‹ Manuel de droit civique [microforme] (volume 2)Chapitre 128 sur 270 · LE CURÉ · texte numérisé non relu

LE CURÉ

Ilest un homme dans chaque paroisse qui n’a point de

: famille, mais qui est de la famille de tout le monde, qu’on

appelle comme témoin, comme conseil ou comme agent dans tous les actes les plus solennels de la vie civile, sans lequel

‘on ne peut ni naître ni mourir, qui prend l’honime au sein

de sa mère et ne le laisse qu’à la tombe, qui bénit ou consacre le berceau, le lit de mort et le cercueil ; un homme que les petits enfants s’accoutument à aimer, à vénérer et à craindre ; que les inconnus même appellent mon père, aux

“pieds duquel les chrétiens vont répandre leurs aveux les

plus intimes, leurs armes les plus secrètes ; un homme qui

“est le consolateur par état de toutes les misères de l’âme et

du corps, l'intermédiaire obligé de la richesse et de l’indigence, qui voit le riche et le pauvre frapper tour à tour à sa porte : le riche pour y verser l’auinône secrète, le pauvre pour la recevo.r sans rougir ; qui, n’étant d’aucun rang s0cial, tient également à toutes les classes : aux classes inférieures, pur l'humilité de la naissance ; aux classes élevées par l’éducation, la science et l’élévation de sentiments qu’une religion philauthropique inspire et commande, un homme, enfin, qui sait tout, qui à le droit de tout dire, et dont la parole tombe de haut sur les intelligences et sur les cœurs avec l’autorité d’une mission divine et l’empire d’une foi toute faite ! c’est le curé.

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