DU CHOIX DES MANDATAIRES
Choisir les lionimes qui seront investis du mandat de faire les lois est évidemment une des lourdes responsabilités atta-
chées au titre de citoyens.... Si nous sommes coupables envers Dieu et envers notre conscience de la manière dont nous 1eémp'issons nos devoirs strictement personnels, Comment pourrions-nous ranger parmi les actions indifférentes la mission de concourir à l’œuvre si importante de la confection des lois générales ? |
— Déjà, quand Phomme agit dans la sphère limitée de ses affections et de ses affaires de famille, il lui est souvent donné de poser des principes dont les conséquences, bonnes ou mauvaises, s'étendront à plusieurs générations et lui survivront longtemps. A plus forte raison est-il obligé de peser dans la balance la plus délicate et de soumettre au contrôle de la morale la plus sévère ses actions publiques, celles qui touchent aux intérêts collectifs de tons ses concitoyens et exerceront une Influence durable sur les destinées de sa patrie. Sans doute, chacun de ceux qui déposent dans l’urne du scrutin un bulletin de vote n’est pas immédiatement investi de la fonction auguste de rédiger le texte des lois auxquelles tous.doivent obéir. Mais comme il lui appartient de choisir en toute liberté et souveraineté ceux qui seront délégués à’ cette fonction, sa responsabilité, pour être moins directe, n’en est ui moins certaine ni moins redoutable. Ce sont nos députés qui font les lois ; mais c’est nous qui choisissons nos dépntés. Dès lors, «i les lois sont bonnes, nous avons part au mérite de leurs auteurs ; et si elles sont mauvaises, nous n'avons pas le droit de dire comme le lâche Pilate : Je suis innocent du sang de ce juste ; je n’ai rien à voir à cela ; je m'en lave les mains. C’est précisément le contraire qui est vrai, et les votes émis par nous au jour des élections nous rendent d'avance solidaires des actes législatifs qui seront plus tard édités par nos mandataires.