‹ Manuel de distillerieChapitre 99 sur 104 · C. — ANALYSE DE L'ALCOOL BRUT · texte numérisé non relu

C. — ANALYSE DE L'ALCOOL BRUT

Pour reconnaître les impuretés qui se rencontrent dans l'alcool brut, dans les flegmes, et en déterminer la quantité (voy. p. 446 et 431), on peut se servir des méthodes suivantes.

Aldêhf/de. — Parmi les nombreux réactifs qui ont été indiqués pour la recherche de Valdèhyde dans les alcools bruts, celui de ScHiFF ou de Gayon [bisulfite derosaniline) est l'un des plus sensibles. Pour préparer ce réactif (d'après Gayon), on dissout 1 gr. de fuchsine dans 1 litre d'eau et on ajoute 20 gr. de bisulfite de sodium, puis 10 gr. d'acide chlorhydrique concentré. On ajoute 1 volume du réactif ainsi obtenu (qui n'est réellement sensible que quelques jours après sa préparation) à 2 volumes de l'alcool à

essayer, on agite et on laisse reposer. S'il n'y a pas d'aldéhyde, le mélange reste incolore, mais prend, dans le cas contraire, une coloration rouge violacé, qui est d'autant plus intense qu'il y a plus d'aldéhyde. Si l'on veut doser celle-ci, on compare la coloration obtenue avec un mélange en proportions connues d'alcool pur et d'aldéhyde pure.

Le réactif de Gayon est le plus communément employé, mais, suivant Lang, on devrait lui préférer le chlorhydrate de méiaphénylène-diamine^ proposé par Windisch, et qui avec les liquides alcooliques contenant de l'aldéhyde donne une coloration jaune orangé, se transformant au bout de quelque temps en une belle fluorescence verte *.

Acides et ethers, — Les acides sont déterminés quantitativement par le procédé acidimétrique. Pour doser les rthers, on fait bouillir l'alcool avec une quantité mesurée et en excès de soude titrée, puis quand on juge la saponification complète on détermine avec une solution titrée d'acide sulfurique la quantité de soude employée à la saponification des éthers*.

i litre de flegme a exigé, par exemple, pour sa saturation 0,9 cm' de soude titrée correspondant à 100 gr. d'acide sulfurique monohydraté par litre. L'acidité de ces flegmes, exprimée en acide acétique, sera, par conséquent, égale à ' ,^. ^ ^^ 0,11 gr. On a ajouté à 1 litre de flegme 20 cm' de la même solution alcaline et ensuite fait bouillir; la saponification achevée, il a fallu pour ramener la neutralité 5,5 cm^ d'acide titré; par conséquent, 20 — 5,5 = 14,5 cm' représentent la quantité de soude combinée aux acides du flegme, dont 0,9 aux acides libres et 13,6 aux acides des éthers; ces derniers correspondent par conséquent à 1,36 gr. d'acide sulfurique monohydraté par litre ; l'équivalent de l'éther acétique étant 88, si Ton veut exprimer en fonction de ce dernier

la teneur totale de l'alcool en éthers, on aura ■ ^ ^^ — ■-= 1, 894 gr. d'éther acétique par litre.

' lloc(jUEs a indiqué récemment une méthode voiumétriquepouric dosage de l'aldêtiyde {Académie des sciences^ séance du 10 octobre 1898).

• E. Barbet et Jaudrier opèrent la saponification des éthers au moyen du sucrate de chaux (Comptes rendus du deuj-ième Congrès de chimie appliquée, t. T. p. 470).

Alcools supérieurs, — Il a été proposé de très nombreuses méthodes pour la détermination des alcools supérieurs, dont la majeure partie est dans la plupart des cas représentée par \ alcool amylique. Nous allons en indiquer quelques-unes.

Une quantité, môme faible, d'alcool amylique mélangée avec de Talcool ordinaire modifie la tension capillaire de ce dernier et, en réduisant Talcool essayé à un degré déterminé, on peut évaluer sa teneur en alcool supérieur d'après la hauteur à laquelle il s'élève, aune température donnée, dans un tube capillaire. C'est sur ce principe que repose le capillaromltro imaginé par Traube pour la détermination des alcools supérieurs dans Talcool ordinaire.

Le compte-yoïittPS de Duclaux est également basé sur les lois de la capillarité : les différents alcools présentent des tensions superficielles difTérentes et donnent en s'écoulant d'un tube effilé et pour un volume déterminé, un nombre de gouttes assez différent pour que ce nombre puisse indiquer la nature du liquide dont elles sont formées, et le procédé est d'autant plus exact que le liquide est plus dilué. Dl-claux a dressé des tables pour les mélanges d'alcool éthylique avec l'alcool amylique ou butylique , le mélange alcoolique étant supposé marquer 5^ à l'alcoomètre de Gay-Lussac.

Le tableau suivant indique les résultats qu'il a obtenus en opérant avec 5 cm^' d'alcool à S"" G.-L., renferment des doses croissantes d'alcool amylique.

Page 1