COMPOSITION MOYENNE DE LA VINASSE DE
Pommes de terre.
Seigle.
MaTs.
Dari.
Pour que le lecteur puisse se rendre compte des grandes variations qui peuvent se produire dans la composition de la vinasse, je donne ici les résultats analytiques obtenus avec différents échantillons de ce produit :
Sabatances
Matières
MaUères
MaUère
Eau.
minérales.
asolées.
Ligneux.
non aiotées.
grasse.
La vinasse résultant de la préparation d'eau-de-vie avec des fruits sucrés peut aussi être employée pour la nourriture du bétail, comme le montre la composition des vinasses des fruits suivants :
Haies Cerises. H'airollc mxrlille. Pruuos.
^ Eau «1,1 92.1 93, 4i 90,17
Matières azotées. ... 1.0 0,7 0,42 0,62
Matières non azotées. . 8,4 4.8 4,76 0,72
Matière grasse 0,9 0,3 0,19 0,59
Ligneux (noyaux compris) 7,0 1,0 0,::8 1,30
Cendres 1,0 0,6 0,61 0,0
La teneur en eau est, comme on le voit diaprés les chiffres qui précèdent, extrêmement élevée dans toutes les sortes de vinasses. Il ne peut du reste être question de son influence nuisible sur les animaux que si ceux-ci reçoivent dans la ration de vinasse qui leur est donnée des quantités d'eau plus grandes que celle qu*autrement ils absorberaient comme eau de boisson.
Mais Tagronome nourrisseur ne doit pas manquer de tenir compte des grandes variations que présentent les vinasses dans leur teneur en substance sèche, c'est ainsi, par exemple, que dans 100 kg. d'une vinasse il peut y avoir 10 kg., de substance sèche, tandis que la même quantité d'une autre vinasse n*en contiendra que o kg. Si maintenant on veut donner à un animal une quantité déterminée de substance sèche, il suffira de lui donner moitié moins de la première.
Quelques points très importants relativement à Talimentation par les vinasses doivent encore attirer Tattention.
La température avec laquelle la vinasse doit être donnée aux animaux offre surtout une très grande importance. Pour que la vinasse soit un aliment sain, il faut la faire prendre aussi chaude que possible. Lorsqu'on ne tient pas compte de cela, lorsqu'on abandonne la vinasse à elle-même pendant longtemps et qu'on la laisse se refroidir, des organismes nuisibles à la santé, pour la multiplication desquels la vinasse constitue un milieu nutritif tout à fait convenable, peuvent se développer en assez grand nombre pour produire chez le bétail des troubles digestifs et même des phénomènes morbides.
Le développement de ces organismes microscopiques deviendra d'autant plus abondant que Tacidilé de la vinasse aura pris ellemême plus d*accroissement.
Les manquements sur ce point sont encore beaucoup plus fréquents qu'on ne saurait le penser. C*est ainsi que dans la dernière campagne, lors de l'inspection d'une distillerie, on m'apprit que les malandres des vinasses ^ régnaient depuis des années dans rétable et l'on m'indiqua comme cause probable de cette affection le fonctionnement défectueux de Fappareil distillatoire. Mais ce n'était pas cela, car le moût parfaitement fermenté était très bien désalcoolisé et les produits de queue n'étaient pas mélangés avec la vinasse. Cette dernière à Tétat frais marquait C^jG à Tacidimètre. Mais un échantillon pris dans la citerne à vinasse se fit immédiatement remarquer par son odeur extrêmement repoussante et par une teneur en acide de 2^ à Tacidimètre. La citerne n'était jamais vidée entièrement, et par conséquent aussi jamais nettoyée à fond, de là cette forte acidité, qui était la conséquence d'une décomposition de la vinasse. Lorsqu'on eut pris soin de vider complètement la citerne chaque jour et de la nettoyer et désinfecter avec soin, la maladie disparut peu à peu.
Si Ton veut empêcher complètement le développement des germes dans la vinasse ou, s'ils ont déjà commencé à se développer, mettre obstacle à leur pullulation ultérieure, on peut établir dans le réservoir à vinasse un tuyau amenant la vapeur d'échappement de la machine; lorsque cela n'est pas possible, on chauffe la vinasse refroidie jusque dans le voisinage de son point d'ébuUition avant de la donner aux animaux.
Les vases à vinasse en bois doivent être complètement vidés chaque jour, puis nettoyés tout à fait à fond à la vapeur ou à l'eau bouillante et ensuite enduits de chaux ou mieux* encore de bisulfite de chaux étendu.
* Les malandres des vinasses s'observent surtout à la suite de Talimentation par les vinasses de pommes de terre ; cette maladie consiste en une inflammation érysipélateuse de la peau des extrémités des animaux nourris avec ce produit.
Dans les cas- graves, la maladie n atteint pas seulement la surface de la peau; le derme lui-même est atteint de gangrène et celle-ci se propage au ligament capsulaire du sabot et à Tos lui-même. Les animaux éprouvent alors des douleurs intenses, ils sont immobiles et finissent par avoir une paralysie du cœur, dont ils meurent.
klANOEL DE DISTILLERIE. 31
Les citernes en maçonnerie devraient au moins être revêtues de ciment. On ne devrait jamais conserver du jour au lendemain une ration de vinasse.
Lorsqu'on se sert dans la distillerie d'acide fluorhydrique (d'après le procédé Effront), l'action de cet antiseptique se fait aussi sentir jusque sur la vinasse, en empêchant celle-ci de devenir acide, même lorsque les conditions sont favorables pour cela. D'après ce que j'ai vu dans un grand nombre de distilleries, je puis constater que depuis qu'on se sert d'acide fluorhydrique la maladie des malandres se rencontre beaucoup plus rarement, bien que je ne veuille pas voir dans l'emploi de cet acide un remède absolument certain ou universel contre cette terrible maladie des bêtes à cornes.
Je dois d'ailleurs ajouter que de temps à autre les malandres des vinasses, ou du moins une maladie en offrant tous les symptômeSy font leur apparition dans une étable où jamais il n'a été donné de vinasse et que les opinions les plus divergentes ont été émises relativement à cette maladie et à ses causes.
On s'est souvent demandé si les appareils distillatoires à deux colonnes dans lesquels sont séparés les produits de queue (les huiles mêlées avec de l'eau) doivent être préférés aux appareils à une seule colonne, dans lesquels la séparation de ces produits n'a pas lieu, ou, en d'autres termes si la vinasse contenant les produits de queue exerce une fâcheuse influence sur les animaux auxquels on la donne. Ainsi on a voulu fréquemment attribuer l'apparition des malandres des vinasses à la présence des produits de queue dans la boisson. Cependant l'expérience a montré qu'il n'existe pas de rapport direct entre la présence des produits de queue dans la vinasse et l'apparition des malandres. Mais comme U teneur en eau de la vinasse est déjà par elle-même élevée, c'est une raison suffisante, pour en séparer les produits de
queue.
Relativement à l'appréciation de la valeur de la vinasse, nous ne pouvons donner dans cet ouvrage que des indications très succinctes. On admet en général que 100 kg. de vinasse de :
Pommes de terre valent 1,35 fr. à 1,40 fr.
Seigle et maïs — 6,00 — à 6,40 —
Dans chaque cas particulier, on détermine la valeur de la vinasse à Taide d un calcul simple, comme on peut s'en rendre compte d'après Texemple suivant :
On travaille dans une distillerie 800 kg. de pommes de terre à 20 p. 100 de fécule et 30 kg. d'orge par 1 000 litres de capacité de cuve. Le prix des pommes de terre est de 3 fr. 75 les 100 kg.» celui de l'orge de 13 fr. également les 100 kg. Le prix de vente de l'alcool s'élève à 62 fr. 50-68 fr. 75. On retire de 100 kg. d'amidon 60 litres d'alcool.
D'après cela, les dépenses s'élèvent aux chiffres suivants :
800 kg. de pommes de terre à 3,75 fr. les 100 kg 30,00 fr.
30 kg. d'orge à 13 fr. les 100 kg 3,90 —
Frais généraux, y compris l'impôt de 2,50 ir. par hectolitre. 25,00 —
Total 58,90 Ir.
Les recettes se montent aux chiffres suivants :
800 kg. de pommes de terre à 20 p. 100 de fécule. 160 kg. d'amidoo. 30 kg. d'orge à 60 p. 100 d'amidon 18 — —
Soit un total de 178 kg. d'amidon.
Avec un rendement de 60 litres par 100 kg. d'amidon » cela fait 106,68 litres d'alcool, ce qui représente, le prix de vente de l'hectolitre d'alcool étant de 62 fr. 50, une valeur de 66 fr. 75. II reste par conséquent pour la vinasse de 1 000 lit. de capacité de cuve une somme de 66 fr. 75 — 58 fr. 90 = 7fr. 85 ou par 100 kg. de pommes de terres une valeur de vinasse de 0 fr. 975. Mais si le prix de l'alcool, celui-ci étant obtenu dans les mêmes conditions, est de 68 fr. 75 l'hectolitre, 1 000 lit. de capacité de cuve représentent une valeur en vinasse de 14 fr. 50, ce qui fait revenir le prix de la vinasse par 100 kg. de pommes de terre à 1 fr. 80-1 fr. 85. On voit, d'après cela, combien la valeur de la vinasse est différente suivant le prix de Talcool, etc.
Nous devons ici combattre un opinion encore très répandue parmi les distillateurs agricoles, mais absolument erronée, opinion d'après laquelle, au point de vue agronomique, il serait plutôt profitable que désavantageux que les moûts fermentes et par suite les vinasses continssent encore une proportion relativement grande
d'amidon et de sucre, par conséquent des substances non azotées.
Le but de la distillerie agricole est de transformer Tamidon contenu dans les matières premières aussi complètement que possible en Talcool, afin d'obtenir par la vente de ce dernier un aliment pour le bétail aussi peu cher que possible. Plus cette utilisation de l'amidon est complète, plus est rationnelle la manière dont la fabrication est conduite.
Mais, abstraction faite de cela, on ne doit pas, dans l'alimentation du bétail, considérer uniquement la quantité absolue des différentes substances nutritives; il faut aussi tenir compte du rapport dans lequel se trouvent les substances non azotées et les substances azotées.
Dans les pommes de terre, par exemple, ce rapport est très large, c'est-à-dire que ces tubercules renferment, comparativement aux substances azotées, tant de substances non azotées (amidon) que l'utilisation des différentes matières nutritives dans le corps de ranimai est incomplète. C'est pour cela que plus on transforme d'amidon en alcool au moyen d^un travail bien conduit, par conséquent plus il disparait d'amidon, plus le rapport des substances nutritives contenues dans la vinasse est étroit et plus il est profitable au corps de l'animal. Ou, en d'autres termes : La distillerie convertit une matière première relativement pauvre en azote en un aliment riche en azote.
Un distillateur se trompe donc complètement lorsque, ses moûts ayant mal fermenté, il veut trouver une compensation à la perle d'alcool qui en résulte dans l'utilisation du sucre non décomposé lors de l'emploi de la vinasse, où ce sucre est resté, pour l'alimentation du bétail.
Vinasse sèche. — Par suite de sa grande teneur en eau, la vinasse sortant des appareils distillatoires ne peut être ni conservée, ni transportée.
L'évaporation et la dessiccation de la vinasse n'offrent qu'une importance tout à fait secondaire pour les petites distilleries. Mais si les très grandes usines établissent des appareils à dessiccation, elles s'assurent ainsi l'utilisation de leurs résidus ; elles rendent la fabrication indépendante aussi bien de la saison que de la tempéra-
ture, comme des conditions locales et de tous événements. En eiTet, la vinasse desséchée constitue une marchandise qui peut être conservée et transportée, et, par suite, suivant les circonstances, trouver des débouchés.
[Parmi les nombreux appareils qui ont été imaginés pour la dessiccation des drèches liquides, nous citerons ceux de Hencke (construit en Allemagne par Venuleth et Ellenberger), de Gontard, de TuEiSEN et de Donakd et Boulet, qui présentent chacun leurs avantages particuliers.]
Dans le tableau suivant nous indiquons la composition de différentes sortes do vinasses sèches :
Eau
Matières grasses. . . .
Protéine brute
Substances extractives
non azptées
Ligneux
Gendres
Vf NASSE DB GlÎRiALBS