Actes récrite
On a déjà eu rocca>ion d'exposer plus haut en quoi consistent les actes récrits ou refaits^ Les reconstitutions de titres faites sans intention de fraude pour réparer les pertes des archives ont été extrêmement nombreuses, surtout pendant la preihière partie du moyen âge et jusqu'à la On du xi'' siècle. Bien qu*il existât des moyens légaux de renouveler les titres détruits', il ne semble pas que les réfections librement faites, sans intervention de l'autorité publique, et qui se donnaient l'apparence d'originaux, aient été considérées comme absolument illégitimes et soient tombées sous le coup des lois en matière de f<jux.
Beaucoup de ces documents, rédigés d'après d'anciennes mentions qui rapportaient une partie de la teneur des textes perdus, copiés pour le reste sur de bons modèles (formules ou actes authentiques), et à une époque assez voisine de la date des actes à reconstituer, ont été assez habilement faits pour passer pour des originaux, même à des yeux exercés, ou du moins pour se sauver par une apparence d'authenticité. La critique en est particulièrement déUcate lorsque, le prétendu original ayant disparu, elle ne peut plus se prendre aux caractères extérieurs et doit s'exercer exclusivement sur les termes de la teneur.
Hais le plus souvent les bons matériaux faisaient défaut pour ces reconstitutions. Le rédacteur opérait sur des traditions anciennes plus ou moins altérées, sinon fausses; il utilisait les renseignements que pouvaient lui fournir des sources narratives, vies de saints, annales ou chroniques ; il ne résistait pas aux suggestions de la vanité, qui le poussaient à insérer hors de propos dans ses compositions, et à y développer sans mesure des traits, qui ne se rencontrent jamais dans les actes sincères, mais qu'il jugeait avantageux à son église ou à son couvent ; le même sentiment le poussait à substituer aux formules vagiies et aux réserves circonspectes en usage dans les chancelleries des affirmations catégoriques; enfin, malgré ses préoccupations d'archaïsme, il ne manquait guère de se trahir par des anachronismes : expressions nouvelles, allusions à des institutions de son temps, formalités diplomatiques récentes, etc.
Il suit de là que, pour faire la critique de documents de cette espèce, — et cela s'applique du reste aussi bien aux actes complètement faux qu'aux n(!tes récrits, — les moyens d'investigation les plus sûrs sont la recherche