‹ Manuel de droit civique [microforme] (volume 2)Chapitre 192 sur 270 · SES · texte numérisé non relu

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sera malheureux ou prospère, selon que cette éducation aura été mal ou bien dirigée,

Bienheureux le peuple qui, aux prospérités matérielles, que nous ne dédaignons pas, que nous apprécions au contraire selon leur importance et que nous aimons sincèrement, bienheureux, dirons-nous, le peuple qui, à ce bonheur matériel, sait ajouter une autre source, la seule réelle et la seule idtérissable de prospérité solide et permanente : une éducation bonne, mais bonne pour toutes les classes, sans en excepter aucune, qui assure et consolide le sentiment de la vénération pour les parents, le respect dû à la loi, la probité dans les transactions d’affaires : en un mot, bienheureux le peuple chez qui le Seigneur est le “ premier de tous les maîtres | ”

Lorsque Napoléon le Grand voulut reconstituer en France la Société renversée par la tourmente révolutionnaire, ce génie sublime, qui a sn conquérir des titres à l’admiration de ses ennemis mêmes, posa comme principe que ‘ la religion est la base de l’éducation nationale.” Il n’est pas jusqu’aux philosophes du 18me siècle qui n’aient été forcés d'admettre cette vérité. Un des plus célèbres d’entre eux, le trop fameux Jean-Jacques Rousseau, a mêlé à beaucoup de pages dangereuses cet aveu que la vérité arrachait à son âme : ‘‘ J'avais cru pendant longtemps, écrit-il, qu'il était possible de donner aux enfants une bonne éducation sans religion et d'être vertueux sans elle, mais depuis longtemps je suis bien revenu de cette grande erreur.”

Instruits par l’expérience des autres peuples, nous éviterons. avec soin l’écueil où ils se sont brisés, et nous donnerons à l'instruction religieuse la place à laquelle elle a un dreit incontestable. Imbu de ces principes sacrés, qui sont

le fondement de l’ordre social tout entiér, l’élève de l’École normale ira à son tour enseigner cette même doctrine qu’on lui aura inculquée. Ainsi le bien se perpétuera, et cette institution produira des fruits salutaires et en rapport avec le but pour lequel elle a été-fondée.

Mar. E.-G. Horaw,

Evêque de Kingston, Premier Frincipal de l'École normale Laval,

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