BATAILLE DE CHATEAUGUAY
Le 21 octobre 1813, l'avant-garde d'Hampton repoussa les postes avancés des Anglais sur la route de Piper, à dix lieues au-dessus de l'église de Châteauguay. Aussitôt le major
£ guay Henry, qui commandait la milice de Beauharnois, en fit informer le général Watteville, et ordonna aux capitaines Lévesque et Debartzch de se porter en avant avec leurs com-
pagnies et deux cents miliciens de Beauharnois. Ces deux
officiers s’arrêtèrent à denx lieues de là, à l'entrée d’us bois difficile à pénétrer et qui offrait, par conséquent, une bonne protection. Ils y furent rejoints, le lendemain matin, par le colonel de Sulaberry avec ses Voltigeurs et une compagnie de milice. Le colonel prit la direction de tous ces corps, et remonta la rive gauche de la rivière Châteauguay jusqu’à l’autre extrémité du bois, où il savait qu’il y avait une excellente position défensive, entrecoupée de ravins profonds. Il y établit quatre lignes d’abattis, les trois premières à deux cents verges l’une de Pautre, et la quatrième à un demi-mille en arrière pour défendre un gué. Toute la journée fut employée à fortifier ces lignes, dont la première avait la forme d’un argle allongé, sur la droite de la route, et suivait les sinüosités du ravin.
Cette position obligeait l’ennemi à traverser un pays inha-
bité et à s’élo'gner de ses vivres, tandis que les soldats chargés de lu défendre avaient tont ce qu’il fallait près d’eux, et se trouvaient fortemert appuyés par derrière,
La rive droite de la rivière se trouvait couverte d’un bois épais. Il y fut mis un fort piquet pour défendre l’approche du gué. Le colonel de Salaberry fit ensuite détruire tous les ponts à une grande distance en avant de sa position, et abattre tous les arbres entre la rivière et un marais qui se trouvaient au-delà de la plaine qui était devant lui; il voulait empêcher par là le passage de Purtillerie dont il savait ennemi pourvu. Il fit perfectionner tous ces ouvrages jusqu'au moment où Pennemi parut. Les travaux eX@cutés permettaient de lutter contre des forces bien supérieures, et furent approuvés par le général Watteville. On n’avait que 300 Canadiens et quelques Écossais et sauvages à opposer aux 7,060 Américains qui arrivaient avec Ilampton. Mais le colouel de Salaberry était un officier expérimenté et doué d’un courage à toute épreuve. Entré très jeune dans l’armée, il avait servi onze ans dans les Indes Orientales, où il avait assisté au fameux siège du fort Matilda par le général Prescott. Quoiqu’à peine âgé de seize ans, il avait été chargé alors de couvrir lPévacuation de la place, Il avait commandé encore avec distinction une compagnie de grenadiers dans l’expédition de la Martinique en 1795, Dans celle de Walcheren, en Europe, il était aïde-de-camp du général Rottenburgh, Il débarqua à la tête de la brigade des troupes légères, et fut placé dans les postes avancés pendant toute la durée du siège de
Flushing.
Revenu en Canada comme officier de létat-major de Rottenburgh, peu de temps avant la guerre avec les Étate- Unis, il fut choisi nar Sir Georges Prevost pour lever un