Voy. plus haut, p. 444-449 et
2. L'acte est sans date et compris entre les années 1087 et 1127. Orig. Bibl. deBeinis. Coll. Tarbé.
3. Oiarte de Geoffroi Gnsegonclle, comte d'Anjou, du 10 juin 966, en faveur de Saint- Aubin d'Angers (D'Acheby, Spicilcgium, t. UI, p. 377). — Cf. plus haut, p. 612.
»iS CHARTES SEIGNEURIALES. ]Liv. v, Ch. t
que, dans la charte citée plus haut, la souscription du comte est précédée de celle de Hugues Capet : Signum Hugonis Francorum ducis.
Les autres souscriptions sont celles des divers membres de la famille de l'auteur de Tacte, de prélats, de vassaux, d'officiers, et souvent aussi des parties intéressées ou de leurs représentants. Le chancelier, rédacteur ou scribe, souscrit généralement le dernier ; il est rare qu*il prenne d*autre titre que celui de son rang dans les ordres; dans les chartes les plus anciennes, il termine souvent sa souscription par une ruche.
Les souscriptions constituent, jusqu'au milieu du x« siècle, les seuls signes de validation des chartes seigneuriales; à cette époque apparaissent les premiers sceaux des grands feudataires, mais \ts demeurent rares jusque vers le milieu du xi« siècle, et ne deviennent un mode de validation commun à la plupart des actes féodaux que dans les premières années du siècle suivant*. 11 faut observer toutefois que, jusque vers le milieu du xu« siècle, ce ne fut qu*exceptionneUement qu'ils furent annoncés dans les formules finales.
lia date, qui a dans les sources diplomatiques une si grande importance, est de beaucoup la partie la plus défectueuse des chartes de ceiie période. U y en a un grand nombre qui en sont totalement dépourvues, d*autres qui n*ont qu*une date de lieu, d*aulres, non moins nombreuses» dont les éléments chronologiques sont en contradiction entre eux ou avec les données de la teneur. L'année du règne en est un élément assez fréquent, mais non pas constant ; elle est du reste souvent calculée d'une manière incorrecte. L'analyse minutieuse des actes et des rapprochements avec d'autres documents peuvent seuls permettre de résoudre ces difficultés, et d'arriver à déterminer les dates avec toute la précision possible. Si arides que soient ces recherches, il importe de ne les point négliger, car il est peu de documents d'un intérêt historique aussi grand que les chartes seigneuriales, encore si mal étudiées, des x« et xi« siècles.
A cette époque où, comme l'a justement dit M. Luchaire, « les dynasties féodales accaparent Tifitérét historique et jouent sur la scène politique le premier rôle* », les chartes des seigneurs constituent une source de premier ordre. Grâce à leur incorrection même, par cela qaih échappent au moule uniforme du style administratif et des formules toutes faites, ces documents sont intéressants d'un bout à l'autre de \enr teneur. Les préambules, les suscriptions, les motifs allégués, les faits relatés dans les exposés, les mentions des personnes intervenantes à des titres divers, les indications géographiques, l'objet des actes, les souscriptions, les synchronismes des dates, tout dans ces pièces est de nature à retenir l'attention de l'historien. C'est toute l'histoire féodale et, mieux que cela, la vie même de la féodalité qu'il est possible d'en dégager. Mais il faut ajouter qu'il est peu de documents du moyen âge dbnt la critique soit aussi difficile que celle des chartes et notices seigneu- *