Voy. plus loin. p. 735 — 5. Voy. plu» haut, p
6. En Italie te seing manuel des notaires était oi'dinairement constitua au moyen tff
g 3] SEINGS MANUELS DES NOTAIRES. 605
Dans toute la moitié méridionale de la France, pendant le cours entier du moyen âge, les notaires publics firent du seing manuel un signe do validation professionnel qu*ils apposèrent aux actes en même temps que leurs souscriptions, et les notaires d^Êglise, soi-disant institués par Tautorité du Saint-Siège et de TEmpire, observèrent la même pratique partout où ils furent admis à instrumenter*.
Ces $ig7ia de notaires, auxquels certains érudits ont appliqué abusivement la dénomination de signets et qu'il vaut mieux appeler seings manuels, furent d*abord assez simples et de petite dimension : par exemple quelques entrelacs dont le point de départ était souvent deux s«, abréviation du mot subscripsi, et plus souvent encore la croix, à laquelle, pour se distinguer les uns des autres, les notaires ajoutèrent bientôt des ornements et des appendices.
Depuis la fin du xm« et surtout au \\\^ et au xv« siècle, ces marques s'agrandirent, se développèrent et se transformèrent en figures et en combinaisons compliquées de fleurons, de rinceaux, de broderies, d'encadrements, bref de tous les motifs caractéristiques de Tart décoratif de cette époque. Fréquemment ces motifs furent disposés de manière à servir d'enveloppe ou de support à la croix ; d'autres fois ils figurèrent une sorte de monstrance supportée par un pied à degrés; souvent enfin il s'y ajouta des emblèmes ou attributs particuliers. Les clefs de saint Pierre, par exemple, entrèrent presque toujours dans la composition des seings manuels des notaires apostoliques, la fieur de lis figum dans ceux des notaires royaux, la croix pattée à douze perles dans ceux des notaires de Toulouse, des emblèmes héraldiques de toutes sortes dans nombre d'autres. Aux figures dérivées de la croix beaucoup de notaires substituèrent, dès le xni« siècle, des motifs de pure fantaisie ou des représentations de certains objets : édicules, châteaux, figures humaines, bras, mains, chefs d'animaux, écussons armoriés, figuration de sceaux, etc.
Nous reproduisons comme exemples le seing d'Etienne, prêtre et notaire
* E. Rotchacb, Signets authentiques des notaires de Toulouse du xiii* au \\v siècle, dans Revue archéol. du midi de la France, t. I, Toulouse, 1867, iu-4, p. li!2-16^2 (171 reprod. désigna]. — E. Fatsin, Recherches sur les anciens notaires d* Arles, dans Congrès archéol. de France, 43* session (1876) Tours, 1877, in-8, p. 711-760 (9 reprod. de signa]. — J.-M. Richard, Marques des notaires artésiens des xiv** et XV* siècles^ dans Bulletin de la Comm. des antiquités dép. du Pas-de-Calais, t. IV, Arras, 1875-1878, in-8, p. 42(M'2i (15 reprod. de signa). — Ed. Maignen, Les marques de notaires en Dauphiné, xni*-xiv* siècles, dans Bulletin de VAcad. delphinale. S" série, t. XIV (1878;, Grenoble, J 879, in-8, p. 46 (29 reprod. de signa): cf. une note de J. Qi'icherat dans Revue des Sf)c. savantes, 7* série, t. V ;1881). p. 153. — Ponssy, Fac-similés du signet authentique des anciens notaires du d''p. de Tarn-et-Garonne, dans Bulletin archéol. et hist. de la Soc. archéol. de Tarn-et- Garonne, t. XVIII (1890), p. 177-189 [89 reprod. de signa). — Voy. aussi l'ouvrage de V.-C. GviGUE cité plus haut p. 592.
par le premier mot de leur souscription : Ego, dont les lettres enlacées formaient en quelque sorte un paraphe ou signum personnel. On en peut voir de nombreux exemples d^n^ïArchiviopaleogr. ital., l. II, fasc. 2 et 3.
604 SOUSCRIPTIONS ET SIGNATURES. [Liv. iv, Cu. ^m
du diocèse d'Elue, apposé au bas d'une charte de 1116' (ilg. 4); celuide IWrenger de Ga!Ta, publicui tcriplor, qui termine une charte roussillonnaisede 1207' (fig. 5); celui de mairre Petronille, notaire puhlicde Vil-
lemagne (Hérault), qui flgureau bas d'un contrat de 1214* (Hg. 6); celui de Dieulelil (Dei /iliui}, notaire impérial, apposé à une donation faite en 1259 à la Grande-Chartreuse* (fig. 7) ; celui de Jean de la Cuisine, clerc et
notaireapostolique à Paria, d'après une charte de l'abbaye de Sainl-Viclor del290'(rig. 8); celui de Bernard Magre, notaire pubhc de Lautrec, apposé à une charte du vicomte de Lautrec de 1295' (fig. 9) ; celui de Gaillard
Gi'imal de Cardaillac, notaire royal dans la sénéchaussée de Périgord, à
un aveu de 1501' (Bg. 10); celui de Raimond Boursaut. notaire public
de révoque de Gap, apposé à une charte épiscopale de 1504' (%■ '')■
Des le XII' siècle les notaires se plurent à mettre assez souvent leurs