‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 418 sur 554 · Voy. plus haut, p · texte numérisé non relu

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700 LA CHANCELLERIE PONTIFICALE. [Liv. v, Ch i

par une inscription placée on tête de la pièce en manière de titre et comprenant le nom du pape, accompagne de son titre de pape en abi^gè, et suivi du nombre, exprimé en chiffres romains, qui indique son rang parmi les papes du môme nom, par exemple :

EcGE.Mus ppI inl.

Cette suscription fut, depuis le xvi« siècle, toujours tracée en lettres capitales.

A la suite de cette suscription, le pape apostrophe le destinataire au vocatif, sans le désigner par son nom ni par son titre, mais seulement par la qualification à. laquelle son rang lui donnait droit : Dilecle fili, — Carissime in Christo fili, — Venerabilis frater in Domino^ etc. Excoptionnellement, et notamment sous Nicolas Y, ces expressions furent mises au datif en forme d*adresse. Cette qualification est suivie de la formule : salutem el apostolicam benedictionem. Dans les brefs ayant le caractère de constitutions et devant avoir un effet perpétuel, l'apostrophe et la salutation apostolique étaient remplacées par la formule : ad peiyetuam rei memoriam*.

Le texte se compose d'un exposé et d*un dispositif, souvent enchevêtrés, et peut se terminer par des formules fmales, telles que des clauses injonclives, prescrivant par exemple, lorsquH y avait lieu, le mode de publication. La date, comprenant Tannonce du sceau, suit immédiatement la teneur sous cette forme :

m Datum Romae apud Sanctum Petrum, sub annulo Piscatoris*, die Y. marùi M.D. LXXXXL, pont, nri anno primo'. »

Il y a lieu d'observer que dans les dates des brefs les quantièmes des mois furent exprimés à la manière moderne, que les années de Vëve chrétienne, énoncées par le seul millésime, furent, à la différence de ce qui avait lieu pour les bulles, calculées d'après le style de Noël, et enfin que ces nombres furent communément écrits en chiffres romains, tandis que celui qui indique Tannée du pontificat fut toujours en toutes lettres.

Les brefs furent ordinairement contresignés, au-dessous et à droite de la teneur, par le cardinal secrétaire des brefs: ils peuvent éventuellement porter un certificat de publication et d'affichage du courrier, attesté par le maître des courriers.

La pièce, toujoui*s d'un vélin très blanc et très fin, écrite en italique élégante, était pliée plusieurs fois sur elle-même en longueur et en

i . C'est le cas par exemple dans le Bi*ef d'Innocent XII, du 12 mars 1609, condamnant les Maximes des Saints de Fénelon (L. ÎIestiox, Doc. relat. aux rapports du clergé avec la royauté de 1682 à 1705, p. 145).

2. La formule était, sous Eugène IV : suh annulo nostro secreto ; sous Félix V : 9ub annulo piscatoris. C'est cette dernière qui a depuis prévalu.

3. J'empnmte cet exemple de date à un bref de Grégoire XIV, du 5 mars 1591, adressé aux consuls et échevins de Lyon (Arch. mun. de Lyon, AÀ68).

§ i] BREFS; SIGNATURES EN COUR DE ROME. 701

liirgeur de manière à former un paquet assez étroit, dont l'un des côtés recevjiit l'adresse au datif, par exemple :

« Uilectis filiisconsulibuset scabiuis civitniis Lugdunensis'. n

L'iiutre côté recevait l'empreinte sur cire rouge de l'anneau du pêcheur garni d'un torlil de parchemin disposé de manière à entourer la pièce et à la maintenir fermée. Comme, en ouvrant le bref, on en brisait ordinaii-emenl .^>.-~' If cachet, il nous est parvenu très peu d'empreintes intactes; nous donnons la reproduction du sceau ilun bref adressé par l'rbain

le 22 avril 1621», â la reine

Hg. 38.

Henriette d'Angleterre' (fig. 38).

Au sceau plaqué en cire, Grégoire XVI a substitué, en 1843, une empreinte à l'encre rouge de représentation analogue.

Depuis l'époque où ils apparaissent, les brefs n'ont cessé de se multiplier, et l'extension de leur emploi a beaucoup restreinll'usage des bulles; ils ont remplacé presque complètement les mandamenta. La papauté s'est servie des brefs notamment pour la correspondance politique et pour toutes les affaires toucbani à la discipline ecclésiastique. Pour n'en citer qu'un oiemple, c'est par bref du 29 septembre 1850 que Pic IX a rétabli en Angleterre la biérarcliie de l'Église catholique.

Les signatdbgs de cour de Rome. — Pour hâter l'eupédilion des affaires et spécialement des « grâces » , que r.abus sans cesse croissant des réserves apostoliques ne cessait de multiplier, pour éviter aussi, dans certains cas, aux concessionnaires, les frais de bulles plombées, on imagina, vers le dernier quart du xv* siècle, un expédient qui, en supprimant une partie des formalités nombreuses auxquelles était soumise la concession d'un acte gracieux, amena la création d'une catégorie nouvelle de documents: les tignalurei en cour de Rome, nommées parfois aussi lettres latinet.

Pour faire bien comprendre ce qu'étaient les actes de ce genre, il est nécessaire d'expliquer, au moins sommaii-ement, comment la cour de Rome procédait pour dispenser les faveurs dont elle avait la disposition.

La supplique, reçue h la daterie et reconnue valable, était mise par les bureaux in stylo curiae, c'est-Ji-dire rédigée de nouveau en forme de minute, sur papier, avec l'indication des clauses qui devaient accompagner la concession de la faveur demandée; elle était ensuite soumise sous cette forme à l'audience du pape, qui, pour accueillir la requête, ajoutait

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de sa main au-dessous de hi teneur les mots (iat ut petilur, auxquels il joignait, en manière de t signului'e », l'initiale de son nom de baptême ou, s'il était régulier, l'initiale de son nom de profession. Pour des faveurs de moindre importance, telles que certaines dispenses. Ir pape déléguait la signature <i un prêtai, préfel de la signature, qui dans ce cas •écrivait au bas de la supplique : conceuum tU iietilur ia presentia domini notlri papae. I,a dale était ensuite ajoutée au-dessous de celte approbation par les soins de la daterie.

Au lieu que la supplique ainsi approuvée fAt transmise dans tous les cas à la chancellerie pour être mise en fonne de bulle, on prit l'habitude, pour certaines provisions de bénéfices, grâces, faveurs ou dispenses, pour lesquelles elle fut réputée suflisante, de la délivrer telle quelle au concessionnaire.

On peut donc définir la signature de Cour de Itome un rescrit sur papier, dépourvu de sceau, contenant une supplique commençant par les mota: Bealmime paler, suivie de la concession de la grâce sous l'une des formes indiquées ci-dessus et terminée par une date '.Cette dale comprend le lieu, le quantième à la romaine et l'année du pontificat exprimée simplement par un nombre sans la spécification ponli/tcatut. En voici un exemple : Dot. Rome apud satictum Pelrum, t/uarto id. junit, anno primo'. On voit qu'il peut être souvent difficile de déterminer la date d'un document de ce genre, puisqu'il y manque l'année de l'ère chrétienne elque-le nom du pape n'est indiqué que par la lettre initiale de son nom de baptême ou de son nom de profession. On pourrait facilement, il est vrai, dresser une liste alphabétique de ces noms, qui, rapprochés des indications de la teneui' et du caractère de l'écriture, permettraient presque toujours d'arriver à une solution.

Les premiers documents de ce genre que l'on ait signalés ne sont pas antérieurs au poijtificatdeSiïtelV {l-iTl-l 484), Depuis cette époque ils se sont beaucoup multipliés; les derniers papes ont parfois remplacé l'ancienne formule d'approbation par : annuimui, — annuimus progralia, et signé de leur nom accompagné de leur titre et de leur rang numérique.

Les Motu pnopnio^ — Depuis le pontificat d'Innocent V1I1 (1484-1493), • une nouvelle espèce d'actes pontificaux s'est ajoutée aux précédentes. Ces

1. Voy. comme eicmplede iignaturc en cour de Home, Fac-tim. H Cutagede CEcole de* Charin, n* 67. A une demande de réduction de fondations des Célcslins de France, le pape souscrit de sa main en ces termes : Fiai ul petUur super quibui rorum cou- KÛntiiu onrramni. f. Cette dernière tetli-e est l'initiale de FraïKitcu», prénom du pape Sixte IV, Fi-ancesco d'Albescola de la Ravere. Et comme on avait ajouté A la supplique une clause, qui avait été omise, le pape ajouta à son tour i la suite : Fiat ut tu/ira. f.

3. C'est là dale de la signature citée à la note précédente; elle correspond au 10 juin 147!.

3. Je crois devoir prévonir le lecleur, à propos de celle caléporie d'actes, qu'il ne m'a pas été possible de faire d'observations sur les originau» ; je n'en ai pas rencontra daiis les archives que j'ai explorées J'ai dil me contenter des leites publiés el des obwrrations des diptomalislcs.

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