‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 411 sur 554 · Dulrc du pape Eugène III de · texte numérisé non relu

Dulrc du pape Eugène III de

2. Diille de Célestin III du 1U mars 1103. Fac-sîm. lilhogr. de l'École des Charles, n' 233. J.rri, lirgetla. S- éd., ii" 10837.

ê 2J SECONDE PÉRIODE. GRANDES ET PETITES BULLES. ;681

Petites billes. — Les petites bulles pendant celte période ont [des formes beaucoup moins arrêtées que les grandes. On peut dire qu*elles sont rédigées avec beaucoup plus de simplicité. Généralement écrites en minuscule romane, elles sont caractérisées par le salut apostolique; elles n*ont pas de clauses finales ou des clauses finales très courtes et dont la formule n'est pas encore fixée. Elles n*ont de souscriptions, ni du scriniaire, ni du pape, ni de cardinaux; elles n'ont ni tota ni monogramme. La date, de la mémo écriture que la teneur, la suit immédiatement; elle est simplement libellée, sans mention de celui qui la donne; quant aux éléments chronologiques, ils varient et ne se fixeront que plus tard.

Pour être rédigées sans aucune solennité, les petites bulles n'ont pas une moindre importance historique que les grandes. On expédiait sous cette forme des donations, des concessions de droits, des décisions de la cour de Rome, des commissions données à des ecclésiastiques pour traiter des affaires de l'Église, et parfois même aussi de véritables confirmations de privilèges. Les simples lettres, celles qui constituent ce qu'on pourrait appeler la correspondance administrative du Saint-Siège, — c'est parmi elles que Ton trouve les documents les plus intéressants pour l'histoire, — étaient expédiées d'une manière moins solennelle encore. Elles ont le salut, mais sont totalement dépourvues de préambule ainsi que de clauses finales, et la date y est très abrégée, ordinairement réduite à l'indication du lieu et du quantième ^

Ces buUqs étaient toutes scellées du même plomb que les grandes'; il est probable que beaucoup d'entre elles devaient être closes, mais il ne s'est conservé que très peu d'originaux qui nous permettent de nous rendre compte de la disposition du sceau usitée dans ce cas'.

i. A dater de Clément III (1187-1101), on ajoute aux petites bulles la mention de Tannée du pontificat.

2. La correspondance de Grégoire YII montre que des circonstances extraordinaires pouvaient seules et très exceptionnellement fairc omettre le sceau et que dans ce cas il en était fait mention expresse. Une lettre à Robert Guiscai*d, de 1082, se termine par ces mots : < Dubitavimus liic sigillum plumbeum ponerc ne si illud inimici caperent de c eo falsitatem aliquam facerent. » (jAFFé, Monum, gregor., p. 491 ; Regesta^ 2* éd., n" 5225.) Une clause analogue se trouve dans une lettre au comte de Flandre Robert le Frison, de la même époque : « Plumbeo sigillo idcirco signari litteras istas noluimus ne a si forte caperentur ab impiis eodem sigillo possit falsitatis quippiam lien. » (Mon. greg., p. 567 : Hegesta, n* 5242.) Une lettre de la comtesse Mathilde, rapportée par Hugues de Flavigny, donne à penser que les craintes du pontife n'étaient pas vaines : elle accuse formellement rempei*eur de se servii^ d'une bulle dont il s'était emparé : « Kotum facimus quod Henricus falsus rex subripuit sigillum domini papae Gregoni.... » [Hon, Germ. SS. t. VIII, p. 463.)

3. Tb. de Sicvel [Mon. graphica^ livr. IX, n» I) a reproduit une lettre close d'Alexandre III à l'évéque de Passau du 20 juillet 1177 (Jaff^, Regesta, 2« éd., n» 12885). I a lettre a été pliée trois fois sur ellc-môme dans le sens de la largeur par le haut et autant par le bas, pliée ensuite en deux parties égales dans le sens de la hauteur, et repliée de nouveau en deux dans le sens de la largeui\ Uji trou percé sur le côté, auprès des bords libres, traversait tous les doubles du parchemin et donnait passage aux attaches du sceau qui maintenaient la pièce fermée. Pour l'ouvrir, tout en laissant

682 LA CHANCELLERIE PONTIFICALE. [Liv. v, Chap. i

3. Troisième période : du pontificat dlnnocent m à Favènement d'Eugène IV (1108-1431).

a L'avènement d'Innocent III fut, dit M. L. Delisle, une ère nouvelle pour la chancellerie pontificale. » A dater de ce moment, en effet, les usages, établis traditionnellement, achèvent de se développer, et se transforment en règles précises et minutieuses qui embrassent toutes les partiesdes actes, les formules, le style, la disposition ainsi que les caractères extérieurs, et, de plus, différencient nettement les divei'ses catégories de lettres. On ne trouve, il est vrai, ces règles énoncées d'une manière expresse que dans des formulaires de la seconde partie du xin^' ou même du xiv« siècle, œuvres sans caractère officiel et dont plusieurs paraissent avoir été composées comme aide-mémoire ou manuels par des scribes de la chancellerie*, mais l'observation des originaux montre l'application de la plupart de ces règles sous le pontificat d'Innocent III, et certains passages des lettres de ce pontife tendent à montrer qu'elles avaient dû dès lors être formulées et réunies en un règlement qui ne paraît pas s'être conservé.

* J. Merkel. Documenta aîiquol quae ad Uomani pontifie is notarios et curiale* pertinente dans Archivio storico italiano. Appendice, t. V (1847), pp. 129-i53. — E. Winkelmann, Sicilische ttnd pàpstliche Kanzleiordnungen und Kanzieigebrâiiche det Mil. Jahrhunderts. Fur akademische Uebungen zusamtnengesteUt^ Innsbruck, 1880, iii-8. — Th. Lindner, Beitràge zu dem Leben und den Schriften Dietrichê von yiem: l.Dîetrichs Schriften De Stilo i/nr/ Liber cancellanae, dans Forschungen zttr deutschen Gesch., t. XXI (1881), pp. 67-76. (Ce Dietrichde Kieheimfut en 1380 « abbi*eviator et scriptor litlerarum apostolicarum »). — Erler, Der Liber cancellanae apostolicae von J. 1580 und der Stilus palatii abbreviatus Dielrichs von Nieheim^ Leipzig. 1888, in-8. — Otto Meinardus, FormeUammtungen und Handbucher aus den Bureaux der pàpstiichen Verwaltung des xv. Jahrhundertê in Hannover, dans Nette» Archiv, t. X (1885), pp. 35-79. — Je signale aussi, paix^e qu'il a été une tle mes sources, un manuel inédit de la chancellerie pontificale, dont une copie incomplète du commencement et de la fin, écrite au xiii« siècle, se trouve réunie à un petit traité sur le droit canonique et à de nombreux modèles de lettres apostoliques dans un petit ms. possédé par mon confrère M. P. DuiTieu, à l'obligeance duquel j'en dois commujiication. J'en ai fait reproduire les cinq pix;niières pages pour le Recueil de Fac-similés à Vus. de C École des Chartes, n» 316. — A côté de ces indications il faut placer celle de Thomas de Gapoue, Summa dictaminis, bien que ce traité ne concerne pas spécialement la chancellerie pontificale : mais son auteur, avant d'être cardinal, fut : a S. R. ecclesie subdiaconus et notarius d, dans les demiéres années d'Innocent III; il a été publié par Hau», CoHectio monumentorum, t. I, Brunswick, 1724, p. 270. — Il ne faut pas confondre avec ces pi-éceptes relatifs à l'organisation de la chancellerie et à la rédaction des lettres les a Régies de la chancellerie apostolique j> qui sont un ensemble de décisions relatives à la collation des bénéfices, rédigées pour la première fois en 1531 et confli^mées depuis par chaque pape A son avènement.

le sceau suspendu, il a fallu couper d'un trait de ciseau tous les bords libres jusqu'au trou de l'attache, mais sans toucher aux deux plis extérieurs traversés par les attadies et auxquels seuls elles sont demeurées fixées.

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