Ibid., n«« 11 et
5. Chartes de 1088 ou environ, et de 1089, Douët d'Arcq, CoU, de sceaux, n« 6297 et 6298.
6. Charte de 1074 pour Maurimont avec traces de sceau pendant sans repli sur lacs de soie jaune à l'angle droit inférieur de la pièce (Orig. Bibl. de Reims, Coll. Tarbé).
7. Charte de 1067 (Dolét d'Arcq, Coll. de sceaux, n» 6381). — Charte de septembre 1 109, avec attache de sceau pendant sur double queue [Fac-sim. à /'««. de l'Éc. des Chartes, n* 42). Toutefois, mon confrère M. Prou me dit que tous les actes de Daimbert dont il a vu l'original ont le sceau plaqué. L'usage constant du sceau pendant ne commence qu'avec le successeur de Daimbert, Henri (1122-1143).
8. Charte du 18 juillet 1 109, avec traces de sceau pendant sur repli à une courroie [Mus. des Arch. dép., pi. XXI, n» 30).
9. DocÊT d'Arcq, Coll. de sceaux, n« 36; Reprod. dans A. Luciiair£, Études sur les actes de Louis VU, pi. YI.
MANUEL DE DIPLOVATIQI'E. 41
Iii2 LES SCKAIX. [Liv. iv. Chap. u
l'Aquitaine cul éti- reconnue à Henri riiintagenet, le contre-sceau disparut ilu sceau du roi de Fronce. Vingt ans plus lard, on H74, une empreinte reparul au revers, mais celte fois beaucoup plus petite que le sceau : ce fut d'aboi'd une întaille gnoslique assez singulière, puis, dès l'année suivante, remprcinte d'une pierre antique roprésenlaiit une Diane, onchàssiie dans une bordure de méUil portant la légende : LVOOVICVS REX'- Pliilippe Auguste eut pour contre-sceau une Heur de lis fleui-onnée, sans légende, el depuis lors le contre-sceau royal fut presque toujours, soit une fleur de lis unique, soit l'écu de France, avec des modi- (ications et des variations de style e( d'ornement.
Là encore la cbancellerie royale n'avait pas eu le mt^rite de l'invcntioa. 1^ sceau d'Edouard le Confesseur cité plus haut* avait pour conlrc-sceau une seconde représentation de majesté, peu dilTérenle de celle du sceau, et entourée de la même légende. Guillaume le Conquérant ajouta au revers de son sceau de roi d'Angleterre son ancien sceau de duc de Normandie au type équestre, entouré d'une légende indiquant que cette représentation était celle du duc de Normandie', et cela fut imité par tous les rois d'Angleterre ses successeurs'. Ce fui évidemment là le modèle du sceau royal français de Louis VII.
Le contre-sceau ne se rencontre naturellement qu'au revers des sceaui pendants. On en peut cependant citer au moins un qui a été apposé au revei-s d'un sceau plaqué du comte de Flandre, Robert le Frison ; c'est une réte deprofd fi droite d'une facture tivs barbore'. Les seigneurs ellespntlats prirent peuàpeu, au cours du »■' siècle, l'habitude de joindreàieurs sceaux pendants une seconde empreinte. Ce fut parfois la représentation du possesseur dans une dignité dilTérentc de celle sous laquelle il était représenté sur le sceau, comme dans les sceaux des souverains anglais el du roi de France Louis VII, et dans ce cas les deux empi-eintes sont ordinairement de mêmes dimensions. Plus souvent le contre-sceau fut l'empreinte d'un objet plus parlii-.ulier, plus a intime a en quelque sorte, que ne l'était la matrice du sceau officiel; tel élail par exemple le caciiet personnel, l'anneau sigillaire, dont l'usage s'était perpétué, et qui servait h la correspondance privée. Son emploi comme contre-sceau, en même temps qu'il servit à opposer aux faussaires une difllcullé de plus, ajouta au sceau un supplément de garantie. Dans ce second cas le conlre-sceau fut presque toujours de dimensions très restreintes, les représentations qui y figurent furent extrêmement variées el sa forme complètement indépendante de celle du sceau. Il n'est naturellement fait aucune mention du contre-sceau dans l'annonce des signes de validation; il n'était, en
1. DoeEt bWbo), Coll. de iceaux, n' 37; reproJ. dam A. LcmiiBE, Ouvr. cit.. Unit, i. Voy. plus baul, p. ml, n. 3. Z. Vof. plus liiut, p. G41, n. 4.
4. Celte double rcprcscnlation a persislâ jusqu'il nos Jours : le grand sceau de ii reine Vicloria s au droit le lypc de majcslé cl au revers lu type équcsirc,
5. Reproduct. dans Dehii. Iiw. det icrauj- rfe la FIniidi-e, u- 134. — Il w Iroutc apposé il une clioilc de 107G poui- Sl-Amé de Douai.
g 2] CONTRE-SCKAU; ATTACllKS; f.ÉGENDES. 043
effet, que le complément et Tappendice du sceau. A partir du dernier quart du xn® siècle, la plupart des sceaux pendants furent munis de contre-sceaux.
Nature des attaches et couleurs des sceaux. — Sous Louis VI les attaches
des sceaux de la chancellerie royale étaient de minces lanières de cuir et
exceptionnellement une double queue de parchemin ; sous Louis VU, il
s*y ajouta des lacs ou des cordons de soie de diverses couleurs et la
simple queue de parchemin, qui avait déjà fait son apparition sous
Philippe ^^ Quant aux sceaux, ils étaient sous Louis VI de cire vierge
que le temps a plus ou moins foncée; sous Louis VU on employa des
cires colorées en jaune, en brun, eu vert, et surtout en rouge de nuances
diverses. La chancellerie de Philippe Auguste parait avoir la première
voulu donner une signification à chacune de ces particularités et mettre
le mode de sceller en rapport avec la nature de lacté. Les actes à effet
perpétuel furent scellés en cire verte sur lacs de soie verte et rouge; les
actes à efTet temporaire furent scellés en cire jaune sur double queue; la
simple queue fut réservée à la correspondance administrative, aux
simples mandements. Ces règles, encore un peu incertaines pendant
({ueïque temps, acquirent par la suite une fixité absolue. Depuis le
xiv« siècle, la cire jaune fut considérée en France comme une prérogative
de la souveraineté, et Louis XI concéda en 1469 au roi René, comme une
insigne faveur, le droit de sceller en cire jaune*. La cire rouge ne fut
employée à la chancellerie de France que pour les affaires du Dauphiné
(depuis le \i\^ siècle) et de rilalic (\\^ siècle)*.
Les usages de la chancellerie royale à cet égard ne furent régulièrement imités ni dans les chancelleries ecclésiastiques, ni dans les chancelleries féodales; chacune scella avec des cires diversement colorées et sans qu*il paraisse avoir jamais existé de relation entre la couleur de la cire et la nature des actes. Depuis le xi\^ siècle la faveur s'attacha à la cire vermeille, qui ne cessa depuis lors d'être extrêmement répandue. Quant aux attaches, les lanières ou courroies de cuir disparurent à la fin du xu^' siècle, on scella généralements sur lacs, flocs, ganses ou cordelettes de soie de toutes sortes de couleurs, les actes les plus importants, sur double queue les actes d'importance secondaire et sur simple queue les écritures courantes.
Légendes des sceaux ; leurs désignations. — On a dit quelle était à la fin de l'époque carolingienne la légende du sceau royal de cire'; il n'y fut point apporté par les Capétiens de modifications^. Ce fut toujours le nom du roi au nominatif, suivi de son titre sous cette forme ^ N. DEI GRATlA
1. LcUrcs patentes du 28 janvier 1 468-1400, Lecot de i.a Marche, Le roi René, t. II, (1887), p. 332.
2. Des règles analogues mais plus tardives et moins rigoureuses ont été suivies en Allemagne; la couleur d'autorité fut le rouge, mais le vert et le jaune furent aussi privilégiés. Yoy. Dresslau, Handbuch der Vrkundenl,, t. 1, p. 033.