‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 484 sur 554 · CHARTES SEIGNEURIALES · texte numérisé non relu

CHARTES SEIGNEURIALES

cohérences, et à interpréter les éléments souvent contradictoires de leurs dates.

Les notices mises à part, les anciennes chartes seigneuriales, du x« au xii« siècle, sont, comme on Ta déjà dit, disposées de la même manière que les diplômes royaux contemporains, dont elles ont Taspect général. On ne saurait les décrire sans répéter ce qui a été dit plus haut des actes de la chancellerie royale et du style diplomatique des x" et xi« siècles*. 11 suffira donc de signaler quelques particularités de leur composition.

Le protocole de début comporte généralement une invocation monogrammatique, — il y en a de toutes les formes possibles, — souvent aussi une formule plus ou moins développée d'invocation, et enfin une suscription. Celle-ci commence ordinairement par le pronom ego y et peut être précédée de la formule de notification. Fréquemment enfin le préambule est placé au début de la teneur. Voici, comme exemple, le commencement d un acte de Guillaume IX, duc d'Aquitaine, en faveur du monastère de Sainte-Radegonde de Poitiers' :

(( Quoniam dum lucem habemus ut filios lucis et non tenebrarum nos operari oportet operemur bonum ad omnes, maxime autem ad domesticos fîdei. S'otum sit igitur quod ego Wii. Dei gratia Aquitanorum dux.... )>

Certaines chartes rédigées en forme de procès-verbal débutent par la date; certaines autres, et particulièrement des jugements, commencent par un narré de la cause et sont dépourvues de suscription.

L'exposé et le dispositif, souvent enchevêtrés, ne donnent lieu à aucune observation spéciale. Le texte se termine généralement par des formules finales, souvent très développées; ce sont des clauses comminatoires, et particulièrement des imprécations, une formule de corroboration et l'annonce des souscriptions.

Les souscriptions sont presque toujours très nombreuses et donnent à ces chartes leur physionomie particulière. Elles consistent souvent en grandes croix autographes, chacune d'elles accompagnée de l'indication du personnage dont elle constitue le ngnum; mais souvent aussi ces indications (signum iV.) constituent à elles seules les souscriptions, et sont écrites entièrement de la main du scribe.

La première souscription est généralement celle de l'auteur ; elle comporte presque toujours la mention que c'est lui qui a prescrit la confection de l'acte. Par exemple : S. Gaufredi -4-comih*« qui hoc privilegiutn fiçri jussit et affirmare rogavit^. Parfois cependant elle est précédée de la souscription du suzerain, et celle-ci constitue dès lors une autorisation, une confirmation, et a même, dans les libéralités faites aux églises, la valeur d'un amortissement, ce qui se fera plus tard par acte séparé. C'est ainsi

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