‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 310 sur 554 · La Suscription · texte numérisé non relu

La Suscription

La suscription est renonciation de la personne au nom de laquelle l'acte est rédigé ; elle est désignée par son nom au nominatif, ordinairement suivi de ses titres et qualités, et parfois .précédé, surtout du x^ au XII' siècle, du pronom personnel, nos ou ego.

Les diplomatistes allemands ont généralement adopté le mot intitulatio pour désigner cette partie de l'acte ; le Liber diumus l'appelait supertcriptio ; la plupart des diclatores du moyen âge la comprenaient dans la salulatio.

La personne dont le nom figure dans la suscription d'un document est le plus souvent l'acteur principal, l'auteur même de l'acte ; mais c'est fréquemment aussi celle qui a dressé l'acte. C'est le cas, par exemple, pour la plupart des contrats reçus par les juridictions royales ou ecclésiastiques. Les uns sont intitulés au nom des gardes-scel des juridictions royales, les autres au nom des officiaux. Certains documents, rédigés en Italie par des notaires impériaux, particulièrement aux ix® et x*" siècles, paraissent intitulés au nom de l'empereur, mais cette suscription est plutôt en réalité une date, et l'on retrouve plus loin la véritable suscription ^

i. En voici un exemple que j'emprunte à une vente faite à Pavie, en 1M>7, par un juge impérîal du nom de Gaidulfe: « In nomine... Hotlo, gracia Dci imperator, et item < Hotto, filio ejuSf rex, ^nno imi)erii et regiii eorum, Dec propicio, in Italia VI., XV, « die mensis julii, indictione X. Gonstad nos Gaidulfus judex domini imperatoris... 0 (Fac-sim. lithogr de l'Éc. des cb., n" 491; Bruel, Chartes de Cluity, t. II, p. 309.)

534 PROTOCOLE INITIAL- [Uy. iv, Ch. iv

La forme des suscriptions a presque toujours été fixée avec beaucoup de rigueur dans les protocoles des chancelleries : toutes les expressions et l'ordre môme des termes y étaient ordinairement réglés avec un soin minutieux. On a étudié plus haut la manière dont sont exprimés dans lés suscriptions les titres et les qualités*, et il n'y a pas lieu d'y revenir ici.

La suscription ne suit pas toujours immédiatement Tinvocation ; sans parler des actes qui commencent par la date, elle est parfois précédée de l'adresse, souvent du préambule et fréquenunent aussi de la formule de notification. Dans les notices, il n'y a pas à proprement parier de suscription, ou du moins la personne dont le nom y figure n'est point généralement celle qui parle dans le document. Enfin certains actes peuvent être dépourvus de suscription ; par exemple certaines conventions, comme les échanges, qui débutent souvent par une formule analogue à celle-ci : Placuit atque convertit inter N et N quçd, ...

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