LE PREAMBULE
Les historiens du droit les ont souvent invoqués comme preuves de la persistance, tantôt de la loi romaine et tantôt de lois barbares. Sans contester qu'il y ait là matière à observations intéressantes, on doit cependant remarquer d'une part que beaucoup de ces préambules se recopient les uns les autres et remontent à de très anciennes formules S et, d'autre part, que la manière dont ils sont souvent libellés laisse douter que les rédacteurs des chartes aient toujours eu l'intelligence de ce qu'ils écrivaient*.
Quelle que soit la banalité ordinaire des préambules religieux, ils n'en sont pas moins intéressants pour l'histoire générale des idées. En particulier, les amplifications et les variations ingénieuses des diclatoreSy sur ce thème unique qu'il faut faire des libéralités aux églises pour s'assurer des récompenses dans une autre vie, rendent compte en partie du courant
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< habeat donandi Vd cedendi. » [Hist. de Languedoc, éd. Privât, t. V, col. 102, n* 78, ii. Cf. le même préambule avec quelques variantes à une Donatio propler nuplias de 1037, Ibid., col. 428, n*" 211.) — 042. Donation à TaLb. de St-Pons : < Sancitum c est longo maximoque tcmpore Constantini impcraloris ut si quilibet de re sua pro « peccatis commutare vel donare voluerit quod in alieno jure constitutum est, ut sua â libeat potesUte. d {Ihid.y col. 190, n« 77.) — 940. Donation à l'abb. de Montolieu: « Pirmissimis scripturarum hominum edocemur instructionibus ut quisquis de rébus a propriis agere, facere vel donare, aut vendere voluerit, liberam omnimodis obtineat « potestatcm; illud inviolabilitcr permanente, quod legU Romanae primum capitulum
< apud librum III, saluberrime intonat : Cum inler ementem atque .vendentem sive fl donantem fuit definita ratio haec, tantummodo requirendum, $i nihil fraudis vel « violentiae egit ille, qui comparasse aut donasse vel qui vetuiidisse probatur ; et si « voluerit revocare qui vendidit vel donavit nullaletius permittatur. y> (Cf. Cod. Theod.^ 1. 5. Leg. I. Interpret.) « Similiter quod legis salicae insinuât inslitutum : « Venditio,
< emplio, vel donatio, quae pcr vint et metum non fuit exorla, in omnibus habeat € firmilatem. » {Ibid., col. 207, n*» 89.) Cf. le même préambule, moins la prétendue citation de la loi salique, à une donation de 1030 à la même abb. {Ibid., col. 385, n* 189), et la même cit. de la loi romaine dans une cbarte du x* siècle du Cartul. de St'Jean d'Angely (Bibl. nat., ms. lat. 5451, fol. 110). — 969. Donation & St-Hilaire de Poitiers : a More antiquorum patrum cunctonimque civium lege romana dccretum ff est in orbe terrarum ut unusquisque homo faciat de sua propria hereditate sive
< alodo quicquid voluerit jure ecclesiastico, nemine contradicente. » (Redbt, Doc. pour l'hist. de St'Hilairey dans Mém, de la Soc. des aniiq. de VOuest (1847), p. 42.) — 070. Échange entre le comte de Carcassonne et Sanche Date : « Lex prestat et mos <t anticus servatur ut unusquisque homo liccnciam habeat facere de suis propriis faculi tatibus, quod sibi rectum justumque esse videlur. » [Hist. de Languedoc, t. Y, col. 266, n« 120.) — S. d. xi* s. Vente en Languedoc: < Constitutum est in lege « roraanam ut qui rem suam in qualicumque potestate trasfundere voluerit per « paginem testamenti, in funda qua prolixius secura et quieta permaneat. » (Fac.-sim. lithogr. de TÉc. des Ch., n*> 399.) — 1070. Donation au comte de Barcelone : c Lex c Gothorum praecipit in libre V. ejusdem legis, titulo II., capitulo YI, ut res donatae ( si in praesenti traditae sint nutlo modo repetantur a donatore. » [Hist. de Languedoc, t. Y, col. 570, n* 1205. Cf. Cod Théod., loc. cit. La citation est très exacte.)