DU CALENDRIER GRÉGORIEN
§ 1*^. De la b£foriie du calerdribu. — Défauts du calendrier Julien. — Antécédents de la réfonne. — Promulgation de la réforme par Grégoire XIII en 1582. — Objets de la réforme. — Détermination de la Pâque dans le nouveau calendrier. — Épactes du nouveau style. — Réguliers lunaires du calendrier grégorien.
,§ 2. PnoPACATio?! bc NOUVEAU CALiHDRuin. — I. Dc 1582 à 1594 dans les pays catholiques : Iulie, Espagne, Danemark, France, Allemagne, Pays-Bas, Suisse, Pologne, Hongrie. — II. I.e • Calendrier corrigé 9 de Weigel d'après les tables de Kepler. — Adoption progressive de la réforme en Suède de 1696 à 1744. — La réfonne du calendrier dans les pays protestants de 1699 à 1811 : Allemagne, Danemark, Pays-Bas, Suisse, Angleteri-e et Irlande. — Conversion d'une date de l'ancien style en date du nouveau style.
i. — De la réforme grégorienne du Calendrier*.
L*astronomc Sosigène, collaborateur de César dans la réforme du calendrier romain, avait établi la durée de Tannée civile sur Thypo thèse que le soleil met à revenir à un même point de son orbite 365 jours et un quart de jour; il ne devait pas ignorer cependant que, près d un siècle auparavant, Hipparque avait reconnu que Tannée solaire était en réalité plus courte ; mais cette difîérence, qui ne porte que sur quelques millièmes de jour, lui avait peut-être semblé négligeable. La révolution apparente moyenne du soleil, qui détei*mine Tannée tropique, dure en réalité 565 j. 5 h. 48' 47" 51 ; Tannée julienne avait donc sur Tannée astronomique un excédent de il' 15". Si petite que soit cette différence, elle devait, en s*ajoutant chaque année à elle-même, produite à la longue
* r. Kaltenbmnnerj Die Vorgeschichte der Gregorianischen KalendeiTefomi, dans les Sit%ungêherichte der phiL-hisi. Classe der k. (Wiener) Akademie der Wissenêchaften, t. LXXXII (1876), pp. 289-414; Die Polemik ûber die Gregorianische Kalenderreform, Ibid.j t. LXXXVIl (1877), pp. 48^586; Beitrâge zur Geschichle der Gregorianischen Kalenderreform ; die Commission unter Gregor XIII. nach HandschHfUn der Vaiicanischen Bibliothek. Ibid., t. XCYII (1880), p. 7-54. ~ Chr. Glavius, Calendarii romani Gregoriani explication jussu démentis VIII (1605); Computus ecciesiasticus per digitorum articuios et tabulas traditus (1603), dans ses Œuvres, Mayence, 16ri, in-fol. — Gauendi, Bomanum calendarium cornpendiose expositum^ Paris, 1654, in-i.
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des jours entiers et ramener le désordre dans le calendrier. Chaque année, en «ITot, le soleil retrouvait un peu plus tAl la position qu'il occupait il une dole quelconque de l'année précédente.
Si l'on considère, par exemple, le point de l'cquateur que rencontre le soleil en allant du sud au nord, ou équinoxe du printemps, on sait que ce passage était observé au 25 mars, à l'époque de la réforme julienne. Hais le soleil devançant, après chaque intercalalion, cette date de plusieurs minutes, quelques centaines d'années plus tard, au temps du concile de Nicèe, c'était déjà au 21 mars que l'église d'Alexandrie devait fixer la date de l'équinoxe du printemps. On a vu plus haut que celle date, que l'on croyait alors devoir ramener invariablement l'équinoxe, fut adoptée comme l'un des termes de la fête de Pâques. Mais le soleil continuant à la devancer chaque année, l'anticipation de l'équinoxe vrai sur sa date conventionnelle atteignait déjà dix jours h la fin du ivi' siècle. Si l'erreur avait continué A s'accroître, on aurait dû, pour se conformer aux règles établies, célébrer successivement la Nquc dans toutes les saisons de l'année, et, chose plus grave, les mois auraient complètemenl cessé de correspondre aux saisons. Pour corriger l'erreur commise, il fallait nécessairement modifier le système d'intercalation Julien.
Les computisles du moyen âge ne tardèrent pas à entrevoir le défaut du calendrier en usage, mais il fallut longtemps pour déterminer nettement l'erreur, et plus longtemps encore pour s'entendre sur les moyens d'y remédier. Au milieu du xin' siècle, l'équinoxe vrai précédait de 7 jours déjà le terme conventionnel du 21 mars. Un moine écossais qui '>uma longtemps à Paris, John de Ilolywood. dans un traité composé 1232 et intitulé : De anni rations seu ut vocalur vulgo compultu eccUtticttt, chercha à préciser la nature et l'étendue de l'erreur et semble <ir, le premier, mis en avant l'idée d'un remaniement de l'inlercala- 1 julienne ' . Bienldt les Tables alpbonsines, dressées en 1 252 par une nion d'astronomes convoquée par Alphonse \ de Castille, donnèrent à liscussion une base sûre en fixant à 365 j. 5 h. 49' 12" la durée de mée tropique. Vers le même temps, Robert Grosseteste (f 1253), chanier d'Oxford, puis évéque de Lincoln'; Campano de Novare (f vers 10), chapelain du pape et chanoine de Paris*; Roger Bacon (f 1299)', lèrent la question et firent mieux sentir la nécessité d'une réforme; dernier surtout fit au pape Clément IV des propositions formelles de nger les régies de l'intercalation.
lU xiv siècle, le pape Clément VI s'intéressa A la question et demanda
Sur John de llolynood. voir Kiltembrchmek, Dit VorgetchichU der Orcg. KaUii- ■tfarm, p. Ï97.
' He eompute eccletitulica, voy. Ibid., p. 501.
Compulua major, cap. iïtiu. De errore tumptionù lerminorum V feiionim tnobi- \ et ejui qttanlitale et qualiler errorem conveniat eorrigi. Voy. tbid.. p. 300.
Oput majuM ad Clemciitem IV, Ponl. max. Pan 1¥ in gua oslendilur petettat bemalicae in tcientiii et rebut el occupalionibni mwidi. Voy. Ibid., p. 3)0.
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