‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 45 sur 554 · Voy. plue loin, p. tOO, xi. I · texte numérisé non relu

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I i;. COMMENCEMENT DE l/ANNÉE. 109

2i on 22 septembre (Équinoxe d'automne), — L*aniiéc a conilœDCé à cette époque en France de 1795 à 1805, sous le régime du Cakndrier républicain, dont il est traité dans un chapitre spécial.

25 décembre (Style de la Nalivité), — Ce point de départ de Tannée semble avoir été très anciennement employé, et il a été très répandu au moyen âge. Dans un document daté d'après ce style, par exemple du S6 décembre 1102, la date ramenée au slvie moderne sera 26 décembre 1101. En commençant Tannée à la Noël, on la commençait donc sept jours plus tût que nous. A en croire un formulaire de Téglise de Cantor^ bénr de la fîn du xni' siècle, la formule Anno Domini a Nativitate devrait indiquer dans les dates Temploi du style de Noël ; mais il ne semble pas, en fait* que les rédacteurs des chartes aient pris le soin de spécifier ainsi par la fonnule le comput qu'ils employaient*. Les années sont romptées â partir de Noèl dans nombre d'actes datés de Tan de l'Incarnation, de Tan de grâce, etc.; mais peut-être la réciproque est-elle moins vraie, et je ne sais si Ton pourrait trouver beaucoup d'exemples de Temploi d'un style autre que celui de Noël sous la formule Anno a Nativitate.

Le style de Noël a été d'un usage général à Home, dans la chancellerie pontificale, en Italie et dans TEmpire, depuis le ix"" siècle jusqu'au xni^'; dans beaucoup de pays de l'Allemagne il persista même jusqu'à la i^econde moitié du xvr siècle. En Angleterre et en Irlande, il semble qu'il ait été importé avec l'ère chrétienne, c'est-à-dire au vii* siècle : il fut suivi à l^exclusion de tout autre en Angleterre, jusqu'à l'époque de la conquête normande; il y est fréquent encore depuis 1066 jusqu'au milieu du xu* siècle, et Ton en trouve d'assez nombreux exemples jusqu'à la fin du xur.

En France, ce système de compter les années a été également très répandu jusqu'au milieu du xvi« siècle ; on le trouve en Provence du xi« au xui« siècle; à Avignon, au xni'; en Languedoc et notamment à Narbonne, au xui* et au xiv® siècle; dans le pays de Foix« au xii*' et au xuf siècle; en Roussillon, depuis 1350. C'était le style de l'Anjou dès Tan mille, et celui du Vendômois au xi** siècle ; on le retrouve dans tous les domaines des Plantagenets et, plus tard, dans tous les pays de domination anglaise : Nonnandie, Guyenne, Anjou et Poitou, jusqu'à Tépoque de la réunion à la couronne de France. En Dauphiné on en constate l'usage depuis 1292; il y devint par la suite de plus en plus fréquent et se sub-

i. L'auteur de ce formulaire (Bibl. nal., ms. nouv. scq. lat. 428, fol. 5) pamit en convenir lui-même et vouloir plutôt prescrire une règle pour l'avenir que constater un usage : < Anno Domini a Nativitaie dicitur, ad diffei'entiam illorum qui incipiunt « annos Domini €tb Incamatione. Unde in terris ubi consuetudo est incipere annos

• Domini ab Incamatione, non débet scriba dicere : Anno Domini a Nalivilaie, sed :

* Anno Domini ab Incamatione^ ut servent consuetudinem sue terre ». (L. Delisle, f^Ucdionê de H. J. Dcênoyerê. Catalogue des manuscrits anciens et des chartesi Paris, ^W8, in^, n* xvni).

ilO COMMENCEMENT DE L ANNÉE. [Liv. ii, Cmap. ii,

stitua si complélement au style du 25 mars, antérieurement employé, qu*il fut parfois nommé style Delphinal, pour lopposer au style de France (Pâques). Au centre même des possessions des rois de France, on le voit en vigueur à Boissons au xin« siècle.

Le terme du 25 décembre se substitua à celui du i^** janvier dans les royaumes de la péninsule espagnole au xiv^ et au xv siècle : en Aragon en 1550, en Castille en 1584, en Portugal en 1425, et dura dans ces deux pays jusqu'au xvi« siècle.

On le trouve encore employé en Hongrie, à Chypre sous les Lusignan, dans les Pays-Bas (Gueidre, Frise, Dordrecht) et en Danemark avant 1559.

Il faut toutefois observer que, dans la plupart de ces pays, et sauf mention expresse, Tusage du style de Noël ne fut pas exclusif, et que, comme on le verra, d*autres systèmes furent concurremment employés.

P&ques {Style de France). — L'usage de commencer Tannée à Pâques a été des plus répandus au moyen âge, en France surtout, et pourtant c'est de tous le plus iri*ationnel, puisque, Pâques étant une fête mobile qui pouvait varier de 55 jours, telle année pouvait compter plus de 15 mois et telle autre 11 seulement. Pour tous les autres points de départ de Tannée, qui sont des termes fixes, il suffit d*étre certain de leur emploi pour ramener aussitôt à notre style une date quelconque; mais, dans le cas d'emploi du style de Pâques, pour savoir si le millésime d'une date comprise entre les limites où peut échoir cette solennité doit être ou non augmenté d'une unité, il faut préalablement rechercher à quelle époque a été célébrée la Pâque dans les années en question.

On trouvera plus loin (p. 141) l'exposé des règles suivies au moyen âge pour la fixation de la fête de Pâques et l'indication des procédés imaginés par les computistes pour en déterminer la date ; ii suffira de dire ici que la célébration de la Pâque peut avoir lieu au plus tôt le 22 mars et au plus tard le 25 avril.

En planant la fête de Pâques comme point de départ de Tannée, on avait donc des années qui variaient entre 550 et 400 jours ; telles années pouvaient comprendre deux fois les 10 derniers jours de mars et les 24 premiers jours du mois d'avril ; telles autres être dépouvues de la fm du mois de mars et de presque tout le mois d'avril. C'est ainsi que Pâques étant tombé en 1256 le 50 mars et en 1257 ie 19 avril. Tannée 1256, calculée d'après ie style de Pâques, a commencé le 50 mars 1256, pour ne se terminer que ie 18 avril 1257. Les rédacteurs de chartes, lorsqu'ils étaient soigneux, prenaient, dans des cas analogues, la précaution d'ajouter la mention « avant Pâques » aux dates des quantièmes de mars et d'avril, lorsqu'ils avaient déjà existé au commencement de la même année, et donnaient ainsi à leurs dates une précision suffisante ; malheureusement, cet usage n'a pas été universellement observé, et alors, si d'autres éléments ne peimettent pas de déterminer le millésime, on se trouve dans la nécessité de le laisser indécis. — Au contraire, Pâques

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