LA CHANCELLERIE PONTIFICALE
Caractères généraux des documents émanés de la cour de Rome : bulles, constitutions, encycliques, décrets, décrélalcs, rescrits. — Bibliographie : publications de textes, buUaires, régestes; travaux sm* les archives pontificales; études de diplomatique. — Division en quatre périodes de la diplomatique pontificale.
§ 1. Première péRiooB : des premiers siècles de l'Église a l'avènement de Léon IX (1048).
— Les plus anciennes lettres des papes. — Les archives pontificales ; registres des papes. — Développement du formulaire depuis Grégoire I*'; les dates. — La bulle. — Caractères des lettres des papes depuis la fin du viir siècle : le papyrus et le parchemin, récriture, les formules, suscriplion et adresse, clauses finales, souscription datée de récrivain, Benevalete, la date, la bulle.
§ 2. Seconde période : du pontificat de Léon IX a l'avènement d'Innocent III (1048- 1198). — Réformes de Léon IX : la rota, le monogramme Benevalete, le komma, la date, la bulle. — Victor H; souscriptions de prélats et de cai^dinaux; éléments des dates; date de lieu. — Grégoire VII. — Le style et le formulaire depuis Urbain II.
— Différences des lettres d'après leur degré de solennité. — Grandes bulles; formule Decemimus ergo...; rota, monogramme, souscriptions du pape et des cardinaux; date; la bulle. — Privilèges et pancartes. — Petites bulles.
§ 3. Troisième période : du pontihcat d'Innocent III a l'avènement d'Eugène IV (1198- 1431). — Régies pour la rédaction des lettres pontificales; formulaires. — Bibliographie; études de diplomatique; régestes, publications de textes. — Organisation de la chancellerie apostolique : les minutes, les grosses, le registi^e, la bulle. — Les registres de la chancellerie pontificale. — Les originaux; grandes et petites bulles; tituli et tnandamenla; particularités de ces documents: formule Nulli ergo... siquis autem...\ les attaches; l'écriture. — Régies communes à toutes les petites bulles; la date. — Le sceau : la bulle et l'anneau du pécheur; lettres closes. — Mentions hors d'œuvi-e.
g 4. Quatrième période : depuis le pontificat d'Ecgèive IV (1431). — Bibliographie. — Les bulles; buUes consistoriales ; modifications dans la forme et la teneur des bulles; clause non obstanlWus...; annonce de la publication; date; Uliera sancti Pétri; la bulle; mentions hors d'oeuvre; certificats des expéditionnaires de cour de Rome; mentions d'enregistrement et d'insinuation. — Les brefs. — Les signatm*es de cour de Rome. — Les Motu proprio.
De toutes les sources diplomatiques celles qui proviennent de la cour romaine sont certainement de beaucoup les plus nombreuses. Le gouvernement spirituel de la chrétienté, si étroitement uni, au moyen âge surtout, à toutes les affaires politiques et à tous les intérêts privés, a donné
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Heu depuis les premiers siècles de TÉglise à une quantité immense de documents qui, du siège de la papauté, se sont dispei*sés dans tout lunivers et dont un très grand nombre se sont conservés.
Tous ces documents émanés des papes sont desletlresy caractérisées par une adresse, ordinairement suivie d*un salut et terminée par la bénédiction apostolique. Comme, depuis le vi^ siècle au moins, elles étaient scellées d'une bulle de plomb, ce nom de bulle a passé du sceau au document dont il garantissait l'authenticité, et dès le moyen âge on a conununément donné le nom générique de bulles aux lettres pontificales scellées en plomba II est bon d^observer toutefois que cette appellation n'a jamais été employée par la chancellerie pontiRcale elle-même. Selon leur objet, certaines catégories de bulles sont désignées par les canonistes sous des noms divers ; ils ont appelé conslitutions les décisions adressées à tous les fidèles et statuant en matière de foi et de discipline; encycliques^ les lettres adressées à tous les évéques de la catholicité ou parfois aux évoques d'un pays pour leur donner une direction; décrets, les règlements pour l'utilité générale de l'Église; décrélales, les bulles relatives à une affaire particulière, mais dont la solution peut servir de règle générale; ils ont parfois enfin désigné toutes les lettres pontificales sous le nom générique de rescrits. Il est à propos de faire observer que ces désignations, qu'on a appliquées à des documents de tous les temps, sontabsolument indépendantes de leur forme et qu'elles ne constituent point par conséquent des appellations diplomatiques.
On sait que l'usage s'est établi dès longtemps de désigner les lettres des papes par les premiei's mots de leur texte. C'est ainsi par exemple que l'une des principales bulles fulminées par Boniface VIII, le 5 novembre 1301, dans sa lutte contre Philippe le Bel, est connue sous le nom de bulle Ausculta fili.
Si l'importance et le nombre des lettres des papes ne suffisaient pas à en faire placer l'étude diplomatique avant celle de toutes les autres chancelleries souveraines, elles mériteraient néanmoins ce rang à cause de la faveur dont les règles en usage à Rome ont été l'objet dans la chrétienté tout entière. Organisée très anciennement, la chancellerie pontificale ne tarda pas à adopter pour la rédaction et la disposition des lettres un ensemble de formules et de règles qui se développèrent, se précisèrent, se fixèrent de siècle en siècle. Le « style » de la cour romaine fut au moyen âge, on l'a dit déjà, l'une des bases de l'enseignement du dicta-
is L'un des plus anciens exemples de cette désignation que j'aie renconti*é se trouve dans un vidimus par Philippe VI, du 16 août 13Î5, d'une « bulle » de Clément IV : « Notum facimus nos de tliesauro privilegiorum et registrorum nostrorum Parisiensium <i extralii fecisse quandam veram bullam felicis recoi*dationis Clcraentis quondam pape lY, <t et tenorcni ipsius transcribi de verbo ad verbum forinam que sequitur contincntem. » (Magex et Tholin. Archives nmnicip. d'Agcn. Chartes^ n* 55, d'apr. l'orig.) — Le mol bulla est employé à diverses reprises dans un inventaire des ai'cbives du Saint-Siège du xiT* siècle pour désigner des chartes bullécs en or de Charles d'Anjou (Hibl. nal., ms. lat. 40^ B fol. 160 et suiv ).
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men, et les actes pontificaux devinrent des modèles qu'imitèrent plus ou moins la plupart des chancelleries, laïques ou ecclésiastiques, autant à cause de la régularité et de la belle ordonnance de ces documents qu'à raison de Fautorité qui s'attachait naturellement à tout ce qui émanait du Saint-Siège.
La publication et la critique des documents apostoliques est une œuvre depuis longtemps commencée à laquelle Touverture des archives du Vatican, naguère rigoureusement secrètes, a donné, depuis 1885, une impulsion nouvelle.
.Sans parler des collections de décisions doctrinales, ni des recueils de lettres qui remontent au moyen âge, non plus que des premières publications du xv« et du XVI® siècle, on s*est appliqué depuis bientôt trois siècles à réunir les actes de la papauté dans de vastes recueils qui portent le nom générique de buUaires. Les uns sont généraux, les autres spéciaux à certains pontificats, à certains pays, à certains ordres religieux, à cer* taines congrégations ou à certains établissements, mais aucun d'eux n'est complet*. En dehors de ces collections, nombre de documents pontificaux sont épars dans les recueils d'érudition, dans les cartulaires, dans les histoires locales et dans les publications de tout genre; un nombre plus grand encore est demeuré inédit, les uns à l'état d'expéditions originales ou de copies, dans les archives et bibliothèques publiques ou privées de la chrétienté, les autres à l'état de transcriptions officielles dans les registres du Vatican.
De bien des côtés à la fois on a repris de nos jours la recherche, le dépouillement, la publication et l'inventaire de ces documents*''', si nombreux qu'il est impossible de prévoir l'achèvement d'une œuvre aussi
^ G. GocqaelineSt Bullarum, privilegiorum ac diplomatum Romanorum pontificum amplissima collectio, Rome, 173^1744, 28 vol. in-fol., collection plus connue sous le nom de Bullarium Romanum, qui en constitue le titre depuis le t. YI; Bullarii romani conlinuatio a Clémente XIH ad Gregorium JVK/, Rome, 1830-1859, 19 vol. in-fol. — Al. Tomasetti, BuUarum, diplom. et privil.^ aanc. Roman, pontificum Taurinensis ediiio, t. I à XXV (jusqu'en 1740). Turin et Naples, 1857 et années suivantes, in-4. — Gomme buUaires spéciaux on se bornera à citer : Bullarium Casêinense, Mont-Cassin, 1650-1670, 2 vol. in-fol. — Bullarium S. ordinis Cluniacensiê, Lyon, 1680, in-fol. — Bullarium Carmelitarum, Rome, 1718, 2 vol. in-fol. — F.-T. Ripolli. Bullarium ord. Praedicatorum, Rome, 1729-1740, 8 vol. in-fol. — Bullarium ord. Capuccinorum, Rome, 1740, 7 vol. in-fol. — J.-H. Sbaralea, Bullarium Francitcanum, Rome, 1759-1761, 5 vol. in-fol, — Bullarium Lateranense, Rome, 1727, in-fol. — Bullarium Yaticanum, Rome, 1747, in-fol. — Bullarium pontificium s. congregalionis de propaganda fide, Rome, 1839-1858, 6 vol. in-4. — Bullarium civitatin Avenionensig, Lyon, 1657, in-fol. — Chaiz de Lavaréne, Monumenta pontificia Arverniae (862-1196), Clermont-Ferrand, 1880, in-4. — Goiffon, Bullaire de l'abbaye de Saint-Gilles, Mmes, 1882, in-8.
♦* J. V. Pflugk-Harttung, ilc/a pow/i/. Roman, inedita (c. 97-1198), Tubingue, 1880- 1886, 3 vol. in-8. — S. Loewenfeld, Epistolae pontif. Roman, ineditae (493-1198), Leipzig, 1885, in-8. -- J. T. Pflugk-Harttung, Chartarum pontif. Roman, specimina, ci-dessus, p. 49. — Les recueils spéciaux à certains papes ou à certaines époques ainsi que les dépouillements des registres pontificaux sont cités au cours du
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gigantesque. Assez avancée déjà pour Tépoque ancienne, elle est à peine entamée pour l'époque postérieure au xiv siècle.
H convient de mentionner, à côté des recueils de textes, les travaux, encore bien insuffisants, qui ont pour objet de faire connaître les archives du Vatican. A l'exception d'une liste sommaire des registres de chancellerie, il n'existe encore d'inventaire imprimé d'aucune des séries de ce riche dépôt, qui demeure toujours fort imparfaitement connu. Certaines publications du moins donnent un aperçu des ressources qu'il offre aux travailleurs, mais surtout fournissent sur sa formation, son histoire et son organisation des renseignements intéressants**.
Quant aux travaux de diplomatique proprement dite, ils se sont multipliés dans ces dernières années au point de renouveler complètement certaines parties de la science, mais la plupart d'entre eux sont naturellement restreints à certaines époques, à certains pontificats, à certaines catégories de documents ou même à certaines questions spéciales; à part ceux qui se trouvent dans les traités généraux, il en est peu qui aient embrassé dans son ensemble la diplomatique pontificale^.
Bien que la série des actes émanés de la papauté présente une suite et un enchaînement continus, il a paru qu'il y avait avantage à en diviser l'étude en grandes périodes chronologiques dont les divisions sont fon-
chapitre. — Ph. Jaffé, Rrgesta pontificum romanorum ab condita ecclesta ad atin. p. C. natum 1108, i'* éd. 1851, 1 vol. in4; 2* éd. sous les auspices de W. Wattenbach, par F. Kaltenbrunner, P. Ewald et S. Loewenfeld, Berlin, 1885- 1888, 2 vol. iii-4. — Potthast, Begesia, plus loin p. 085. Laporte du Theil, Eurpoté des recherches littéraires relat. à V histoire de France faites à Home... d'octobre Mil jusqu'en août 1783, dans Métn. de VAcad. des inêcriptions, t. XLVI (1795), pp. 691-715. — Marini, Memorie istoriche degii archivi délia Santa Sede, Rome, 1825, in-8. — Dudik, Iter romanum. Vienne, 1855, in-8. — P.-A. Munch, Aufschlusse ûber dos pàpstliche Archiv. hgg. v. Gustav Storii, ans dem Dânischen ûbersetzt v. D' S. L«)\ve>telo, dans Atxhival. Zeitschrift^ t. iV, 1880. — D. Greg. Palmieri, Ad Vaticani archivi Romanorum pontificum regesta manuductio^ Rome, 1884. in- 12. Liste numénque des registres des papes d'Innocent III à Clément Mil (1198-1605). — D. Greg. Palmieri, Histoire des archives du Vatican, formant l'inlrod. du t. I (1885) du Hegestum démentis papae T, plus loin, p. 685. — Ehrle, Zur Geschichte des Schatzes^ der Bibliothek und des Archivé der Pâpste im H. Jahrhundert, dans Archiv fiir Litteratur und Kirchengeschichte, t. 1, 1885. — J.-B. de Rossi, De origine^ historia. indicibu» scrinii et bibliothecae sedis apostolicae commentatio, Introd. au t. I des Codices palatini latiniy Rome, 1886, in-4. — L. Delisle, Les archives du Vatican (Journal des savants, juin 1892). Marini, Diplomatica pontipcia ossiemo ossertazioni paleografiche ed erudite sulle bolle de' papi, Rome, 1841 ; 2- éd., 1852, in-4. — J.-B. Pitra, De epistolis et registris Romanorum pontificum, forme le t. I des Analecta novitsima spicilegii Solesmensis, altéra continuation Paris, 1885, in-8. -— L. de Mas-Latrie. Les éléments de la diplomatique pontificale, dans Revue des questions historiques, t. XXXIX (1886), pp. 415-451 et t. XLI (1887), pp. 582-435. — On trouvera au cours de ce chapitnï l'indication des travaux de détail, mais il faut mentionner ici la bibliographie qui en a été dressée : W. Diekamp,/)i> neuerc Literatur sur pâpstlichen Diplomatik, dans Gôrres Gesellschaft. Historisches Jahrbuch, t. IV (1885), pp. 210-261, 361-394 et 681.
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dées moins sur Thistoire de la papauté que sur les différences de nature et d'aspect, ainsi que sur les diverses variétés des documents pontificaux ; mais il sera bon de ne point oublier que ces périodes, créées pour la commodité de Tétude, sont en somme factices et qu'elles ne correspondent point à de profondes ni surtout à de brusques modifications.
La première s'étend des premiers siècles à l'avènement de Léon IX. C'est une période primitive où l'absence de traditions et surtout la rareté relative des documents originaux ne permet pas encore de faire de classifications ni d'établir de règles précises.
I^a seconde va du pontificat de Léon IX (1048) à l'avènement d'Innocent III (H98). C'est une période d'organisation : les caractères extérieurs, le style, les formules se fixent peu à peu en même temps que la distinction s'accuse entre les diftërentes catégories de lettres.
La troisième comprend le xin«, lexiv» et le commencement du xv« siècle, du pontificat d'Innocent 111 (1198) au pontificat d'Eugène IV (1451). C'est la période pendant laquelle la chancellerie, complètement organisée, est restée le plus fidèle à ses usages.
La quatrième enfin commence au pontificat d'Eugène IV (1431), et se continue jusqu'à nos jours. Elle est caractérisée par la création à diverses reprises de plusieurs nouvelles formes d'actes complètement inconnues aux âges précédents.
1. Première période : des premiers siècles de TËgUse à l'avènement de Léon IX (1048).
Les plus anciennes des lettres pontificales qui nous sont parvenues, celles des huit premiers siècles de l'Église, ne nous ont été conservées que par des copies ; les unes recueillies dans des compilations canoniques S d'autres dans des collections formées à l'aide des registres où les papes faisaient transcrire leurs actes, d'autres de provenances diverses. Parmi ces documents, qu'on s'est depuis longtemps appliqué à réunir*, une critique avisée a pu faire le départ des faux ou suspects, — ils sont nombreux, — et de ceux dont l'authenticité est certaine; mais pour ceux-là même, on est loin d'être assuré que les textes nous soient parvenus dans leur pureté originelle et dans leur intégrité : ils ne donnent pas prise par conséquent à la. critique proprement diplomatique; mais ils n'en ont pas moins à ce point de vue un grand intérêt parce qu'on y
* D. Goustant, EpUlolae liomanorum pontificum^ t. I (seul paru), Paris, 1721, in-fol. [comprend les lettres apostoliques de Tau 67 jusqu'en 4(51). — A. Thiel, Epistolae romanorum genuinae et quae ad e08 scriptae sunt^ t. 1 [seul paru), Braunsberg, 1868, in-8 [de 461 à 525).
1. Sur ces compilations, voy. Ao. Tardif, Hiat. des sources du droit canonique^ pas> sim, et P. VioLLET, Histoire du droit civil français accompagnée de notions de droit canonique^ 2* éd. (1803), livre I, part. III.
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ïoit apparaître et s'y développer peu â peu les formules et les dispositions qui ont constitué plus lard le style de ta chancellerie romaine.
Si l'on parcourt les lettres des premiers érëques de Rome recueillies par D. Constant, on constate facilement qu'il ne s'y trouve eocore ni un style particulier ni des formules régulières. Le libellé de la suscription. celui de l'adresse, du salut, les dispositions finales, rien de tout cela ne paraît avoir été assujetti à des règles. Les usages n'ont commencé à se ftier qu'ù partir de l'époque où, des archives ayant été constituées, les . rédacteurs des letlres purent en les écrivant se servir des documents anté'rieurs et s'inspirer de la tradition. Cette tradition put s'établir d'autant plus facilement que les mômes officiers furent chargés de la conservation des documents anciens et de la confection des titres nouveaux.
Les premières mentions connues des archives pontificales' remontant & une époque fort reculée, au pontificat de saint Anthère (235-356). Ces témoignages concernent seulement, il est vrai, les actes des martyrs, que des notaires devaient recueillir, mais M. de Rossi a pu conjecturer, non sans vraisemblance, que d'autres sortes de documents et en particulier les actes mêmes des papes et leurs registres, tenus dés lors h l'imitation de ceux des empereurs, avaient dît prendre place aussi dans le icrinium de l'église romaine. Au siècle suivant, la religion chrétienne à peine officiellement reconnue, le pape Jules 1*' (337-353) réorganisa les archives détruites pendant les grandes persécutions, et confia la garde de ce dépét en mémo temps que la rédaction des actes à un collège de notaires {tchola notariorum) placés sous les ordres d'un primicier {primioeriui HOlarionim). Peu d'années après, le pape Daniase (366-384) fit construire pour les archives un édifice spécial d'oij elles ne tardèrent pas h être transférées au palais de Latran, devenu le siège de la cour pontificale. Dans ce dépôt authentique {arckivium lanctae Itomanae ecclesiae, — lacrum Lateranenie scrimum) où se conservaient les documents relatifs au gouvernement de l'élise, on eoi'egistrait tous les actes émanés du Saint-Siège; chaque indiction formait un registre. Il s'est conservé, transcrits dans des collections postérieures, des fragments plus ou moins remaniés de ces registres où des vestiges de numération ne laissent aucun doute sur la provenance des lettres'. On en a retrouvé des papes Gélase I" (492-i96), 4'èlage I" (55j-560), Léon IV (847-855) et Etienne V (885-891)*. Les fragments des registres de Grégoire I" (590- 604), conservés par de nombreux manuscrits, sont assez considérables
* P. Ewald, Die Paptlbricfe der Brittiicken Sammlung, dans A'eue* Archit., t. V
1. J.-B. DE [lossi, De origine, hiiloria, indicibut scrim'i et bibliotheeae tedii Àpottoiicat eommentalio.
2. Voy. dans Pitiu, Anal, noviti., 1. I, p. ^1, une liste des anciena regisU%S des papes dont il ne subsiste que des mentions ou des fragments.