Voy. plus haut, p. 6t!i
g i] EXPLICATIONS ET DÉFINITlOiNS. 627
par se substituer coraplèteraeni, au cours du xn* siècle, à celui de sceller en placard.
Contre-sceau. — Ce mode de sceller permettait de revêtir le sceau de cire de deux empreintes, tout comme les bulles. L*empreinte du revers fut le contre-sceau. Dès lafm du xii^ siècle, beaucoup de sceaux pendants eurent un contre-sceau^ Il avait pour objet de donner au sceau une plus grande garantie d^authenticité, de rendre plus difflcile la contrefaçon et Tenlèvement du sceau dans un but de falsification. Le contre-sceau est parfois de la môme dimension que le sceau, mais généralement il est beaucoup plus petit.
Sous-scEAu. — On trouve parfois au-dessous d'un sceau et sur la même attache un autre sceau, généralement de dimension beaucoup moindre. C'est ce que Ton nomme le sous-sceau*. Cela se rencontre particulièrement en Normandie, au bas des actes émanés de juridictions laïques et ecclésiastiques. Ce second sceau est ordinairement le sceau personnel du magistrat au nom duquel la charte est intitulée, tandis que le premier est le sceau de la juridiction.
Mode de suspension des sceaux; attaches; lacs et cordelettes.' — Les plus anciennes attaches des sceaux paraissent avoir été de minces lanières de cuir, parfois tressées; mais on employa bientôt à cet usage des fils de chanvre, de soie, de lin, en nature, tressés, cordés ou tissés; c'est ce que Ton nomme, suivant les cas, les lacs ou les cordelettes (fig. 27).
Double queue. — On a également employé souvent comme attache une bande de parchemin traversant une incision pratiquée dans le repli ; c'est
Fig. 27. Fig. 28.
Sceaux pendant sur lacs. Sceaux pendant sur double queue.
là ce que Ton nomme la double queue. Un acte ainsi scellé est dit scellé sur double queue (fig. 28).
Simple queue. — D'autres fois, au lieu de faire un repli au bas de la pièce et de le percer pour y faire passer l'attache, on a voulu que celle-ci fit partie intégrante de l'acte. Pour cela, on fendait horizontalement le bas de la feuille de parchemin sur une certaine longueur de manière à en détacher sur la droite un lambeau, réuni à l'acte d'un côté et Holtant de l'autre. Cesi vers l'extrémité libre de cette bande de par-
1. H n'eût pas été impossible de revêtir d'un contre-sceau les sceaux plaqués, et de fait on en a cité quelques très rares exemples. Yoy. plus loin, p. 642.
2. 11 faut toutefois oberver que l'on rencontre parfois dans les textes du moyen âge le mot subaigtUitm avec la signilicatinn de contre-sceau.
628 LES SCEAUX. [Liv. i\, Cu. w
chemin, ainsi partiellement di'tachée, que l'on apposait le sceau. C'est ce que l'on nomme la simple queue (fig. 29).
Un inconvénient de cette manière de sceller était que le poids du sceau, lorsqu'il était lourd, ce qui arrivait souvent,
^ — riusf'-v*^*^^ '--l tendait à prolonger la fente et à arracher coni-
fâ
■T /^-'TTi. :■— 7 J^ plétemenl la queue de parchemin de la pièce à
"^^ ^^F* laquelle elle devait rester unie. On essaya quel-
Sceaîf pendant quefois d'y remédier en détachant la queue, non
sur simple queue. plus â l'extrémité, mais dans le champ même du
parchemin, en laissant à droite et au-dessous un hord assez large pour soutenir le Sceau. C'est surtout dans les juridictions bretonnes qu'on a employé ce procédé (lig. 50). Plus souvent, avant d'apposer le sceau, on faisait traversera la queue Jepai-chemin une incision pratiquée au droit de la partie adhérente de manière à la soulager (fîg. 51).
Ces diverses manières Fig- 3i.
de sceller en pendant ont coexisté, mais en général ^'^"^ dspposmon elles ont correspondu, ainsi que la nature et la cou- ^^^ simpbquèuc. leur des attaches, à des actes dilférenls. Les actes les plus solennels étaient sur lacs de soie : certaines couleurs étaient ta prérogative de la souveraineté; les actes moins importants étaient scellés sur double queue, et le scellement sur simple queue était réservé aux mandements, aux amplialions, aux écritures courantes.
Chartes a plu.iiguhs sceaux; phësûnce dd sceau. — Lorsqu'une charte scellée en pendant sur lacs ou sur double queue ne recevait qu'un seul sceau, celui-ci était presque toujours placé exactement au milieu du repli. Mais il n'était pas rare que des chartes dussent être scellées de plusieurs et parfois d'un nomhrc considérable de sceaux. On connaît des documents qui en ont reçu plus d'une centaine. Lorsque la place manquait sur le repli, ils étaient répartis sur les autres côtés du parchemin- Mats, quel que fût le nombre des sceaux appendus à une charte, ils étaient toujours rangés dans un ordre rigoureusement hiérarchique. Dans les chartes scellées sur lacs ou sur double queue la place d'honneur était tantôt û gauche et tantôt au milieu. Lorsqu'elle était à gauche, les sceaux se suivaient régulièrement dans l'ordre de préséance de gauche à droite. Lorsqu'elle était au milieu, le sceau du pei'sonnage le plus proche en dignité du premier prenait place à sa gauche, le -V dans l'ordre hiérai'chique se plaçait à la droite du premier, le i' à la gauche du 2', le 5' à la droite du 5', et ainsi de suite, comme l'indique le schéma suivant* :