‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 404 sur 554 · tbid.. pl. I, n- I et i. — 6, Ibid.. il · texte numérisé non relu

tbid.. pl. I, n- I et i. — 6, Ibid.. il

7. Orig. Arch. nat. K 7, n* 0", Tàkoif, laon. kitl., p. 67. Fae-sim, Atlas, !• mw tint, Regetla, !• éd.. ii" iKI.

ê i] . PREMIÈRE PÉRIODE. 669

jusqu'au début du xi« siècle, les bulles originales sont cependant assez nombreuses et présentent assez de points communs pour qu*il soit possible d'en déterminer les caractères généraux.

Ce sont des documents, ordinairement de très grande dimension, écrits sur papyrus jusqu'au commencement du xi« siècle*, en une écriture particulière, dérivée de la lombarde, nommée littera romana, et dans laquelle on a voulu voir, sans raisons suffisantes, une influence byzantine**. Jusqu'au commencement du xi« siècle la chancellerie romaine s'est servie pour les bulles originales exclusivement de papyrus, et jusqu'au début du xii^ elle a employé l'écriture lombarde en la rapprochant. peu à peu de la minuscule romane. Toutefois, dès le x^ siècle il semble qu'elle délivrait parfois, en même temps que l'original, une ampliation sur parchemin écrite en minuscules l'écriture lombarde étant dès lors lettre morte pour la plupart des fidèles ^ 11 y a lieu de présumer que parmi les bulles sur parchemin antérieures au xi« siècle, qu'on a souvent considérées comme des originaux, il s'en trouve qui ont cette origine.

La dernière bulle sur papyrus que j'aie vue est la cession par le pape Sergius IV, en novembre 1011, au comte Guifred, de l'église de Saint- Martin du Canigou pour y établir une abbaye^, mais il existe des mentions de bulles sur papyinis de Léon IX et de Victor II ^. La plus ancienne

* H. Bresslau, Papyrus und Pergameut in der pâpstlichen Kanzlei bis zur Mitte des XI. JahrundertSy dans Mittheil. des Iiist, f. œsteiT. Geschichtsforsckung^ t. IX (1888), p. i-33.

** Monaci, Vna questione sidla scrittura bollatica et Sulla influenza bizantina nella scrittura délie anliche bolle pontificie, dans Archivio délia r. Soc. Rom, di Sloria palria, t. VIII (1885), p. 245 et 247 et t. IX (1886), p. 283-284, av. pi.

1. Letald, qui écrivait à la fin du x* siècle, le dit formellement à propos d'un piivilége du pape Benoit VII, que l'évêque d'Orléans Anioul obtint à Rome, en $>61, pour l'abb. de Micy : « Post vero Romam pcrgens, decretum apostolica auctoritate edictum atque tf firmatum nostra littera in cïiarta, et romana in papyro transcribi fecit, revertensque c in sciinio nostro coUocavit. » (Liber miracuL S. Maximiui, dans Migne, Patrol, lat., t. CXXXVII, p. 817.) Cette bulle de Benoît VII ne s'est pas conservée.

2. On en a un curieux témoignage que rapporte à l'année 1074 l'auteur anonyme de la chronique de St-Hubert d'.4rdennes, qui écrivait au commencement du xn* siècle. L'abbé de St-IIubert, rapportant un privilège de Rome, le montre à l'archidiacre de Liège Boson : a Explicita ergo caila et olîensus ignotis sibi ad legendum notis quibus conte scribuntur privilégia Romanae auctoritatis : — >'on, inquit, dubium quin hic lateat c alicujus fraudis praestigium, quod utique celât barbaries harum notarum. — a .... Tandem easdem notas sensim perscrutantcs hii qui inter clericos jactitabantur « pcrspicaciores, deprehenderunt i^m ut erat, scilicet ecclesiam beati Huberti specialius « mancipatam apostolicae defensioni... » [Chron. S. Huberti^ éd. Bcthmann et Wattenbach, Mon. Germ. SS. t. VIII, p. 485.)

3. Orig. à la Bibl. de Perpignan, A. Brutails, Bulle sur papyrus de Serge IV, dans Itemte des sociétés savantes, année 1880, p. 160, avec im fac-similé héliogravé. — JjiFFÉ, Hegesta, 2'' éd., n*> 3976. Il existe une bulle sur papyrus de Benoit VIII pour llildcsheim (1020-1022) aux arch. d'État de Hanovre (Bresslau, Papyrus und Pergament, p. 7. — Jaffe% liegesta, 2- éd., n" 4036).

4. Une bulle de Léon IX (1052) sur papyrus existait encore au xvni* s. aux archives de l'église du Puy (Delisle, La Bibl. nat. en 1875, dans Bibl. de VÉc. des Charles, i. XXXVII (2876),"p. 1091. — Une bulle sur papyrus de Victor II pour Selva Candida

670 LA CHANCELLERIE PONTIFICALE. [Liv. v, Cii. i

bulle originale sur parchemin, signalée comme non suspecte par les nouveaux éditeurs des Rege»tade Jatte est un privilège de Jean XYllI pour Téglise de Paderborn» de décend>re 1005*.

La première ligne est ordinairement en caractères plus gros que ceux du reste de la teneur ; à la fin du x"" siècle on y employa souvent une écriture capitale mêlée d*onciales dont les caractères sont parfois enlacés; sous le pontificat de Clément II (1046-1047), une écriture allongée. Souvent la suscription n*est précédée d'aucun signe d'invocation, tout au plus d'une petite croix, qui, à la fin du x« et au commencement du XI* siècle, est parfois plus grande et parfois remplacée par le chrismon. La suscription précède toujours l'adresse; elle est invariablement sous la forme iV. epUcoput, 9ervu$ servoruni Dei^ elle est presque toujours suivie d'une adresse, qui dans les privilèges dont Teffet doit éli-e perpétuel se termine par la formule in perpeluum, presque toujours abrégée de la sorte : in pp.

La teneur se compose ordinairement d'un préambule, d*un exposé et d'un dispositif qui ne donnent lieu à aucune observation; on y peut seulement noter un style généralement diffus, de longues phrases coupées d'incidentes nombreuses, la liaison des diverses parties les unes aux autres par des conjonctions.

Les clauses Anales comportent des anathèmes contre ceux qui violeraient l'acte, la promesse des récompenses éternelles pour ceux qui en assureront la fidèle observation. La disposition et les expressions mêmes de cette clause, que l'on peut faire remonter jusqu'à Grégoire !•% se répètent dans la plupart des bulles ; elles ne sont pas encore toutefois fixées en une formule invariable.

Depuis le pontificat d'Adrien 1*' (772-795), les bulles sont datées d'une manière particulière. La teneur se termine par une première date de la main du scribe de la pièce; elle commence par la formule : Smptumper manum, suivie de son nom et de son titre, qui est ordinairement « notaire et scriniaire », et comprend seulement l'indication du mois et de l'indiction. En voici un exemple :

(( Scriplum per manum Theodori notarii et scriniarii sanctae Romanae ecclesiae, in meuse octobrio, indiclione quarta*. »

L'acte ainsi expédié était soumis à l'approbation du pape qui ajoutait

(1057) a été vidimée par Grégoire IX (Bresslau. Papyrus und Pergament, p. 29. — jAFFÉt Regcsta^ 2* éd., ii»4366).

1. Fac-similé dans W. Diekaxp, WestfâlUcher Vrkundenbuch ; Supplément, Munster, 1885. — JAPrÉ, negesta, 2« éd., n» 3947. — P. Ewald (Neues Archiv, l. IX, p. 332) en a cependant contesté le caractère original. Cf. Bresslau, Papyrus und PergamenU p. 46-18, et /. V. Pflugk-Hartlung, und seine Polemik, dans Mitiheil. d. Instit. f, Merr. Geschichtsforschung, t. IX (1888), p. 690-601. — Exceptionnellement et dans des cir^ constances particulières le parchemin avait été employé par la chancellerie pontificale dès le X* siècle. Voy. Papyrus und Pergament, p. 10.

2. 855, 7 octobre. Confirmation par Benoit III des privilèges de l'abbaye de Corbie. jArrÉ, Regesta, 2* éd., n» 2663. Fac-sim. lithogr. de FEc. des Chartes, n" 22 et 23.

g IJ PREMIÈKE PÉRIODE. (>7I

ou faisait ajouter à la suite, en manière de souscription, la formule Benevalete. Dans les plus anciennes bulles ce mot est tracé sur deux lignes, en gros caractères, souvent en capitales mêlées d'onciales et disposé entre deux croix de la façon suivante :

I Bene

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