‹ Manuel de droit civique (volume 2)Chapitre 111 sur 231 · I.A rOIC.-IE DU VILLAGE · texte numérisé non relu

I.A rOIC.-IE DU VILLAGE

Voulez-voiLs de la poé.-ie ? N'est-ce pas l'Eglise qui est la poésie du village- : l'église, où vous allez le dimanche après le travail de la semaine, accompagné de votre compagne joyeuse, et de vos enfants tout épanouis ilans leur robuste santé : l'église, avec son seuil usé par vos pas, et plus encore par les pa-5 de vos pères ; avec son cocher qui se lève comme un iloigt mystérieux pour montre! le ciel à la terre, sa cloche qui compie vos heures de la pr<mière à la dernière, son cimetière où dorment vos aït-uy, sa place publique où vous jOuez, enfants, où vous converse/,, hommes, où vous prenez l'air et le soleil, vieillards, où vous causez, jeunes tilles ; où passent les nouveaux-nés et les morts, les berceaux et les ceicueils, les mariés et les voiles blancs de la première oomn.auiou. Entrez, entrez donc, laboureurs ; cette maison de

Dii'M, c'est la vôtre : le ciel s"y rapproclie île la lerre. De quoi se compose le cuite sacré ? Qu'y trouvez-vous ? Tous les biens que Dieu donne à votre travail : nous ofFroiis le l)aiti et le vin ; nous verf-ons l'eau ^ur le front l)éi,i des enfants, l'huile sur les membres défaillants des intirmes ; nous son)mes vêtus de lin ; vos vers^ à .•-oie tendent nos san< luaire.s ; nous brû'ons la cire de vos abeilles ; l'autel est paré de vos tleurp, et nous portons le nom de Pasteurs comme vous.

Que dirai-je des fêtes chrétiennes et de leurs affinités mystérieuses avec vos travaux et vos champs ? Vos terres dorment pendant l'hiver : ainsi dormait le monde dans la nuit et le froid de l'erreur, quand vint le Christ. Mais de même ci'.i'à partir de Noël le soleil avance dans nos cieux, ce qui . fait (jue le jour gagne, de même, à partir de la naissance du Christ, divin soleil des âmes, le jour de la vérité gagna sur la nuit de l'erreur. Puis, vient Pâques au printemps, av(c la résurrection delà nature ; vous voyez se succéder ensuit< , ces autres fêtes si aimables, instituées pour appeler la diviie bénédiction sur vos campagnes : cette Fête-Dieu, (jui fait, marcher le Dieu du ciel dans les rues de nos villes et ks sentiers de nos villages, par îles voies semées de lieurs ; cet.e procession des Rogations qui chemine en priant dans h s champs, cpiand le printemps soiiiit et fait des promesses (pie l'automne ne tient pas toujours I

MuK DifAXLoir.

i.A M ;<sic r.' liois-i \i,k

C'était le matin d'un beau jour de dimanche ; 'es cloclies, sonnant à toute volée, appelaient les fidèles à 1 1 n e-se ; les villageois en habits de fête se rendaient à l'église ; j'y entrai avec eux et je fus très édifié de leur silence et de leur recueillement dans le lieu saint.

Tous suivaient les prières de la messe ou récitaient dévotement le chapelet.

Après l'évangile, M. le Curé monta en chaire, pour faire Je prône.

Entre autres paroles, je me rappelle celles-ci :

*•' Mes frères, nous ne sommes sur la terre que i our connaître, aimer et servir le bon Dieu.

" C'est là notre fin, notre destinée.

" Ceux qui ne servent pas le bon Dieu ne font pa-i la scnle chose pour laquelle ils existent. Ils sont comme i ne vigne qui ne donnerait point de raisin, comme un arbre qui ne produirait ni fruit ni ombrage.

" Aimons ce bon Maître et j)rati(iuons sa reli'zion ; et il non* en récompensera en nous comblant de ses bénédictions sur la terre, et en nous admettant après notre mor> dans son paradis."

Il entonna ensuite le Credo, que tous les assistants chantèrent ensemble.

On continua le saint f-acrifice : et jusqu'à la tin les bons villageois montrèienl le même respect, la mênie jiété.

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Au sortir de l'église, ils se furinèreiii ))iir groupes sur lu place ; et là ils parhiient de leurs ulliiires, et surtout de leurs récoltes. Ou voyait à l'air de leur visage qu'ils étaient coi.lents et heureux.' Je coiupi'is (pie le lionheur se trouve dans la sijnjilio.ité, le ti'uvail ei la lidèic pi';iti(iue de la religion.

Ijkcti'iîk CoruANTi:,

CHAPlTliE DEUXIEME

" Là où il y -A justice il y a droit ; et là où il n'y a jioiiit do justicp, il n'y a jioiiit de dioit."

ST-AiTfJi;,sTiN.

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