AUX JEUNES CANADIENS-FRANÇAIS
nos droits religieux ou nationaux, peuvent surgir. Que ferons-nous si la corruption politique va son train, si l’abîme qui sépare les partis continue à se crouser ? Nous serons alors témoins d’un spectacle bien triste. Oh douleur ! nous verrons des centaines de descendants de ces fiers Normands, Bretons, Picards, Vendéens qui arrosèrent les rives du St-Laurent du plus pur de leur sang pour y déposer la semence d’une race forte et fière, nous verrons, dis-je, des Canadiens-français troquer lâchement leurs libertés conquises au prix de luttes héroïques contre une vile poignée d’or, une faveur ministérielle ou un principe d'ordre politique tout-à-fait secondaire.
Non ! la Providence nous épargnera cette honte,
Quand la jeunesse connaîtra bien la Constitution de son pays, qu'elle aura appris à imiter les citoyens modèles qui nous l’ont obtenue, qu’elle saura que l'Église fait un devoir à ses enfaats de votor suivant leur conscience, qu'il n’y a rien de si triste, de si honteux que de corrompre les autres ou de se laisser corrompre soi-même, alors nous aurons une phalange de futurs électeurs qui seront aptes à remplir leurs devoirs de citoyens en hommes d'honneur,
Voilà pourquoi, bien aimés jeunes gens, j'ai fuit ce Manuel de Droit civique qui vous appr:ndra les droits que vous possèderez au jour do la majorité, et les graves devoirs qu'un électeur honnête et éclairé est appelé à remplir dans la société,
Québec, 15 août 1895. C. J. Maana.