M.-C. GciGVE, ouvr. cit., pi. X
C06 SOUSCRIPTIONS ET SIGNATURES. [Liv. iv, Ch. ^iii
superposer exactement. Parfois, cependant, il semble bien qu'on ait dû se servir pour tracer ces figures de patrons découpés, probablement en parchemin; on sait que Tusage de ce procédé était familier aux peintres de cette époque. Les seuls iigna imprimés avec une griffe que j*aie jamais rencontrés sont du xvn^ ou du xviii* siècle, ce sont ceux de quelques notaires de l'Italie, où l'usage d'un seing de ce genre s'est consené jusqu'à la fin du xvin*' siècle.
Ces marques professionnelles sont désignées, dans les certificats dont les notaires font suivre les actes, par les expressions suivantes : $ignum meum^ — signum manus, — signum meum consuetunij — signum metim puhlicumy — signum meum regium, — signum quo ulor aucloritate tmperiaJiy — signum quo utor ut tabdlio^ et fréquemment annoncés par le mot signavi.
Le seing manuel se trouve d'ordinaire à la fin de l'acte, à côté ou à la suite de la souscription (completio) du notaire. Assez souvent, surtout dans les actes du midi de la France, il est disposé de manière à terminer complètement la dernière ligne de l'acte. Voici comme exemple la repro-
Fig. i6.
duction du seing de Guillaume Hezalha, notaire public de Casteljaloux (Lot-et-Garonne)» d'après un acte de 1511' (fig. 16). Tout en conservant toujours la même forme, ce seing manuel pouvait s'allonger ou se raccourcir suivant l'espace qu'il devait occuper.
Parfois, particulièrement dans le sud-est de la France, en Savoie, en Dauphiné, on trouve le seing manuel du notaire au début de l'acte, à l'endroit où dans les documents plus anciens figurait l'invocation monogrammatique*.
Lors de leur immatriculation, les' notaires devaient tracer le seing manuel qu'ils adoptaient sur un registre déposé à la cour du ressort où ils étaient admis à instrumenter. On a conservé plusieurs des registres de la chancellerie de Montbrison où les notaires du Forez déposaient ainsi leur signature'. Les archives communales de Toulouse possèdent neuf registres des matricules de notaires de 1266 à 1556 qui contiennent plus de onze mille de ces signa, précédés du nom du notaire, de la date de sa promotion et d'une formule telle que : « Signo meo authentico quo « in mcis actibus uti intendo signavi \ » En 1451, le duc de Bretagne
1. Recueil de fac-sim. à l'ut, de r École des Chartes ^ n* 211.
3. C'est le cas, par exemple, pour le seing de Dieulefil figuré plus haut fig. 7. — Yoy. aussi le seing de Pierre Dupuy, notaire impérial à Annecy, à une quittance de 1393 (Musée des Arch dép., n» 121, pi. XLVI).
5. Arch. dép. de la Loire. Une page de Tun de ces registres de la fin du xiti* siècle a été reproduite dans le Musée des Arch. dép., n* 102, pi. XL.