LA NÉCESSITÉ DU TRAVAIL
. Il n’y a rien, dans l’ordre des choses humaines, de plus nécessaire, de plus décisif et de plus fécond que ce que nous désignons par ce mot : le travail.
Comprendre et pratiquer, jeune encore, la grande loi du travail, selon le cours ordinaire des choses, c’est décider ” l'avenir et fixer la destinée ; c’est assurer dans ses premiers jours la fécondité de tous ses jours ; c’est ouvrir dans la vie qui commence les sources profondes et larges d’où sortent les grandes choses, dont Péclat doit rejaillir sur la vie tout entière.
La paresse, au contraire, verse sur l’homme des maux incalculables. Elle blesse sou enfance, elle flétrit sa jeunesse, elle brise sa virilité, elle attache à toutes ses puissauces le déchonneur de la stérilité. C'est que le travail est
nir
ais aÏS en upresune la
plus nous
bi du ider 1iers vie rtent tout
naux
jeu- D uisil est
sur la terre la suprême fonction de l’homme, et toute sa vie dépend de la manière dont il sait accomplir.
Et cependant, quand on suit d’un œil attentif le mouvement des choses et l’agitation du monde, rien n’apparaît dans l’humunité moins apprécié et moins compris que le travail. La vie des hommes, enchaïînée au travail, se révèle partout comme une fuite du travail ; et l’on dirait que Pon ne consent à l’embrasser, que pour mieux arriver à se débarrasser de lui.
L’enfant, incliné à la paresse, éprouve pour le travail une répulsion native. Il s’y soumet an collège, mais comme à un joug que la nécessité impose à la jeunesse, Tout au plus il l’accepte comme un âpre instrument destiné à lui ouvrir les portes de la science, qui, elle-même, plus tard, lui ouvrira Vavenir. Il voit dans le travail une condition de savoir, non un élément d’éducation ; il travaille pour devenir savant, non pour devenir un homme ; le travail n’est pour lui ni une formation, ni une fonction de la vie. Et souvent, par delà les jours laborieux des épreuves littéraires ou scientifiques, le jeune homme entrevoit de longs joure inoccupés, où le rien faire lui apparaît comme u* idéal de félicité,
Et en ceci l’erreur des jeunes gens n’est pas autre que l'erreur des hommes faits. Presque nulle part, même dans l’âge mur, je ne rencontre le travail accompli comme une fonction. On fait du travail un moyen de profit et un ressort de fortune ; où sont ceux qui en font un moyen de perfection et un ressort de vertu ? on travaille pour s'élever, on travaille pour jouir, on ne travaille pas pour devenir meilleur en faisant son devoir. Pour la très grande majorité des homanes, le travail n’est qu’une préparation de loisir ; c’est un effort pour arriver à ne plus travailler : on se fatigue et
on s’agite dix aus, pour se reposer, j'allais dire pour s’en nuyer vingt ans ; si bien, que Pagitation et la fatigue hnmaine n’est qu’une conspiration contre le travail, où le travail se trahit et conspire contre lui-même.
Une erreur pratique si universel e, portant sur un poiat si
capital, est un désordre immense ; et ce désordre, en se propageant, enfante pour l’individu, la famille et la société des désastres irréparables.
- Un jour, dans le jeune homme qui a répudié le travail les passions triompheront. Et après Pavoir vaincu, où Pemporteront-elles ?... Ah! la question me fait trembler, et je n’ose plus me répondre à moi-même. Le démon de la volupté le marquera-t-il de son signe ?... Je l’ignore, mais ce que je suis bien, c’est que la pureté sans tache au sein de la paresse est un miracle dans le monde moral ; ce que je sais bien, c’est que des trois grandes iniquités qui firent tomber le feu vengeur sur des cités coupables de crimes abominables, la première se nommait lorgueil, la seconde la gourmandi-e, et la troisième l’oisiveté : Superbia, saturitas panis etotiuml!!1!
Voilà la formation de l’homme sans le travail de l’enfant : vous le voyez, ce n’est plus l’éducation, c’est la dégradation ; ce n’est p'us l’élévation de l’homme, c’est la déchéance.
Le voilà tel que la paresse Pa fait : il est ignorant, borné, imprévoyant, lâche, mou, indifférent, indiscipliné, sensuel, orgreïllen-, sersonnel, égoïste ; il n’est pas élevé, ce n’est
P à st j Fee !
jé #8 santemplé tout à l’heure (1) humanité cliâtiée (t) ii: ,4 16 auquel il est ici fait allusion se trouve dans la
première partie du travail dont nous avons détaché les présentes pages: Discours sur le travail, loi de la vie et de l'éducation, prouoncé au collège de Vannes en 1856, par le R. P, Félix, S. J,
s’eli e hue t'a-
int si à proé des
il les Pemet je la vois ce de la e sais mber bomwour-
panis
fant :
ation ; borné, isuel,
n’est
‘âtiée ans la sentes
ation,
de la violation de sa loi par l’abjection de l’état sanvage. Voici l’enfant, à force de paresse, s’infligeant à lui-même nn châtiment analogue. Comme l’enfant du désert, il penche par lous ses penchants vers une dégradation pareille ; et n’était le milieu qui le retient et l’empêche de tomber plus bae, vous dirie le sauvage portant la robe du civilisé. Pareil à ce champ du paresseux couvert d’herbes mauvaises et de plantes malsaines, il offre, lui aussi, le spectacle deux fois hideux de la stérilité du bien et de la fécondité du mal.
Que sera cet enfant? Un fardeau pour lui-même, un déshonneur pour la famille, une menack pour la société, peut-être un fléau pour l’humanité ! ...
Écartons ces lugubres images et ces sinistres prévisions. Regardez : voici l’enfant qui a travailié; il a fécondé son
intelligence, affermi sa volonté et contenu son cœur. Habitué par le travail à une mâle résistance et à de chastes efforts, il a défendu sa vie contre les charmes du plaisir et les enivrements de la voiupié. Cette vie monte au lieu de descendre, et ne se répand sur les hommes que pour les embaumer de ses parfums et jes couvrir de ses dons. L’intelligence, la volonté et le cœur ont en lui leur développe. ment harmonieux. Le cœur a mis sur son front sa grâce, la vo'onté sa force, l’intelligence sa majesté ; et de ce triple rayonnement il se forme une beauté incomparable, beauté vraiment royale, qui annonce le roi de la création et efface de son éclat toute beauté créée. Ii est plus beau que tous les spectacles des cieux, plus beau que les sourires de la nature, plus bean que ioutes les beautés que Dieu fait reluire sur la terre; et dans l’épanouissement de sa beauté virile, il peut dire: ‘J'ai travaillé, j’ai fait mon éducation, je suis un homme.”
2 D QI PAR Tia ras TEE >
Oui, cet enfant développé, élevé, formé par son travail, il est l’homme, c’est-à-dire le plus splendide rejaillissement de la force, de la grandeur et dela suavité divine. Couvert des bienfaits de la terre et du ciel, cultivé par le sacrifice, fortifié par 8es efforts et fécondé par ses douleurs, cet enfant, c’est Le chef-d'œuvre de Dicu !..….
Ce chef-dreuvre de Dieu, jaunes gens, ce sera vous, oui,. vous-mêmes, si vo:is savez joindre à l’action de Dieu et au dévouement de l’homime la coopération énergique de votre propre travail(!).
R. P. Férix, Soc. Jes : Le travail.