VoT. plus haut, p. 325-353 et
816 CHARTES SEIGNEURIALES.' [Lit. v, Ch. f
donations pieuses, et les clercs qui les rédigeaient y employaient généralement le formulaire habituel'. Mais au cours du x« siècle, lorsque s'organisèrent les États féodaux, les ducs et les comtes se constîluèreot une maison à l'imitation du palais du roi*; ils eurent leurs g^rands officiers et parmi eux un chancelier, clerc et généralement chapelain du seigneur, qui rédigea les actes seigneuriaux sur le modèle de ceux qui émanaient de la chancellerie rovale. Il en fut de même bientôt des seigneurs de rang secondaire; chacun d'eux eut son clerc charg-é de rédiger les chartes.
Il ne faudrait pas croire pourtant que dés lors tous les actes émanés des seigneurs furent rédigés par les chancelleries seigneuriales : pendant longtemps encore et jusque dans la seconde moitié du xn' siècle il y en eut d'expédiés dans les chancelleries ecclésiastiques'. D'autres fois et plus souvent encore les actes des seigneurs et particulièrement leurs libéralités pieuses firent l'objet, non de chartes, mais de notices rédigées par les soins des établissements qui en avaient bénéficié. Les notices d'actes seigneuriaux abondent depuis le commencement du x« jusque dans les premières années du xit<^ siècle. H arrivait aussi que le même acte était l'objet à la fois d'une charte, expédiée au nom du seigneur par son chancelier ou son clerc, et d'une notice, rédigée par l'intéressé *.
Rédigées avec toute la liberté qui caractérise ce genre de documents, ces notices commencent généralement, soit par une expression telle que Hec est noiiciaqualiter..,.^ soit par une formule de notification, soit par un exposé narratif, soit encore par une date. Tantôt elles sont d'une extrême concision, et tantôt comportent toutes sortes de développements; fréquemment elles sont accompagnées de souscriptions ou de mentions de témoins; beaucoup sont dépourvues de dates, tandis que d'autres en ont plusieurs. Ce n'est pas ici le lieu d'insister sur la nature et le caractère de ces documents; il suffira de rappeler que la critique doit toujours s'appliquer à en déterminer l'autorité, à en expliquer les fréquentes in-