‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 46 sur 554 · COMMENCEMENT DE L'ANNÉE. IH · texte numérisé non relu

COMMENCEMENT DE L'ANNÉE. IH

étant tombé le 24 avril en i261 et le 9 du môme mois en 1262, Tannée 126i, en style pascal, a commencé le 24 avril 1261 pour se terminer dès le 8 avril 1262 : elle n'a donc compté que 350 jours et n'a pas compris les quantièmes du 9 au 23 avril. Un acte émané d une chancellerie réputée pour avoir suivi le style de Pâques devrait donc être l'objet d'une suspicion légitime, s'il était daté du 15 avril 1261. Réciproquement, cette date, donnée à un acte authentique d'une chancellerie dont on ignorerait les usages chronologiques, témoignerait qu'on n'y employait pas le style de Pâques.

n est à obsener que ce ne fut pas toujours et partout le jour même de la célébration de la Pâque qui fut considéré comme le premier jour de l'année, mais plus fréquemment la veille, le samedi saints jour auquel on suspendait au cierge pascal qu'on allumait une pancarte {îabelia pcucalisy litulus cerei pascalù) donnant l'indication du nouveau millésime et im plus ou moins grand nombre d'autres renseignements chronologiques se rapportant à la nouvelle année '. D'autres fois, mais plus rarement, ce ne fut que le lendemain de la fête, le lundi de Pâques, que l'on changea le millésime '.

Les formules des dates, calculées en prenant Pâques pour terme initial de Tannée, sont généralement les mêmes que pour les autres styles : le millésime y est annoncé par les expressions ordinaires : an de V IncarnaiioUy an du Seigneur ^ an de grâce, etc. On trouve bien quelques documents dans les dates desquels Tannée est indiquée par les mots : anno a Resurreclione, ou même a Paschate; dans quelques autres on spécifie qu'il est fait emploi du style de France (mos Gallicanus), mais ce sont là des exemples rares, et souvent même cette spécification doit être l'indice que le style de Pâques n'était pas Tusage le plus ordinaire.

L usage de faire commencer Tannée à Pâques remonte à une époque très ancienne : il existait en Flandre dès le ix« siècle; on le trouve en Bèam dès la fin du xi«. II fut suivi par la chancellerie des rois de France, probablement dès le règne de Louis VI, sinon auparavant, et devint par excellence le style français. Du xn*" au xiv^ siècle, il se propagea peu à peu dans les diverses provinces du royaume, et fut, depuis cette époque, d*un usage à peu près général en France jusqu'à Tédit de Paris (1564). Il se propagea même hors de France, en Lorraine, à Cologne, à Liège et dans la plupart des pays compris dans les royaumes actuels de Belgique et de Hollande^.

i. Par exemple à Amiens et à Péronne au xiii* siècle. Yoy. VArt de vérif, les datet, éd. îii-8, t. I. Dissertation sur Us dates, p. 14.

% Cet usage est antérieur à l'an 1000; voy. A. Bernard, Sur quelques indicatiwts rkrmfoioffiques en usage au moyen âge, dans les Mém. de la Soc. des antiq. de France, U IXH (1853).

3. Par exemple à Paris en 1313, s'il faut en croire la mention suivante d'un registre de la Cour des monnaies : c ... jusques au samedi veille de Pasques l'an CGGXIIi dont c riDcamation se mua le lundi ensuivant ». (Arch. naU, Z», 361.)

4. Dans sa thèse inUtulée : La politique extérieure de Philippe le Bel, M. Frantz

CUMMK-NCKMKNT 1»K L'ANNKK.

2. -- tlaagei doB différants paya pour lo oommanoement de l'année.

Après ces brèves intiii-ntions sui' chacun des lernics qui ont scni de [lointa de départ au commencement de l'année, il a semblé ïndispensible de classer par pays les renseignements iju'il a été possible de réunir sur les usages particuliers suivis à cet égard aux diverses époques dans chacun d'eux.

Ces rensetgneuuints ont été puisî's à dos sources diverses : les uns sont le résultat d'observations faites directement sur les documents, d'autres sont les témoignages mêmes de contemporains : ce sont les plus sûrs; A défaut de ceux-là, d'autres ont dû étreemprunlésâdcsauteurs qui n'ont pastoujours justifié suffisamment leurs allégations; dans ce dcniier cas ils ont seulement la valeur de présomptions.

Afin de mettre le chercheur en état de se prononcer sur l'autorité de chacun d'eux, j'en ai toujours indiqué la provenance.

Est-il besoin de faire remarquer combien ce travail est incomplet et d'observer qu'il ne peut avoir qu'un caractère provisoire'' Certains pays n'y sont représentés que par des indications tout à fait insuffisantes ; sur aucun d'eux les données ne sont encore assez complètes pour permettre de dater avec exactitude toutes les chartes.

Tel quel, il fournira des éléments à la solution des problèmes de clii-onologie que présentent les documents; mais j'espère surtout qu'il montrera combien il importe de multiplier encore les l'ccherehcs de ce genre, particulièrement en ce qui louche les diverses régions de la France, pour arriver à compléler sur ce point nos connaissances et à :substiluer des règles certaines aux indications encore trop v.tgues que l'on tmuvera ici réunies.

Francs- On a déjà dit plus haut que le calendrier ■■omain commençait l'année ;iu 1" janûier; il est probable que ce système fui importé en Gaule après la conquête. Les invasions germaniques paraissent y avoir introduit un nouvel usage, celui de commencer l'année au 1" tnar*, quisendtle atoir subsisté h l'époque mérovingienne concurremment avec le style du I" janvier'. Plus lard

fia a émis ropinJon suivante : i Le» cbaiicellcries clrangéres rédigeanl icernaiit les rapports avec la France adoplont parfois le mode chronologique ieote nal, de» Charte». Poiittom da tkètet touteaue» par lea élifti dr la ! 1885. p. 73.) J'ai pu, grâce â une obligeante communication de l'aulcur, j textes d'où il avait cru pouvoir tirer celle conclusion : ce sonl des nglats dont les dates se concilient pirfailcmenl avec l'emploi du style du ces documents, ni aucun de ceui que j'ai pu étudier ne jusiillent donc 'opinion de M. h'. Funck-llrenlano.

E DR Tours {Mirae. S. Mari., liv. If, di. iv) appelle le mois de juillet le innée, ce qui suppose le terme du 1" mors; ailleurs {Ibid.. ch. 55) c'est le qu'il désigne comme le â* mois, ce qui suppose que l'année commence au - Les statuts du concile de Vemon de 755 conlîeiment cette prescription

Ut bis tn anno synodus liât : !• synodus jneiue primo, quod e*( kcifndit

[Cohfil. nov. eoll.. éd. Missi, t. Sll. col. 580.)

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