‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 356 sur 554 · I. Souscriptions à la première po'sonne · texte numérisé non relu

I. Souscriptions à la première po'sonne

L*usage des souscriptions autographes a persisté, particulièrement chez les ecclésiastiques, jusqu*au début du xii^ siècle. Les décrets des conciles

ITT

1. D'où le nom de main ferme {manus firma) donné à certains actes (voy. plus loin, Liv. VI. ch. m).

2. On trouve cependant encore des ruches comme signa de témoins jusqu'au milieu du IX* siècle. Je citerai comme exemple une donation du 24 juin 840 à Saint-Victor de Marseille (Orig. Arch. dép. des Bouches-du-Rhône, fonds de Saint- Victor; publ. CartuL de St-Victor^ éd. Guérard, t. I, p. 39). Les dernières ruches de ce genre que je connaisse se trouvent dans un décret du concile de Soissons, de 866, pour l'abbaye de Solignac (Orig. Arch. de la Haute-Vienne, fonds de Solignac, n* provisoire 8075).

5. C'est le cas par exemple des souscriptions des documents suivants : 815, 5 juin, Testament d'un seigneur de Septimanie (Orig. Arch. du Gard, H 113; publ. HUt. de Languedoc^ éd. Privât, t. Il, Pr. col. 83) ; les souscriptions des clercs sont autographes et à U i" personne, celles des laïques de la main du scribe et sous la forme Signum N. ; — 814-840, Précaire de l'abb. de Psalmody en faveur de la veuve du précédent [Ibid,, H. 112; publ. GalL christ., t. VI, instr. col. 167); — 814, Charte de Vérone {Archivio paleograf. t. III, fasc. i, n» 6) ; — 857, Charte de Roncone en Milanais [Ibid,, n« 4) ; — 846, avril. Charte de Joseph, archevêque de Tours (Orig. Coll. Tarbé à Reims)

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des IX' et i' siècles, dont lus originaux se sont conservés, certaines chartes épiscopales solennelles et même cerlains actes publics iinporlanU, émanés de lautorilé laïque, nous olTrent, dans les souscriptions dfs dignitaires ecclésiastiques, les spécimens tes plus variés d'écriture, qui font de ces documents de véritables musées paléographiques'. Ces souscriptions débutent ordinairement par une croix ou par un chrisme; elles sont plus ou moins développées et se teimineiit presque toujours par le mol subêcvipsi', souvent exprimé, jusqu'au cours du xi' siècle, par le caractère tironien ^, souvent aussi écrit en abrégé, indiqué par la première leltre ou la première syllabe, et se terminant par des paraphes ou des entrelacs plus ou moins compliqués qui constituent le seing manuel. Depuis le milieu du ii* siècle, mais surtout au x" et au xt', il n'est pas très rare que des clercs se soient complu A singulariser leurs souscriptions et à faire étalage de leur science, en employant des mots grecs écrits en caractères lalins, el plus souvent des caraclèrcs grecs, pour libeller leur souscription en un mélange bizarre de grec et de latin*, ou bien en

— 071.révricr. Charte de SigeOtii, évi'quc du Jlons (Arc. de fac.-tim. à lut. de Fit. (ttt CharUt,n' 270); — 091.7 si>pl. Cliirte d'Archsmbauil, ircbetéque de Tours [Orif;. CoU- Boulsy de la ïeurthe. Voy. plus bîn. p. G14, n. 4).

1. Eiemples ; SS4. Chai'Ie d'Agius. évéque d'Orléans [Mu», dtt arch. départ., n* (i, pi. V); — SB*. CoDSiilulion du concile de Mtrcs (/iù/., n'Q.pl. VII}; — SOS. Décret du concile de Soissons [cilé p. îi95, n. 2) ; — T. 610. Cliarte d'Ailalard, éviîque d'Auvei^ne (Orig. Arch. du Puy-de-Mme, arm. 18, sac A, cote 2); — 950, nov. Cliarte de Burchard, archevêque de Lyon [Mut. det arch. dfp.. n" 13, pi. XI] ; — V. B78. Échange cnU^ les abbtijes de Savignjr cl de l'île Oarbe (Orig. Arch. du lUiûne. fonds de Savigny); les Eouscriplions y sont beaucoup plus nombreuses que dans le texte du csriul. publ. par A. Bersakd [Cortul. de Savigny, n* 174), et de plus elles sont â la première personne, tandis que le rédacteur du curlulaire les ù irsnsTonnées en souscripUoiis impersonnelles; — 1100. Charte de Gérard, évéque d'Angoulime {Miti. dei arch. d^., n*30, pi. XXI), souscription autogr. de l'évéque et de cinq aulres dignitaires; — 1113. Fondation par Louis VI de Sainl-Viclor de Paris (jlfbum paJA>;i'., pi. 38, 20).

3. On rencontre parfoisiprEartii/iiiiOUjîrinavt; dans les chartes espagnoles, c'est généralement le mol coufirmo, abn'-gé d'une façon particulière et caraclérislique : 9f.

3. En 804 l'évéque d'Auierre libelle ainsi sa souscription au décret du concile ite Pitres cité plus haut (n. 1) : i (^u'istianus episcopus egrapti. • — En 859 le scribe dune charte de Touraine souscrit en ces termes : AANVHA AHUYSA CKPrUd'â (SiLicn, notice hitl. tur Fabb. de Sl-Loup prit de Tour; dans Bibl. de l'Éc. det Charlei, 2- série, 1. I [1844-1815), p. 4*4); — la souscription de l'évéque de Clcrinonl AdaUrd est ainsi figurée dans une charte de 010 environ : )); A. A. P. i. C. : ne \t, c'est-à-dire: Adalardui epiicopai lubicripeil (Orig. Arch. du Puy-de-DAme. arm. 18, sac A, cote 3). — La souscription de Téatolon. arch. de Tours, consiste en sou nom en caractères grecs (eHûeû.VQ) suiii de son titre et du mot tubacripti en notes tironiennes (Chartes de juillet et de mars 050 et de février 943, Orig., Colt.Tarbé, t Reims ; Mut. det arch. dép., n* 13, pi. X ; lire, de fee-tim. à fut. de FÉc. det Charlrt. n' 371 ; cf. Silko:i, notice cit., p. 414). — En 057, parmi les chanoines qui souscrivent une charte de St-Hilairc de Poitiers. l'un d'eux écrit son nom nCAAÛMÛN (Rimt. Doc pour Ikitt. de St-Hitaire, dans MiHn. de U Soc. det anlig. de l'Oueit, t. Xlï (1847), p. 31]. — Deux chartes de Guillaume duc d'Aquitaine sont l'œuvre d'un scribe . du nom de Cosbert, qui souscrit en 999 : rOCBHPeOTC MrCPOMQNAKOYC KAY eMlTNÛC AHVreHC CKPtncre KAI £ {Kbl. nai., ms. lat. 17127,

§ 2] SOUSCRIPTIOÎJS (IX«-X1« SIÈCLES). 597

se servant, particulièrement en Touraine, de notes tironiennesS ou encore en donnant à leur souscription une disposition insolite '.

Les souscriptions ainsi conçues à la première personne ne sont pas toujours autographes. Depuis le x^ siècle on en rencontre au bas de certains documents des séries écrites de la même main et généralement de celle du scribe de Tacte. Dans ce cas il arrivait que ce qui constituait le signum — ou seulement parfois quelques traits de ce signum — était tracé de la main de la personne au nom de laquelle la souscription était apposée*.

Du IX" au XI" siècle les souscriptions sont souvent suivies du signe de ponctuation nommé periodus par les diclatoret, et indiqué comme celui qui doit terminer le discours* : c'est un point et virgule (;), et plus souvent deux points et une virgule fortement marqués (.;); on verra plus loin que ces signes de ponctuation ont pris au milieu du xi« siècle, dans les actes émanés de la chancellerie pontificale, des dimensions extraordinaires, et en sont devenus Tun des signes caractéristiques de validation.

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