‹ Manuel de droit civique [microforme] (volume 2)Chapitre 129 sur 270 · LA POÉSIE DU VILLAGE · texte numérisé non relu

LA POÉSIE DU VILLAGE

Voulez-vous de la poésie ? N'est-ce pas l’Église qui est la poésie du village : l’église, où vous allez le dimanche après le travail de la semaine, accompagné de votre compagne joyeuse, et de vos enfarts tout épanouis dans leur robuste santé ; l’église, avec son seuil usé par vos pas, et plus encore par les pas de vos pères ; avec son c'ocher qui se lève comme un doigt mystérieux pour montrer le ciel à la terre, sa cloche qui compte vos heures de la première à la dernière, son cimetière où dorment vos aïeux, sa place publique où vous jouez, enfants, où vous conversez, hommes, où vous prenez l’air et le soleil, vieillards, où vous cansez, jeunes filles ; où passent les nouveaux-nés et les morts, les berceaux et les ceicueile, les mariés et les voiles blancs de la première communiou. Entrez, eutrez donc, labouieurs ; cette maison de

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Dieu, c’est la vôtre : le ciel s’y rapproche de la terre. De quoi se compose le culte sacré ? Qu’y trouvez-vous ? Tous les biens que Dieu doine à votre travail : nous offrons le pain et le vin ; nous verrcns l’eau eur le front béni des enfants, l'huile sur les meimbres défaillants des infirimes ; nous sommes vêtus de lin; vos vera à soie tendent nos #anctuaires ; nous brû'ons la cire de vos abeilles ; l'autel est paré de vos fleure, et nous portons le nom de Pasteurs comme vous.

Que dirai-je des fêtes chrétiennes et de leurs affinités mystérieuses avec vos travaux et vos charps ? Vos terres dorment pendant l’hiver : ainsi dormait le monde dans la nuit et le froid de l’erreur, quand vint le Christ. Mais de même qu’à partir de Noël le soleil avance dans nos cieux, ce qui fait que le jour gagne, de même, à partir de la naissance du Christ, divin soleil des âmes, le jour de la vérité gagna sur la nuit de l’erreur. Puis, vient Pâques au printemps, avec la réeurrection de la nature ; vous voyez se succéder eueuite, ces autres fêtes si aimables, instituées pour appeler la divine bénédiction sur vos campagnes : cette Fête-Dieu, qui fait marcher le Dieu du ciel dans les rues de nos villes et les sentiers de nos villages, par des voies semées de fleurs ; cetie procession des Rogations qui chemine en priant dans les champe, quand le printemps sourit et fait des promesses que automne ne tient pas toujours |

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MANUEL DE DROIT CIVIQUE LA M:SSE l'ROIS I\iLE

C'était le matin d’un beau jour de dimanche ; ‘es clecles, sonnant à toute volée, appelaient les fidèles à li ne-se ; les villageois en habits de fête se rendaient à l’église ; jy entrai avec eux et je fus très édifié de leur silence ct de leur recueillement dans le lieu suint.

Tous suivaient les prières de la messe ou récitaient dévotement le chapelet.

Après l’évangile, M. le Curé monta en chaire, pour faire le prône.

Entre autres paroles, je me rappelle celles-ci :

‘€ Mes frères, nous ne sommes sur la terre que | our conhaître, aimer et servir le bon Dieu.

‘6 C’est là notre fin, notre destinée.

‘ Ceux qui ne servent pas le bon Dieu ne font pas la se1i le chose pour laquelle ils existent. Ils sont comme : ne vigne qui ne donnerait point de raisin, comme un arbre qui ne produirait ni fruit ni ombrage.

‘ Aimons ce bon Maître et pratiquons sa: relivion ; et il nous en récompensera en nous comblant de ses bénédictions sur Ja terre, et en nous admettant après notre mort ‘ans 808 paradis.”

Il entonna ensuite le Credo, que tous les assistants chantèrent ensemble.

On continua le saint sacrifice ; et jusqu'à la fin les bons villageois montrèrent le même respect, la même , iété.

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URGANISATION ADMINISTRATIVE 207

Au sortir de l’église, il se formèrent par groupes sur la place ; et là ils parlaient de leurs affaires, et surtout de leurs récoltes. On voyait à l’air de leur visage qu'ils étaient cor.tents et heureux. Je compris que le bonheur se trouve dans la simplicité, le travail et Ja fidèle pratique de la religion.

Licrure COURANTE,

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