Yoy. plus haut, pp. 676 et suiy
2. La chancellerie désignait par le mot indulgetUiae les faveurs concédées sous forme de petites bulles ; mais il ne me semble pas qu'on puisse dire en français dans ce sens privitègeê et indulgences.
g 3] TROISIÈME PÉRIODE (1198-1431). 689
iituli; c'étaient des actes gracieux (indulgentiaé), des faveurs, des donations, des concessions ou des confirmations de privilèges ou de droits, ou encore des décisions doctrinales, des promulgations de statuts, des jugements de la cour pontificale, etc. On trouve en général dans leur dispositif Tune de ces expressions caractéristiques : micloritate presentium indulgemu8,..j — auctoritaie presentium inhibemus,,,, — auctoritale apostolica confirmamus,,,, etc. Les autres constituaient à proprement parier la correspondance du Saint-Siège; c*étaient des ordres du pape, des commissions pour faire des enquêtes, réformer des abus, terminer des conflits; des lettres pour notifier les événements intéressant la chrétienté, tracer au clergé sa ligne de conduite, donner aux princes des avis et des conseils, demander leur appui, les exciter à agir, etc. On désignait les lettres de cette espèce sous le nom de mandamenta. Leur dispositif renferme en effet presque toujours la formule : per apostolica scripla mandamus, ou precipiendo mandamus, terme remplacé parfois, suivant les circonstances, par Tun des verbes rogamus^ obsecramus^ exhortamtir, monemus.
Ces deux classes de documents ont été distinguées Tune de Tautre non seulement par les formules, mais aussi par le mode d'apposition du sceau et même par des particularités paléographiques.
Les tituli^ tout en étant expédiés d'une manière assez brève, comportent cependant certaines solennités dont sont dépourvus les mandamenta. C'est ainsi que le texte débute par un préambule et se termine par des clauses finales, beaucoup plus courtes que celles des grandes bulles, mais non moins fixes :
(( Nulli crgo omnino hominum liceat hanc paginam nostre concessionis infringere vel ei ausu temerario contraire. Si quis autem hoc attemptarc presump.serit indignationem omnipotentis Dei et beatorum Pétri et Panli apostolorum ejus se noverit incursurum. )>
Les tituli étaient bulles sur lacs de soie rouge et jaune, tandis que les mandamenta l'étaient sur cordelettes de chanvre. Ces différences dans la manière de sceller paraissent avoir eu surtout une signification relative à la durée de la valeur des lettres; la soie était l'indice des lettres dont l'effet devait être perpétuel, le chanvre de celles dont la valeur était temporaire. Aussi rencontre-t-on, très exceptionnellement il est vrai, des mandements scellés sur soie^
Certaines particularités paléographiques permettent de reconnaître à première vue les iituli^ alors même que les attaches de la bulle ont disparu. Ils étaient en effet d'une écriture particulièrement élégante et soignée; au début, le nom du pape avait pour initiale une grande lettre ajourée et était écrit entièrement en caractères allongés et parfois fleuris. Chacun des mots par lesquels commençaient l'adresse et le texte avait pour initiale une grande majuscule ; il en était de même des initiales de