LES PREMIERS CAPÉTIENS
Le seul signe de validation commun à tous les diplômes capétiens est le sceau ; c'est toujours un sceau plaqué en cire, placé le plus souvent au bas et à droite de l'acte, mais quelquefois aussi à gauche ou au milieu. Ceux de Hugues Gapet et de Robert représentaient, on se le rappelle, le roi à mi-corps, représentation à laquelle se substitue sous Henri I^' le type de majesté ^
C'était une vieille tradition que de terminer les diplômes par la date, et bon nombre de diplômes des premiers Capétiens sont encore revêtus d'une date qui forme, tout au bas de Tacte, une ligne séparée de la teneur par les souscriptions et le sceau. Mais la date ne garde pas toujours cette place; elle tend à venir s'intercaler immédiatement après la teneur, avant les souscriptions, ce qui deviendra la règle à Fépoque suivante. La date semble avoir été la partie la plus négligée du diplôme du xi<^ siècle. Environ un cinquième de ces documents en sont dépourvus ou ne portent qu'une indication de lieu; et, dans ceux qui sont datés, le style s*est profondément altéré. Dans leur goût des singularités, les rédacteurs n*ont plus observé Tancienne distinction des dates de lieu et de temps; tantôt ils ont écrit la date en une seule teneur et tantôt ils l'ont divisée en plusieurs parties placées à des endroits différents.
Quant aux éléments chronologiques de ces dates, il n'y a pas eu davantage de règles, ni pour les déterminer, ni pour les calculer. Le quantième du mois, exprimé d'après le calendrier romain, se rencontre dans beaucoup de diplômes. L'an du règne y est fréquent; Hugues Capet y ajoute, après avoir associé à la couronne, le 25 décembre 987, son fils Robert, l'année du règne de celui-ci. On est contraint d'admettre que la manière de calculer cette date de l'an «du règne devait être abandonnée à l'arbitraire des rédacteurs des diplômes, qui variaient dans le choix des points de départ et souvent commettaient des erreurs de calcul *.
L'année de l'incarnation est indiquée dans la moitié environ des diplômes datés de cette époque ; mais, malgré le nombre relativement considérable des documents où se trouve cet élément chronologique, il parait bien difficile de discerner, au milieu des nombreuses erreurs de compte» comment il était calculé. Il semble bien que l'ancien usage de faire commencer Tannée à la Noël avait été abandonné ; M. Piister a pu établir des présomptions que dans les diplômes de Robert on avait adopté le terme du i""^ mars, et il semble que plus tard on y ait substitué le terme de l'Annonciation, mais rien de certain n'a été établi jusqu'à présent, et peutêtre sera-t-on conduit à croire que, suivant la provenance des diplômes, on y trouve des calculs différents'.