frirf., t. IV, 2« part., p
4 Voy, Je texte de ce doc. dans Mextiox, Doc. relat. aux rapports du clergé avec la royauté, pp. 68-78.
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de telle façon que le plomb fût pendant à l'angle inférieur gauche du cahier fermé. Les plus anciens documents de ce genre que je connaisse remontent aux premières années du pontificat d'Eugène IV.
L*adresse et la Salutation apostolique ont été souvent remplacées dans les constitutions par la formule ad perpeiuam, aeteimam^ onfuturam rei memoriam^ mais d'autres ont Tadresse universis Chrisli fidelibus, suivie de la formule ordinaire de salutation.
L'ancienne formule finale des tituli : Nulli ergo,,, Siquis aulem.., a été employée aussi dans les bulles consistoriales, mais dans le premier terme s'est intercalée une énumération plus ou moins longue de tous les actes implicitement compris dans le document :
(( Nulli ergo oranino hominum liceat hanc paginam nostrae voluntatis, tnnovdtionis, confirmatxoniê, approbationiê, roborationis, dispotitionis, decreli, exequutioniê, mandait^ declaraiioniiy improbationis, annuUationis, cassations el
t;i«/i/tt/t07tt« infringere vel ei ausu temerario contraire. Si quis autcm*.... »
A cette formule s'en sont ajoutées d'autres dont il faut dire quelques mots. Sans parler des clauses injonctives, destinées à assurer Texécution des décisions du Saint-Siège, on rencontre dans certains actes apostoliques des trois derniers siècles une clause dérogative plus ou moins développée et conçue assez souvent en ces termes :
« Non obstantibus constitulionibus et ordinationibus apostolicis, privilegiis quoque et iudultis sub quacumque verborum forma, quomodolibet in contrarium concessis, confirmatis et iteratis vicibiis innovatis, praetensis consucludinibus, sive potius corruptelis, contra omne jus fasque quomodolibet introductis, quas per praesentes improbarous, annullamus, cassamus atque irritamus, caeta*isque contrariis quibuscumque*. »
Cette clause est l'une de celles qui, en vertu du droit de plactt^ n'étaient pas admises en France, comme contraires aux maximes de l'Église gallicane ^
D'autres formules finales annoncent de quelle manière la bulle devait être publiée; le mode de publication le plus solennel était la lecture publique par des courriers apostoliques (cursores curiae), devant certaines églises, et Taffichage au champ de Flore (in acie Campi Florae), aux portes des églises de Latran, de Saint-Pierre, de Sainte-Marie-Majeure et de la chancellerie apostolique.
Souvent enfin on trouve parmi les clauses finales la mention que même foi doit être ajoutée à la copie authentique, manuscrite ou imprimée, qu à l'original :
a Volumus autem ut earumdem praesentium transumptis etiara impressis, manu alicujus notarii publici subscriptis et sigillo personae in dignitate école-
1 . Formule finale de la bulle citée dans la note précédente.
2. J'emprunte cette formule à la même bulle que la précédente.
5. Dés 1253, Robert Grosseteste, év. de Lincoln, se serait élevé contre l'admission d'une clause de ce genre dans une bulle d'Innocent IV (Nouv, traité de diplom., t. V, p. 510, n.).
LA CHANCELmUE POMIFICALE. [Ijv. v, Ch.
La diilt! des buDes a, comme le formulaire (tu teitc. subi quelques iimovalions. Depuis 1445 la date de l'année de l'Incarnation, toujours exprimée en toutes lettres, y ligura comme élément chronologique, aussi liien dans les petites bulles que dans les grandes. Eugène IV avait décidé, en 1440, qu'elle devrait être calculée désormais à partir du 25 décembre, mais cette décision demeura lettre moHe, et jusqu'au pontificat d'Innocent XII (1691-1700) ce l\it le style du 25 mars qui, sauf exception, demeura eu usage pour dater les bulles. Le terme du 1" janvier fut alors adopté. La formule de date des grandes bulles ne fut plus différente de celle des petites bulles; elle cessa d'être donnée a par la main du cardinal vice-chancelier » et ne comprit plus que le lieu, l'an de l'incarnation, le quantième à la romaine et l'année du pontificat :
< Datnm Romae apiid Sanctam Harinm ni^orem, anno incarnstionis dominicae millesimo sexœnlesimo ocluageâimo septirao, quarto idus maii, ponlificalus noslri anno decimo'. »
L'écriture des bulles fut profondément modifiée sous le pontiUcat de Clément Vil! (1592-1605); on y employa depuis lors l'écrilure connue sous le nom de bollalica ou de lillera Sancli PelW qui atteignit son plein développement sous Alexandre Vil (16&9-1691]. Cette laide écriture, spéciale aux bulles apostoliques, est demeurée en usage jusqu'au 29 décembre 1878, date de son abolition par un motu proprio de Léon XIII, Elle était si difficilement lisible que la chancellerie romaine avait pris l'habitude de joindre aus bulles qu'elle expédiait une copie {Irantsumptum) en écriture ordinaire.
Le type de la bulle de plomb, fixé sous le pontificat de Pascal IIS s'est pcrpélué, comme on t'a déjà dit, jusqu'à nos jours\ Il serait trop long d'érmmérer ici les particularités des bulles de chaque pape : variétés dans la disposition des lettres ou addition de motifs accessoires à la
I. Cette clause est empruntée a la méine bulle que les précédeules, — Les auteurs Ju iVoup. traité de diptom. ((. V, p. 31U) si^ialeiit celte clause pour la premii^re fais, sauf, bien entendu, la meiilion de l'imprimé, dans une bulle de 1433. a. C'est la ilale de la bulle à laquelle sont cniprunlces les prccédcnles roimulcs. 3. Voy. plus haut, p. 5t0. — C'est b tort que Harini en faisait remonter l'origine jusqu'au pontilicat d'Adi-ien VI (t522-1535): voy. C. Pieu, La teritluFa délie MU poiilificU, dans Ila4ifgtia teUimanaU, I. lit (1879), pp. 152-153. et Wittexsaci, £Jh- Uitaag sur latrin. Palaeograpliie. i" M. (1886), p. îl,— Voici l'iudiwtion de quelques rac-«iniilés de celte écriture. Bulles d'Urbain VIII de iOiO, dtnn Jl^tiim, EtcueU paleogr., p. «5, pi. LIV. n- 1 : — de Clément K. de 1673, rtW., n-S; — dlmioceiit XI, de lOW». Ibid.,p. 414, pi. LV,u- 3; — de Benoit Mil. de ili5, Rec. de fae-rim. à lot. de V École dit Charlet. n> 70; de Benoit \IV, de i'iài, Chissim, PaUographU, pi. IX. us haut, p. 680.
(S papes cependant oui eu des bulles d'un autre ijpe, Paul 11 s'est fait repi'éint audience, assis sur un Ii'ûne cl enlouré de cardinaux (Docët a'Ahvq. w, n* 6079; reprod. Bec. de fae-tim. à l'm. de l'École det Charte*, n' 219, de 1«8).
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représentation principale. L'inlluenco de la Renaissance se manifesta sous le pontificat de Sixte IV (1471-1484); les têtes des apôtres furent dès lors mieux rendues, et ce type amélioré demeura en usage jusqu'à Pie VII, qui revint au type archaïque. Les lacs de soie blanche remplacèrent assez souvent, depuis le xvi« siècle, les lacs de couleur jaune et rouge pour les bulles à effet perpétuel. La nécessité d'accommoder la transmission des actes apostoliques aux conditions des administrations postales a conduit Léon Xlll à substituer, dans la plupart des bulles, au sceau de plomb un timbre à Tencre rouge représentant les têtes des apôtres avec le nom du pape régnant en légende; les bulles proprement dites ont été réservées aux érections, collations, suppressions ou démembrements des bénéfices majeurs ainsi qu'aux actes d'une solennité exceptionnelle (Molu proprio du 29 déc. 1878). Exceptionnellement, certaines bulles de cette période ont été scellées en or sur attaches composées de fils d'or et d'argent'. On a signalé comme telles la concession par Léon X à Henri VIII, en 1521 , du titre de défenseur de la foi, la bulle promulguée par Clément VII ù l'occasion du couronnement de Charles-Quint à Bologne en 1550, l'érection en patriarcat de Tarchevêché de Lisbonne par Clément XI en 1716. La règle moderne parait avoir été de sceller ainsi les bulles adressées aux fils, frères et neveux des souverains, sauf en cas de dispenses matrimoniales*. C'est ainsi que Pie VII a bulle en or, en 1819, la promotion à l'archevêché d'Olmutz de l'archiduc Joseph Renier, frère de l'empereur François I".
Une particularité caractéristique des bulles de cette période, surtout depuis le xvi<^ siècle, est la multiplication toujours croissante des signatures, notes, marques et certificats, disposés au bas de la teneur sous et sur le replL ainsi qu'au dos des documents. Toutes ces mentions, qui témoignent de la complication de l'administration romaine, marquent les nombreuses étapes traversées par les bulles depuis la chancellerie jusqu'au moment où elles pai*venaient à leur destinataire, et peuvent être éventuellement utiles à la critique, mais il serait difficile d'en rendre compte sans connaître dans tous leurs détails les rouages multipliés et compliqués comme à plaisir de cette administration. Or, elle s'est toujours plu à entourer son travail d'obscurité et de mystère, à ce point que les Bénédictins auteurs du Nouveau Traité de diplomatique ^ auxquels leur caractère religieux semblait devoir faciliter des informations sûres, ont dû ârvoir recours pour se renseigner à une sorte de pamphlet contre la cour de Rome publié en Hollande par un ecclésiastique défroqué converti au
1. Déjà à la fin du xiit" siècle Conrad de Mure mentionnait les bulles d'or des papes : voyez plus haut, p. 054. Mais on n en connaît pas de cette époque. Cf. Bresslau, Handbuch der Urkundenlehre^ t. I, p. 939.
2. F. Pmuppi, Einepàpstliche Goldbulle {d9m Mitikeil. des Instit. f. oesterr. Geschichtsforschung, t. XIV, 1893, p. 126), décrit une bulle d'or des archives d'État de Munster, du 27 sept. 1780, en faveur du fils de l'impératrice Marie-Thérèse, Maximilien François, nommé coadjuteur dans Tévéché de Munster de l'électeur Maximilien Frédéric de Cologne.
cm LA CHANCELLERIE PONTIFICALE. [Ijv. v, Ch i
protesliiiiUsme'. Pour suivre les concessions de « grâces » à travers toutes les mains qui y ont laissé des marques, il faudrait se livi'er à un véritable travail de reconstitution de l'ianombrable' p(!i'sonriet de prélalure qui vivait du prix dont les fidèles payaient les faveurs de la cour romaine. Ce travail serait certes intéressant, mais ii est en dehors dii cadre de cet ouvrage, et l'on devra s'y borner à quelques eiplications sommaires.
Au l)as et à gauche de l'acte, sous le repli, se voit souvent un chiffre romain qui indique lu taxe de chancellerie ; il est remplacé dans certaines bulles par la mention : Gralia de mandaio domini notlri papae. ou Gratis pro Deo. Les grandes lettres L {lectum) et C {carreclum) suivies de signatures, sont dus certificats de revisions. La mention d'enregistrement : fi** apud me N., — Registrala in caméra apostotica, — in tecretaria brevium. Souvent un R de très grande dimension accompagné de renvoi au chapitre ou au folio du registre a été (racé au dos de la pièce, ainsi qu'un nom, une initiale ou une marque indiquant peut-être l'intermi^diaire accrédité en cour, par les soins duquel le document devait parvenir à son destinataire.
Sur le i-epli à droile se trouve une signature en grands caractères qui paraît avoir été celle de l'abréviateur chargé de l'expédilion. Elle est parfois précédée de mentions telles que Duplicata, — Duplicata, ItegiiU-ata gratif, — De curia, et dans ce dernier cas il n'y a pas de mention de taxe sous le repli.
Depuis le xvi° siècle les bulles reçurent le contre-seing du cardinal prodataire. chef du tribunal de la dalerie organisé depuis la fm du W siècle et chargé de tout ce qui concerne les n grâces t. Il s'y joint souvent le visa du régent de la chancellerie apostolique, fonctionnaire .subordonné au cardinal vice-chancelier, et d'autres signatures, celles par exemple d'abré via leurs du grand parquet, employés chargés de l'expédition et de la coUalion des bulles.
Celles des bulles qui devaient être l'objet d'une publication portent un certificat daté et signé des courtiers ou du maitre des courriers (magitler cunorum) attestant que cette publication a été faite'.
Depuis le dernier quart du ivii° siècle, la plupart des bulles qui ont reçu leur exécution en France sont revêtues au dos de certificats d'authenticité en latin et en français, émanés de deux n expéditionnaires de cour de Rome n . Pour solliciter auprès de la datei ie et de la chancellerie, rédiger les suppliques, traiter avec la componende, acquitter les taxes et recevoir les actes, il était depuis longtemps d'usage de s'adresser à des intermédiaires établis dans les divers pays de la chrétienté et ayant des agents acrédités auprès de la cour pontificale. Les négociants italiens chargés d'encaisser les revenus du Saint-Siège (mercalorei camerae, —
1. C'est le TabUaa de ta cour de Home de J. Aiiox, cité plus haut, p. Q91. S. Voy. pur exemple un certificat de ce genre k la fin de la bulle mneam domini (10 juillet 1705). L. Meitio:!, Doc, retat. aux rapporli du clergé avec la royauté, p. 174.