‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 35 sur 554 · Voyci plus iDiQ le paragr. rclalif i l'érc d'Espagne · texte numérisé non relu

Voyci plus iDiQ le paragr. rclalif i l'érc d'Espagne

3. ( XV. kl. dec., anno ab incaiiiatioiie Doiniiii mille I.X.. a Paaioae mîllct simo XKVIII., régnante papa romano ^icllolai, rcgnanlc PIrilippo rege franconim. ■ [Carlul. de fabb. de Caaqiiet en Houergue. publ. par U. Desiireii», l>«ria, 1S79, iu-H. n* 15.) ~ Cf. une nuire dale analogue, Ibid., n- M (10(iî).

S. Voiei, par. ei-, la date d'une cliaric de Tliibaul, eonile de Champagne, pour l'église de Chartres -. t Uala V. id. jan., ind. VI.. aimo a Panione Domini M.LXXX.III.. repii f autein Pliilippi XXIII. t. C'est bien l'année dcl'i^ chrélicnnc 10S3 qui correspond i l« S" indiction et à la !3' année de I^iilippe 1- (Cil. par De Ciice, Glmar. lai., au

4. Dale d'une donation à Saint-Vicinr de Hai-seille : i Anno Irabealioait Domimrr $ XLlll. post millesiinum, indicionc X., ei'a millesinia LXXXI.... » {Carlul. de fabb. de Saint-ficlor, i. I, p. 5SS.) II Taut admettre une erreur d'une unité dans rindiclion, mais c'est l'an de l'incamation tOt3 qui corresponde lOI^I de l'ère d'Espagne. — Autre date d'une donation k la mOme abb. : ■ Anno Irabearioait dominice Xl..~ VI. posi ( millesiinum, indictione XV.... > [Fac.-sim. litlio^. de l'École des Cbartes, n* ÛS.) C'est bien à l'année lOtO que correspond la 15* indiciion.

5. Elle est encore conDrwêc par le passade sulvanl d'un sennou de saint Fulgence

î \] ÈRE DESPAGNK. 91

On Toit, en somme, quelles que soient les expressions diverses employées dans les documents pour désigner les années de 1 ère chrétienne, que Ton a été très généralement d'accord depuis Torigine pour les compter à dater de la naissance du Christ d*aprés les calculs de Denys le Petit; mais où Taccord ne s est pas fait, c'est sur le terme initial de l'année.

De Vère d'Espagne*,

Longtemps après que toute TEurope chrétienne eut adopté l'ère de J.-C.,on continua à se servir dans la péninsule espagnole d'un mode particulier de supputation des années, Yère d'Espagne, Cette ère a son point de départ au 1** janvier de l'an de Rome 716, en 38 avant J.-C, et par conséquent l'an !•' de l'ère chrétienne coïncide avec l'an 39 de l'ère d'Espagne, d'où il suit que pour ramener à notre style une date d'année calculée d*après ce comput, il suflit de retrancher 38 du chiffre qui exprime les années de l'ère*.

On n'a pu encore discerner avec certitude ni l'événement qui a dû déterminer le point de départ de l'ère d'Espagne, ni l'époque où elle a commencé à être employée*. Il paraît vraisemblable que c'est là une de ces ères provinciales, comme il en existait beaucoup dans le monde romain, et dont le point de départ était souvent la date de la réduction du pays en province romaine'. L'an de Rome 716 peut, en efTet, marquer la date de l'achèvement de la conquête de l'Espagne. On lui a aussi, fort

* Harquis de Mondejar (D. Gaspar Ibailcz de Segovia), Obro» chronolagicast publ. par rAcadëmie valencienne. Valence, 1744, in-fol. : Discursos I, Origen de la Era etpanota i #M difereticia eon los anos de Chrislo; Disc. II et III De la Era espaûola^ etc. (Cet important ouvrage devait être cité ici, mais il faut observer qu'on doit se déCer de la plupart des conclusions de l'auteur.) — D. BaltaaarPeon, La Era de Eêpana. Apunte» de cronologia espaiioia, Madrid, 18B4, in-<8. — J. Heller, Ueber den Vrtprung der togenannten spanischen Aéra, dans Sybel's Hitlorische Zeitichrip, t. XXXI (1874). pp. 13-32.

pour la Saint-Étienne (26 décembre) : « Heri rex noster trabca carnis est indutus 9 (1lic?(K, Pairoi. iaL, t. LIV, col. 729). On retrouve la même expression dans des gloses bOMiques citées par Du Gange au mot Trabea : et ... trabeatus, trabea indutus, undc « legitur quod Dominus noster fuit indutus trabea carnis ».

1. C*est i peu prés ainsi que s'exprîraait à la fin du vu* siècle Julien ob Tolède : c Era inventa est ante triginta et octo aniios quam Ghristus nasceretur. Nunc autem t acclamatur eram esse 724 : detractis igitur 38 annis, ex quo era inventa est usque ad ff nativitatem Cbristi, residui sunt 686 anni. » [De comprob. aetat. sextae^ lib. III, dans lli65E, Patrol, iai., t. XCYl, col. 584.)

2. 11 est impossible de résumer ici les discussions auxquelles ces questions ont donné lieu, ni même de citer toutes les dissertations où elles ont été agitées. Les uns rapprochent du mot ère celui d'hégire et y voient une origine arabe ; d'autres, le gothique jera (ail. /aAr), et y voient une importation des VYisigoths ; d'autres prétendent que, cré<*c sous la domination romaine, elle ne cessa d'être employée depuis cette époque ; d'autres enfin qu'elle ne fut inventée qu'au v* siècle, lors des invasions barbares, et comme une protestation contre ces invasions. On trouvera des échantillons de ces discussions dans les ouvrages cités plus haut et surtout dans le premier.

3. Voyez Bocch^-Lecleiicq, Manuel de» iiuiitutiont romaineê, p. 210 et suiv.

92 DATES D'AN.NliES. (Liv. ii, Chap. i

iii^nieuseiuGnt cl non sans vrnisomlilance, attribué une origine purement ecclésiastique, en la rattachant aux tables de PAques qui avaient cours au v^ siècle. Elle aurait eu pour point de départ, dans cette hjpothËse, le commencement d'un cycle pascal'. On ne trouve pas trace, en cfTel, de l'emploi de ce mode de compter les années avant la seconde moitié du v siècle. Idace, qui écrivit vers 46S, est le premier chroniqueur qui s'en sene, et c'est vers la même époque qu'on en trouve les premiers exemples dans les inscriptions*. Isidore de Séville (fi56), le plus ancien auteur qui en parle, en attribue l'institution i « César Auguste' 1).

L'ère d'Espagne fut d'un emploi général au delà des Pyrénées depuis le vi° siècle jusqu'à l'invasion des Arabes, et, pendant la dominatioii musulmane, elle fui employée à peu près exclusivement dans les Étals chrétiens : Asluries, Galice, Léon, Portugal, Castille, Aragon et Navarre. L'usage s'en répandit même nu dehors de la péninsule dans les provinces de Narbonne et d'Arles'.

L'expression qui annonce dans les chartes la date de l'ère d'Espagne est toujours : era ou »ub era. Le point de départ en fut invariablement fixé au 1" janvier'. Assez souvent, particulièrement au x° et au sr siècle, le chiffre de l'ère est exprimé par des adjectifs et adverbes dislributtfs, par exemple : era quinquiei dena cum decies centena et tenu, c'est-à-dire: {5 xiO) -h (iOxiOO)-^- 6 ^i056;~di»currenU era bUdena et lercia cum deciet dena atque itecnon cum decies centena, c'est-à-dire :

{2xl0)-i-3-(-(10xlO)-f(iOxi00)=ll23.

Souvent aussi, la date de l'ère est en chilTres romains qui, spécialement dans les chartes en écriture wisigothique, présentent parfois des particularités utiles à connaître'. C'est ainsi que 1 surmonté d'un trait.!, ou de la

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