‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 414 sur 554 · Berger, Le» regiêlres d'Innocent /K, p. xxxi · texte numérisé non relu

Berger, Le» regiêlres d'Innocent /K, p. xxxi

NAXUEL DE DIPLOMATIQUE. 44

690 LA CHANCELLERIE PONTIFICALE. [Liv. v, Cm. i

chacun des deux membres de la formule : N«//i ergo,.. Si qnis autem... et parfois de quelques autres mots. Les abréviations étaient assez rares et strictement réglées*; celles qui surmontaient les mots étaient exprimées

^ par un signe ayant à ^eu près la forme

tiof b»' Iw^ttî^^Tronv' ^'"'^ ^ ouvert par le bas, et au xiv« siècle

«J '• T7 ^^^'® d'une S. Lorsque dans le corps des

'^' mots se rencontrent les groupes de let-

tres sU cl, ces deux caractères sont écartés et réunis Tun à l autre par une ligature supérieure de la manière indiquée ci-dessus (Og. 57).

Dans les mandamenta, au contraire, récriture est plus courante, Tinitiale du nom du pape est une grande majuscule pleine, et les autres lettres composant le nom du pape ne diffèrent pas de récriture du reste de la teneur; les majuscules ne sont pas mises en relief, les abréviations en interlignes sont exprimées par de simples traits — ; et enfin les groupes «^ ct^ ne sont caractérisés ni par leur écartemcnt ni par une liaison supérieure.

Ces règles niinutieuses que Ton trouve exprimées pour la première fois dans un formulaire de la fin du xni^ siècle* paraissent s'être introduites peu à peu dans les habitudes de la chancellerie pendant la première moitié de ce même siècle. Quelques-unes étaient déjà en usage sous le pontificat d'Innocent 111, d'autres s'y ajoutèrent sous Honorius III (i216- 1227); la plupart furent strictement suivies depuis le pontificat de Grégoire IX (1227-1241), et l'on attacha k leur rigoureuse observation une importance telle que, si une lettre destinée à être buUëe sur chanvre avait été écrite à la manière des tituli, le correcteur n'hésitait pas à faire rectifier par des grattages et des surcharges les abréviations et les ligatures caractéristiques plutôt que de laisser subsister des infractions aux usages".

D'autres règles non moins précises, mais trop nombreuses pour être toutes rapportées ici, étaient communes aux deux classes des petites bulles. Les unes concernaient les abréviations obligatoires, admises et prohibées; c'est ainsi que la salutation apostolique devait être invariablement abrégée de la manière suivante : Sait' et aplicam ben, ; ou encore que l'on n'admettait pas qu'un mot fât représenté par sa seule initiale surmontée d'une lettre unique, comme : g^ = ergo, q* = qui, m' = mihi, etc. D'autres règles indiquaient les qualifications employées dans l'adresse; à un roi : carissimo in Christo filio; à un évêque : venerabili fratri; aux autres fidèles : dilecto filio, etc.; d'autres prescrivaient l'emploi des deux points (..) pour remplaceras noms propres d'évêques, d'ar-

* L. Delisle, Forme des abréviations et des liaisons dans les lettres des papes au xin* siècle, dans DibL de VÉc. des Chartes, t. XLVIII (1887), pp. 121-124. Avec un fac-sim. dans le tirage à pail.

1. Il a été publié par M. L. Delisle, Mém. sur les actes d* Innocent ///, p. 23.

2. L. Delisle, Forme des abréviations et des liaisons, p. 123.

ê 3] TROKIÈME PÉRIODE (H98-1451). 091

chevéques, d*abbés,de doyens, etc.^ D*autres, enfin, déterminaient la disposition de la dernière ligne, qui devait comprendre à tout le moins quatre mots, assez espacés pour Toccuper tout entière.

Sans revenir sur le style en usage à la chancellerie romaine', il suffira de rappeler qu*au xiii« siècle les règles du cunus furent suivies avec la plus grande régularité et qu'elles demeurèrent en vigueur aux siècles suivants'mais appliquées avec une négligence toujours croissante.

Comiîïe précédemment, la date des petites bulles comportait le lieu, le quantième du mois et Tannée du pontificat :

« Datura Rome apud Sanctum Petrum, VI. kalendas junii, pontificatus nostri anuo octavo. »

Il y a lieu de remarquer : i^ que Tindication de Tannée du pontificat est toujours un nombre écrit en toutes lettres, et celle du quantième en chiffre romain ; 2" que la date est exprimée au nom du pape (pontificatus nostri), à la différence de celle des grandes bulles où elle est indiquée sous la forme : pontificatus vero domini N. pp.,, anno,.,.

Le sceau. — Le type de la bulle, fixé depuis le pontificat de Pascal IP, n'a pas subi, sous les papes qui se sont succédé de il98 à 1451, de modifications notables. Les actes émanés de la chancellerie piontificale pendant la période qui séparait Télection de la consécration étaient scellés d'une demi-bulle*, ainsi nommée parce qu'elle ne recevait qu'une seule empreinte, celle où étaient figurés les apôtres. Le peu de difficulté que présentait la contrefaçon du type grossier des bulles donna naissance à un moyen de vérification qui nous est révélé par un auteur du milieu du xin^ siècle, Martin le Polonais, mais qui remonte au moins jusqu'au pontificat d'Innocent HP. 11 consistait à compter les points composant les grenetis dont étaient formés l'encadrement de chacune des faces, les auréoles des apôtres, la barbe et les cheveux de Saint-Pierre •. On doit observer toutefois que le nombre de ces points a varié, non seulement, bien entendu, avec les bulles des différents papes, mais encore avec les différentes matrices gravées successivement sous un même pontificat : la plu-

1. Voy. plus haut, p. 535. Il faut observer cependant que cette l'agio ne fut jamais strictement appliquée.

2 Voy. plus haut. p. 457 et suiv. — 3. Voy. plus haut, p. 680.

i. On trouve employées dans le même sens par les dlploniatistes les expi*essions bulles défectives et bulles blanches.

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