‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 392 sur 554 · LÉGENDES · texte numérisé non relu

LÉGENDES

qu*il faut connaître. Il est parfois annoncé par Texpression imaginh impressio; Beaumanoir Tappeile un « coin » {coigné des coins du seignor) ; Tempereur Baudoin II de Gonstantinople, une « enseigne » (seigné de nos impéiiaux enseignes). Dans le pays Messin, il était communément désigné par le mot « burlette )», diminutif de bulle, d*où le verbe « burleter » qui signifiait sceller.

Légende du contre-sceau. — La liberté et la fantaisie ont eu dans le choix des légendes des contre-sceaux la même part que dans leur représentation, lorsque toutefois on y a joint une légende, car nombre de contre-sceaux en sont dépourvus. Quand elle existe, c*est tantôt une suite de celle du droit, comme on Ta vu pour Louis VIP, tantôt une légende analogue à celle du sceau, mais débutant presque toujours par une désignation particulière du contre-sceau : CONTRASIGILLUM, très souvent

SECRETUM ou SIGILLUM SECRETI, et en français SCEAU DU SECRET,

expression indiquant bien le caractère du contre- sceau et formant à elle seule toute Tinscription ou suivie du nom du possesseur au génitif. Une légende très fréquente est SECRETVM MEVM MICHI, empruntée à Isaîe (XXIV, 16) et donnant lieu à une équivoque tout à fait dans le goût du moyen âge. Quelquefois aussi le contre-sceau y est désigné par les mots CLAVIS ou CUSTOS SIGILLI. Enfin, on a choisi souvent comme légende une maxime pieuse, une devise au goût du possesseur ou en rapport avec la représentation ; les seigneurs féodaux y ont mis leur cri de guerre. Le français s*y montre naturellement beaucoup plus tôt et y est bien plus fréquent que dans les légendes des sceaux. Le chapitre de Reims inscrit sur son contresceau : CONFIRMA HOC DEVS; Thôteldieu de Rouen : NOLI ME TANGERE; Manassès, évêque d'Orléans, au début du xiii*' siècle, a pour contre-sceau une flèche tendue sur un arc avec l'inscription : FVGITE PARTES ADVERSE*. Sur le contre-sceau des comtes de Champagne figure, depuis les premières années du xni« siècle,

leur fameux cri : PASSAVANT LE MEILLOR ou PASSAVANT LA TEBAVT';

sur celui des sires de Coucy, la célèbre devise : POVR CE QVIL ME PLET. Marguerite de Sablé, femme de Guillaume des Roches, a pour contresceau les armes de Sablé avec la légende : -|- DESOV LESCV MON PERE

SVNT Ml SECRE*.

Diffusion des sceaux. — Jusqu'à la fin du xi« siècle, on l'a vu, quelques prélats seulement et les grands feudataires avaient des sceaux, mais, depuis le xu®, ce mode de valider les actes ne cessa point de se répandre, et 1 on peut dire qu'à partir du commencement du xiv« l'usage du sceau tomba dans le domaine public, tout le monde en eut ou put en avoir.

I. Voy. plus haut, p. 641. Il y a d'autres exemples dans Douét d'Arcq, Ibid. 1 Douét d'ârcq, Coll. de sceaux, n* 6761.

3. On la trouve pour la pi-emière fois sur le contre-sceau de Thibaut lY (1201-1255). Voy. d'ÂRBois DE JuBAixviLLK, Essa'i sur les sceaux des comtes de Champagne, pi. III, n- 2, 4, 6.

4. Publ. d'apr. l'exemplaire apposé à une charte de 1227, Hugher, Sigillogr, du Maine; aperçu général sur la sphragistique, p. 513.

646 LES SCEALIX. [Liv. iv, Chap. ix

On passera rapidement en revue les sceaux ecclésiastiques, les sceaux féodaux, les sceaux des communes, des corporations, des juridictions et des particuliers.

Sceaux ecclésiastiques. — H n'est pas douteux que tous les évoques eurent des sceaux depuis le xu* siècle ; le type, d'abord variable, représenta tantôt une tête ou un buste, plus tard un personnage assis analogue au type de majesté ; puis il se fixa vers la fin de ce siècle dans la représentation d*un prélat debout en costume sacerdotal, représentation qui détermina la forme ovale, puis à arcs brisés du sceau. Depuis la (in du xni*' siècle, il s'y substitua parfois un personnage agenouillé devant des images pieuses qui occupèrent souvent la place principale dans le cbanip du sceau*.

Les abbés et les abbesses curent à la même époque des sceaux analogues à ceux des évêques.

Dès la première moitié du xii« siècle les chapitres et les abbayes eurent des sceaux distincts de ceux de leurs supérieurs, qui représentaient généralement le saint sous l'invocation duquel ils étaient placés. Il en fut de même des prieurés dès le milieu du xii« siècle. Il y en eut depuis le xni*' pour tous les couvents des divers ordres religieux', pour les paroisses*, les chapelles, les béguinages, les confréries, les hôpitaux, les maladreries. etc.

A côté de ces sceaux collectifs, il y en eut, bien entendu, de personnels à chacun des dignitaires et officiers, des églises, chapitres, abbayes, prieurés, couvents, etc. ; chaque chanoine, chaque clerc môme put avoir son sceau. Les moines seuls n'eurent qu'exceptionnellement des sceaux individuels.

H y eut naturellement une grande variété de types ; mais, quelle que fût la représentation, les sceaux ecclésiastiques furent en général des sceaux ovales dont les petits arcs se brisèrent à l'époque gothique.

Sceaux féodaux; type kqukstre; ttpb armoriai.. — Les seigneurs, dont quelques-uns seulement avaient eu des sceaux au xi« siècle, en eurent tous au siècle suivant, et la représentation ne tarda pas à en être fixée: ce fut le type équestre. Le plus ancien sceau de ce type serait celui de Foulques Nerra, si Ton en peut admettre l'authenticité*. Celui du comte de Flandre Baudoin V (1060-1067) n'est connu que par une gravure de

1. On la trouve dos 12^ dans le sceau de l'archevêque de Rouen, Eudes Rigaud, Demat, Ihv. des 8ceau.r de la Normandie, n* 2250,

2. Il faut cependant faire une exception pour les monastères cisterciens, auxquels il fut longtemps interdit d'avoir des sceaux. « Que toute communauté qui en a le brise >. disait un statut d'un chapitre général de 1218. La prohibition fut levée au xiv« siècle, et chaque couvent eut son sceau représenl^mt l'image de la Vierge [H. d'Arbois de Jubjlixvn.i.E, Études sur l'état intérieur des abb. cisterciennes, p. 158).

3. C'était pour les paroisses une obligation expresse, d'après le 6* canon du concile do Cognac de 1238 : « Statuimus quod quaelibet capellania habeat sigillum propriura in a quo taies litterae sint insculptae : Sigillum capellaniae N. ad citationes, capollaniae Œ expresse nomine, non personae ; quod videlicet sigilluin, citatione facta n capcUano. € in citatorio imprimatur. » [Noitv. traité de diplom.^ t. IV, p. 431.)

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