‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 464 sur 554 · Voy. plus haut, p. 590, à la fin de la note · texte numérisé non relu

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g i] SOUVERAINS DU SAINT-EMPIRE. 791

qu*cn France. Celui de Louis lY l'Enfant est encore dans la Iraditioa carolingienne. Sous Conrad I^% Henri I<^^ il prend peu à peu des dimensions plus grandes, s'arrondit et représente toujours encore un personnage de profil, mais en buste et avec ses armes. Otton I** et Otlon II se font représenter de face avec les insignes impériaux. Otton III se fait représenter en pied, et enfm, avec Henri II, la représentation se complète et devient le type de majesté qui a persisté depuis lors. Désigné jusque sous Otton II par le terme ancien anulus^ il a pris sous ce prince le nom de sigillum^ et ordinairement a été annoncé dans les formules fmales des diplômes par l'expression noslrae majeslatis sigillum. Tous ces sceaux sont plaqués, mais les souverains de l'Allemagne ont fait plus souvent que ceux de la France usage de bulles de plomb ou d'or; il s'en est conservé de la plupart d'entre eux. Ce fut sous les Hohenslaufen que le sceau de cire pendant se substitua au sceau plaqué. On a de rares exemples de sceaux pendants sous Conrad III, ils sont assez nombreux sous Frédéric Barberousse et deviennent d'usage exclusif sous ses successeurs.

Aux souscriptions du roi et du chancelier, qui figuraient d'abord seules dans les diplômes, se sont ajoutées plus tard d'autres souscriptions ou . plutôt des listes de témoins plus ou moins nombreux : prélats, seigneurs et officiers de la cour impériale. On rencontre des souscriptions de ce genre dès la première moitié du xi« siècle, mais l'usage n'en est devenu régulier qu'un siècle plus tard, depuis le règne de Henri Y. Elles sont écrites de la main du scribe de l'acte, et prennent place à la fin de la teneur, dont elles forment les dernières lignes. La formule, très variable au début, fut presque toujours par la suite : Hujus rei sunt testes.

A côté de l'acte solennel que nous nommons le diplôme, il a existé de tout temps d'autres documents de forme plus simple; mais, antérieurement à l'époque des Hohcnstaufen, il ne s'en est conservé que de rares spécimens; ils se multiplient au contraire au xn^' siècle. Pendant assez longtemps ces actes non solennels paraissent n'avoir point eu de forme fixe. Ils sont caractérisés par la simplicité de leur protocole et de leur aspect général. Le chrismon de début et Tinvocation verbale y font presque toujours défaut; le préambule y est exceptionnel; les clauses finales s'abrègent ou disparaissent; on n'y trouve ni souscription ni monogramme du souverain, ni formule de récognition; la date enfin, qui n'existe pas toujours et à laquelle est souvent réunie la formule de corroboration, est réduite à quelques éléments essentiels, qui sont généralement le lieu, l'an du seigneur, l'indiction et le quantième.

La grande diversité de ces actes en rend la classification assez difficile. On peut néanmoins, à côté du diplôme ou privilège solennel à protocole complet, qui devient de plus en plus rare, discerner une forme plus simple et plus abrégée des mêmes espèces d'actes. Elle est caractérisée par l'absence de chrismon, de souscription royale et de formule de récognition. Souvent encore il s'y trouve un préambule, après lequel est une formule de notification telle que : omnibus imperii nostri fidelibus tam

792 CHANCELLERIES ÉTRANGÈRES. [Liv. v, Ch. m

futuris quant prenentihus notum fieri volumus quod,... La formule de corroboralion y comprend fréquemment l'annonce du sceau. La liste des témoins, souvent nombreux, y est annoncée par la même formule que dans les diplômes. L'acte se termine par la date et est validé par le grand sceau de majesté. Comme les diplômes, ces documents avaient une valeur perpétuelle, et il s'y trouve souvent une formule l'indiquant, placée au début (ad perpetuam rei memoriam), ou dans la formule de corroboration.

D'autres actes, plus simples encore, sont les mandements ou lettres, qui constituent les documents administratifs. Us sont caractérisés par un protocole très sommaire ; le nom du prince est souvent abrégé dans la suscriplion, suivie d'une adresse, et terminée par une formule de salutation, généralement : gratiam suam et omne bonum. Le formulaire est très bref et très simple; il n'y a pas de clauses fmales; la date y est souvent abrégée ; il y manque assez généralement l'année. Ces letti-es ont pour signe de validation le sceau, et assez ordinairement le sceau secref. Suivant qu'elles sont adressées à tous ou bien à une ou à plusieurs personnes déterminées, les lettres sont générales ou spéciales; suivant qu'elles étaient expédiées ouvertes ou fermées, ce sont des lettres patentes ou des lettres closes.

La variété est plus grande encore sous Frédéric II, et nous ne saurions entrer ici dans le détail de l'étude des différents actes de ce prince; il suffira de signaler sous son règne l'emploi du papier pour certains mandements et l'usage du sceau plaqué. Ce sceau, de module assez grand, employé pour sceller les mandements, était parfois appliqué au dos des pièces, alors même que ce n'étaient pas des lettres closes.

Avec Conrad IV apparaît, en 1240, la langue vulgaire, mais ce n'est pas avant le règne de Louis de Bavière que l'allemand fut couramment employé dans les documents impériaux. On a déjà signalé plus haut l'emploi du français dans certains actes des empereurs de la maison de Luxembourg*.

A la fin du xm*^ siècle et au commencement du xiv«, les diplômes en forme solennelle commencent à devenir plus rares; la plupart des actes gracieux dont l'effet devait être perpétuel sont rédigés sous la forme indiquée plus haut, analogue à celle des grandes lettres patentes ou chartes des rois de France. Toutefois, la forme solennelle du diplôme a persisté en Allemagne beaucoup plus longtemps qu'en France. Dans la seconde partie du xiv« siècle, sous le règne de Charles IV encore, on rencontre de grands diplômes solennels, comprenant : l'invocation à la sainte et indivisible Trinité, la suscription suivie de la formule de perpétuité (Karolus quartm divina f avertie clementia Romanorum imper ator semper augmtus et Boemie rex, ad perpetuam rei memoriam), des clauses finales imitées

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