Voj. plus haut, p
2. Voy. par ei. un acte de Henri I> du 14 mai 1049, pour St-ïédard Fac-sim. dans CuAipOLciaH, Charla latine», !■ et 5' fasc, n° 10.
tiaut, p. 040.
g 3] LES PREMIERS CAPÉTIENS (987-1188). 7ii
temps se trahit tellement jusque dans les moindres phrases, et, d'autre part, les habitudes des époques suivantes en matière de rédaction d'actes publics ont été si différentes, que les faussaires n'ont jamais réussi à imiter le style si caractéristique du xi« siècle, et il est relativement facile de ne pas se laisser prendre aux contrefaçons.
En dehors des diplômes royaux proprement dits, il n'est pas hors de propos de mentionner ici certains actes dans lesquels l'intervention du roi se manifeste par des additions qu'il faut rattacher à l'étude de la diplotnatique royale.
11 est arrivé que des étabhssements ecclésiastiques, des seigneurs ou des particuliers, au lieu de demander à la chancellerie royale un diplôme confirmatif, soit des actes qu'ils faisaient, soit de leurs titres et privilèges, ou une ratification spéciale de leurs conventions, se sont contentés de produire à la chancellerie l'acte à confirmer, sur lequel on ajoutait une mention de confirmation accompagnée des signes qui servaient à la validation des diplômes royaux. Les premiers exemples de ce mode de procéder sont fort anciens : les rois d'Angleterre, dès le vn« siècle, confirmaient ainsi des donations pieuses*; on en pourrait citer en Franco quelques rares exemples, d'authenticité plus ou moins sûre, pour les monarques carolingiens. L'usage parait s'en être répandu au déclin du x^ siècle, et il semble qu'il faille le rattacher aux relations féodales. C'est ainsi que nous voyons Hugues Capet, alors duc des Francs, confirmer certaines donations pieuses par l 'apposition d'une croix autographe au bas de l'acte, en manière de signum*.
Les Capétiens firent sur le trône, pour l'exercice de l'autorité royale, ce qu'ils avaient fait comme suzerains. Depuis le régne du roi Robert particulièrement, l'usage des additions confirmatives royales au bas des actes privés parait avoir été fort répandu. Comme tout ce qui s'écrivait dans les chancelleries de l'époque, celles-ci avaient des formes extrêmement variables. Tantôt elles étaient mentionnées dans les clauses finales des chartes et tantôt figuraient au bas des pièces sans annonce préalable. Tantôt elles étaient composées d'une formule de confirmation et de tous les signes de validation des diplômes royaux, souscription du roi, monogramme, croix autographe, souscription de chancellerie, souscriptions de témoins, sceau royal; tantôt, iu contraire, elles consistaient simplement en un ou plusieurs de ces signes de validation'.
\. Facsim, ofancient Charters in ihe Brit. Mtu.y ï, n"2, 3, 16; II, n" 1, 2, 9», elc.
2. 067. mars. Donation à St<Julien de Tours d'un aleu dans le Haine au bas duquel est la souscription : Signum sancte (croix aulogr.) crucis domni Hugonii Francortim ducis (Fac'iim. à Vus. de V Ecole des Chartes, n" 269). — 971, février. Donation par l'évéque du Mans, Sigefroi, à la même abbaye. Mention dans les clauses iinalcs : « Seniori nostro domno scilicet Ilugoni et flliis ejus necnon principibus fidelium ipsoinim c sub signe sancte crucis corroborare precati sumus. » £t au bas de l'acte : Signum (croix autogr.) domni Hugonis comitiê. [Ibid., n* 270)
5. Une donation à Marmoutier par Thibaut, comte de Champagne (1057-1042), est revêtue d'une addition confirmât! ve du roi Henri I*' qui consiste dans une formule de sou^
742 SOUVERAINS DE LA FRANCE. [Liv. v. Cm. ii
M. Pflsier a compris avec raison dans son catalogue des actes du roi Robert celles de ces additions confirmatives qu'il a pu connaître*. L*usage s'en est continué sous Henri I*^ et Philippe I*^, mais ne parait pas avoir persisté au delà ; du moins n'en cite-t-on plus, à partir du xu* siècle, que des exemples très rares qui rentrent dans les singularités dont la doctrine générale ne peut tenir compte.