DE I-A NEOESSITE DES PRINCIPES
Comme il faut au navigateur une boussole, il faut à l'homme des princii)es. Vivre, ce n'est pas être viveur, mais se mouvoir vers sa tin. Quelle est ma destinée? jiar quels moyens puis-je l'atteindre ? Telle est la question que tout homme doit se faire à. lui-même avant toutes les autres, et
qu'il doit s'efforcer de ré-ondre, pour gouverner ensuite ?on activité d'après cette solution. C'est dans ce but qu'il a reçu de Dieu ce qui le fait liomnie, la raison (i).
R. P. Marchai,.
T.'lIKlRKUX VIEILLARD {"^ )
Que l'aurore brille agréab'einent à travers ces coudriers et ces rosiers sauvages qui s'étendent devarit ma fenêtre! La nature tout entière s'éveilh : la rosée a ramené les plantes, et en voyant qu'elles se sont rejounies, je crois rajeunir aussi. Quelles que soiri.t les années qui se sont succédé sur ma tête, mon bâton, le ^ou'ien de ma vieillesse, va me conduire à la porte de ma chaumière. Là, je me placerai vis-à-vis du soleil levant, et je parcourrai des yeux la verdure des prés. Que tout ce qui m'environne est beau ! Mon âme s'est récréée, lorsque j'ai entendu les hymnes qu'ont chantés les oi-eaux dans les plaines île l'air. Les troupeaux, sur les collines verdoyantes et dans les vallons entrecoupés de ruisseaux, expriment le plaisir par leurs mugissements. Que d'années j'ai déjà vécu ! J'ai vu plus de quatre-vingts fois la
(1) La question de la vocation s'impose ici. Les jeunes gens et les jeunes personnes doivent bien réfiéchir, bien pr.er avant à.^ entrer dans un état de vie. Chacun a sa place niari^uée ici-bas.
(2) Le monologue qui suit nous représente d'une manière admirable le bonheur d'un vieillard qui, durant le cours de sa longue existence, s'est toujours fait un devoir d'aimer Uicu et d'obéir aux saintes lois de la religion, de la morale et de l'honneur.
révolution des saisons, ot quand mes prnsées se tournent en arrière pour contempler, depuis ce moment jusqu'à l'heure de ina naissance, cette va^te mais douce perspective, ah ! qu'alors tout mou cœur s'est ému ! Les transports que j' li éprouvés, ipa langue ne peut que les balbutier; h s Jarmes de joie que j"ai laissées s'ép'uidre, ne sont que de ^TOp faibles nclinns de grâces pour les bienfaits qui ont comb'é ma vie. Que! délice pour moi lorsque j'envisageais l'avenir: m s enfants folâtrant, souriant dans mes bras, (t ma main guidant leurs pas chancelants I je veux, dis-je, !( s garantirde tout accident ; je veillerai sur eux et Uieu bénira les efforts qu'ils m'auront coûtés.
Maintenatit qu'ils ont achevé de croître, ma vieillesse trouve près d'eux un heureux abi'i. C'est ainsi que j'ai vu croître ces pommier-^, ces poiriers et ces grand noyers, que j'ai fait planter dans ma jeunesse autour de ma cabatie : ils étendent au loin leurs rameaux antiques et couvrent d'un ombrage agréable ma petite habitation.
Gkssneu. (').
(1) A la sitite de ce chapitre traitnnt de qitrlqucs notions sociale!^, nous avons donné phis d'espace aux Lectures en classe que dans les autres parties du Manuel. En voici la raison : les preraières impressions, celles que notre âme reçoit au printemps et à l'été de la vie, sont les plus durables ; très souvent, ce que nous avons vu, lu et entendit au temps de l'enfance et de la jeunesse décide du bonheur ou du malheur de notre vie entière. Ces lectures en classe se rapportent soit à la religioTi, à la piété, à la morale ou à l'honneur ; c'est dire leur importance et la nécessité de les lire en classe à haute et intelli£;ible voix.
s. s. LÉON XIII.
CKvVPlTRE SIXIEME
RAPPORTS DE l'ÉGLISE EÏ DE l'ÉTAT
•' La politique ou l'art de gouverner un Etat, n'est pas uniqit vient une (j^uestion d'hommes ou de parti?, mais elle doit être avant tout basée . sur des principes justes et exacts, conformes à la vraie doctrine et avoir pour fin unique le plus grand bien de la Société."
Lies ÉVÊQUES DE LA. PROVINCE DE QuÉEEC,
2 octobre 1881.