‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 72 sur 554 · RÉFORME GRÉGORIENNE · texte numérisé non relu

RÉFORME GRÉGORIENNE

[Liv. II, Ch. IV,

un jour après 312 ans i/2 ou deux jours après 625 ans. La suppression de 10 jours de Tannée 1582 et le remaniement de Tintercalation furent de nouvelles causes de perturbation : aussi abandonna-t-on le nombre d*or, ou du moins, si Ton continua, par respect pour la tradition, à le marquer sur les calendriers, on ne remploya plus à la détermination des nouvelles lunes et on le remplaça par le système des épactes.

Les épactes du nouveau style sont des nombres affectés à chaque année et qui indiquent Tâge de la lune au 31 décembre de Tannée prér cédente. Naturellement elles ne peuvent plus être en concordance constante avec le cycle de 19 ans, comme Tétaient les épactes de Tancien calendrier (p. 150). Pour tenir compte de Tavance d'un jour après 312 ans 1/2, on dut augmenter Tépacte d'une unité après chaque période de 300 ans, et, comme on négligeait ainsi chaque fois 12 ans 1/2, après 7 additions d'une unité aux épactes en 2 100 annéeis, on n'ajoutait la 8*^ unité qu'après 400 ans, soit au bout de 2 500 années. Ces additions constituent ce que Ton nomme Véquation lunaire ou prœmptote. Pour tenir compte, d'autre part, des suppressions de 3 bissextiles sur 4, nommées équation solaire ou métemptose, on dut retrancher une unité à Tépâcte pour chaque année séculaii*e non bissextile.

Il a paru inutile d'exposer ici plus au long comment les épactes ont été comptées dans le nouveau calendrier et d'indiquer les calculs assez compliqués à l'aide desquels on peut arriver à déterminer Tépacte d'une année grégorienne quelconque, en tenant compte des équations solaires et lunaires, d'autant que Ton trouvera dans les Tables chronologiques les épactes du nouveau style indiquées en regard de chacune des années de Tère chrétienne à partir de 1582.

Les dates des lunaisons ayant complètement disparu des documents depuis le xiir siècle, il n'a pas semblé non plus nécessaire de donner ici un calendrier lunaire perpétuel du nouveau style, ni même de dresser une table des nouvelles lunes depuis 1582. On trouvera, dans la plupart des ouvrages sur le calendrier, des tables de ce genre et notamment un calendrier lunaire perpétuel d'une grande commodité dans VArl de vérifia* les dates (part. Il, t. I de l'édition in-S"»). Il est, du reste, toujours facile de déterminer l'âge de la lune à une date donnée par la combinaison du quantième, de Tépacte et du régulier lunaire, comme il a été dit plus haut (p. 151).

Les réguliers lunaires du calendrier grégorien sont les suivants :

Jany.

Kév.

Mars.

ATPil.

Mai.

Juin.

Juil.

.\oùt.

Sepl.

Octob.

Nov.

Dec.

Si je cherche, par exemple, l'âge de la lune au 24 mars 1891, Tan-

^ 244-'20-+-0' née 1891 ayant 20 d'épacte et le régulier de mars étant 0,-j — -t^ r

^ i, 2J PROPAGATION DU CALENDRIER GRÉGORIEN. 165

a pour reste 14, d'où je conclus que le 24 rnars est le i4' jour de la luiie, c'est-à-dire le terme pascal dé Tannée 4 S9i. - Là principale préoccupation des réformateurs du calendrier, en dressant la table de l'équation des épactes, avait été d'éviter que la célébration de la fête de Pâques pût jamais anticiper sur le xiV* jour de la lune pascale ou coïncider avec la Pâque des Juifs. Aussi, ne pouvant arriver par des règles fixes qu'à une approximation, ont-ils préféré établir leurs calculs de manière que la détermination des phases de la lune par répacte suive les lunes moyennes astronomiques plutôt que de les précéder*. Ils y ont réussi en effet, et il n*est pas rare que la lune fictive, déterminée par le calcul des computistes, retarde de un ou même jde deux jours sur la lune vraie, ce qui, le cas échéant, conduit à célébrer la fête de Pâques plus tard qu'elle ne l'aurait été, si on l'avait réglée sur le cou]*s vrai de la lune. Cela est arrivé, par exeniple, en 1798 et en 1818. ' Le cycle pascal de 532 ans, combinaison du cycle de 19 ans et du cycle solaire, qui, dans l'ancien calendrier, ramenait les phases de la lune à la fois aux mêmes dates et aux mêmes jours de la semaine, n'existe naturellement plus dans le calendrier réformé.

Page 1