‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 522 sur 554 · LES DOCUMENTS FAUX · texte numérisé non relu

LES DOCUMENTS FAUX

Il a été bien souvent question déjà au cours de cet ouvrage de docucuments faux ou altérés» et les règles de la critique diplomatique ont en grande partie pour objet de permettre de distinguer les actes authentiques des actes apocryphes. Mais, pour opérer ce Iriage, ce n'est pas assez d'avoir étudié les documents dont Tauthenticité ne saurait donner prise au doute, et d'avoir multiplié sur ces textes les observations, il faut de plus montrer l'application des procédés de la critique aux actes suspects d'altération ou de fausseté ; il faut rechercher quels ont été les procédés et les mobiles des faussaires; il faut enfm examiner si tout document faux doit être absolument retranché du nombre des sources historiques, et s'il n'y en a pas où Thistoire puisse encore trouver des indications utiles. Ce sera l'objet de ce dernier livre.

Je n'ai pas l'intention d'y raconter l'histoire des faux et des faussaires, ni même d'y insérer un recueil des arrêts de la critique. A ne s'en tenir qu'aux textes diplomatiques, et a ceux-là seulement qui ont été dûment condamnés, un gros volume ne suffirait pas. Les auteurs du Nouveau Traité de diplomatique ont consacré à cette matière près de 200 pages du tome VI de leur ouvrage, mais, sans compter que les faussaires n'ont pas cessé depuis le milieu du xvm® siècle d'exercer leur industrie, combien de documents, qui passaient pour authentiques aux yeux un peu complaisants des Bénédictins, ont été déclarés faux par la critique moderne !

Ce qui importe, c'est moins d'essayer un dénombrement, forcément incomplet, qu'un classement. Entre les documents auxquels on peut appliquer la dénomination générale de faux, il est juste en effet d'établir des distinctions fondées sur leur nature et sur les circonstances dans lesquelles ils se sont produits.

On a souvent désigné comme faux, mais abusivement, des documents dont l'aspect général est celui d'originaux, mais qui ne sont que des copies dont le scribe s'est efforcé de reproduire l'écriture et les dispositions de l'original. Nous les avons appelés des copies figurées ; il n'y a pas lieu de revenir sur ce qui a été dit plus haut à leur sujet'.

Page 1