive particulière à l'Italie fut refoulée dans les provinces méridionales demeurées soumises à la domination lombarde. De là le nom d'ecrî/t/re lombarde qui lui a été donné par les érudits. Elle y résista longtemps à la minus* cule romane, jusqu'à l'époque où Frédéric H la prohiba dans la pratique des notaires, où elle était devenue un grimoire à peu près indéchiffrable*. Cette lombarde dégénérée, employée par les notaires du sud de l'Italie, variait de principauté à principauté, aussi la trouve-t-on nommée, suivant la provenance, lUlera beneventanay napolitanUf amalfitanaj salemitana^ capuana^ etc., on lui donne le nom générique d'écriture curiale^.

L'écriture employée dans les bulles apostoliques est une dérivation particulière de l'écriture lombarde, qui s'est développée à la chancellerie pontificale sous diverses influences *. Elle subit, à partir du xi* siècle, celle de la minuscule romane, et bientôt certains scribes de la cour romaine usèrent de préférence de cette dernière. Cependant, on retrouve certaines formes caractéristiques de l'écriture lombarde jusque dans les lettres du pape Pascal II (!* 1118).

En Espagne, la cursive romaine est devenue, par une série de transformations, dont les manuscrits des vu" et vui<^ siècles nous ont conservé des exemples, l'écriture à laquelle les savants ont mal à propos attribué le noni de visigothique. On la trouve employée dans les chartes sous la forme cursive, depuis le milieu du ix» siècle, — l'original le plus ancien que l'Espagne ait conservé date de 857 de l'ère chrétienne ^. Il s'y ajoute, au siècle suivant, une écriture ronde et posée, toujours exceptionnelle dans les chartes, et une cursive allongée qui fut surtout employée pour la première ligne et les souscriptions. La cursive diplomatique visigothique devint peu à peu moins lisible qu'elle ne l'était d'abord; elle se sur-

i. Voyez notamment les planches de fac-similés jointes zu Codex diplotnatictu Cavensis, Naples, t. I (1873) à t. VU (1888), documents de 702 à 1056; et M. Aussi Paleogr. e diplom. de' doc. délie prov. Napolitane.

2. < Dccernimus instrumenta publica et quasiibet cautiones per litteraturam comc munem et legibilem perstatutos a nobis notarios scribi debere, scribendi modo, qui « in civitate Neapolis, ducatu Amaifie ac Surrenti [atque per corum pertinontias] 4 hactenus serratur, omnino sublato. » (Constitutions de Sicile promulguées en 1251, renouvelant une constitution de Capoue du 15 déc. 1220. IlDiLLARD-BnéifOLLEs, Hist. diplom. Freder. II, t. H, p. 91 n., et t. IV, p. 56.)

Page 1