LES NÉGOCIATIONS. — LES CONGRÈS
seul marché qui leur demeurât ouvert. Ainsi obligées de subir les conditions d'un acheteur et d'un vendeur sans concurrents, elles ne tarderaient pas à payer chèrement cette situation, et leur ruine commerciale deviendrait rinstrumentde la fortune des Etats-Unis t (4).
L'entente n'a pu avoir lieu sur aucune des questions d'ordre économique dont le Congrès panaméricain avait été saisi. Le délégué de l'Uruguay a montré combien était chimérique le projet de M. Blaine. L'établissement d'un Zollverein américain est incompatible avec les réels intérêts de l'Amérique méridionale et avec les traités qui la lient à l'Europe. — Une circulation d'argent commune & toute l'Amérique est également une pure plaisanterie chacune des nations américaines faisant d'énormes ailaires avec les pays d*Europe qui ont adopté l'étalon d'or. — Les promoteurs du Congrès ont été plus iieureux en ce qui concerne l'arbitrage (V. n® 969).
Battus sur lensemble du programme du Congrès, les Etats-Unis ont pris une revanche partielle. Ils ont conclu un avantageux arrangement commercial avec le Brésil, le 7 février 1891 . Ils essaieront ainsi d'obtenir de chaque Etat une partie des considérables avantages que leur eût procurés une union douanière générale. — Us visent toujours à l'hégémonie du continent américain. — Ils veulent se constituer une position privilégiée sur les marchés des trois Amériques et en exclure l'Europe. Ils espèrent voir, un jour, par une naturelle et irrésistible évolution, l'union politique sortir de l'union économique. Le Zollverein allemand n'a-t-il pas été le précurseur de l'Empire d'Allemagne? (0» 919;.
[Au mois d octobre 1901, il s'est tenu à Mexico une nouvelle Conférence internationale américaine, qui a mis en relief les caractères principaux de la politique américaine et montré de quels principes de droit international elle tend k s'inspirer.]
[Un troisième Congrès panaméricain s'est tenu & Rio-de Janeiro , en 190G (2).]
814' — Une Conférence internationale maritime s'est tenue à Washington, en 1889 ; [une autre a eu lieu à Bruxelles en 1905] i3).
814 <. — Mentionnons encore le Congrès Sud-Américain de Droit international privé, tenu à Montevideo du 25 août 1888 au 18 février 1889. Les Etats représentés furent la Bolivie, le Brésil, le Chili, le Paraguay, le Pérou, la République Argentine et l'Uruguay (4), — [les Conférences de la Haye, de 1893, 1894, 1900 et 1904, qui aboutirent à des traités relatifs à plusieurs règles
(1) Schrader, Prudent et Antoine, Atlas de géographie moderne.
(2) [V. de Danilowicz, Le Congrès panaméricain et Vavenir de V Amérique latine. Grande Revue, !•' septembre 1900. — Pepper, La Conférence panamértcaine de Rio •, American Munlhly Review, juin 1906, p. 689. ^ Viallate, La Conférence panamé ricame de Rio-de -Janeiro^ Revue bleue, 28 septembre 1906. — Corn p. Orlando. Panamericanismo, 1906. — Olero, El Congreso internacional de Panama en i8i6 {Confederacion americana), 1906.]
(3) IV. Franck, Lunification du droit maritime et la conférence diplomatique de Bruxelles, J. I. P., t. XXXIV. p. 273.]
^4) V. sur ce congrès les articles de M. Pradier-Fodéré. R. D. I., t. XXI, p. 217 «1561.
communes en matière de droit international privé (1), — la Conférence de Rome dans Tintérét de la défense sociale contre les anarchistes, tenue du Si novembre au 21 décembre 18d8 : il ne parait pas qu'elle ait eu des résultats, ^ Ift Congrès social économique hispano^méricain, réuni à Madrid en 1900 (2), — les f^férences de Paris en 1902, de Zurich en 1904, de Paris en 1906, pour la réprossioa de la traite des blanches m^ 409 <), — la Conférence de Bruxelles en 1902 pour la réglementation et la production du sucre «3), — le Congrès pacifique Centra américain tenu k Corinto en 1902, ^ la Conférence sanitaire internationale de Paris en 1903 (4), — les Conférences de Berlin pour la télégraphie sans Gl en 190& et en 1906, ~ le Congrès international d'agriculture de Rome en 1905, où on décida la création dans cette ville d'un Institut international d'agriculture, — les Conférences de Berne en 190K et 1906 pour la protection du travail,— la Conférence de Genève en 1906 pour l'assistance des blessés et des malades dans la guerre sur terre, — la Conférence d*Âlgeciras en 1906 pour placer le Maroc sous une garantie internationale (n' 143'^;. — Mais une place particulière doit être réservée aux deux conférences de la Paix qui se sont assemblées à la Haye en 1899 et en 1907.]
814^. - [Première Conférence de la Paix delà Hâte. — Frappé des conséquences funestes que pouvait présenter Tétat de paix ai mée dans lequel vivait l'Europe depuis un certain nombre d*années, TËmpereur de Russie Nicolas II, par une circulaire du 12/24 août 1898, proposa la réunion d*une conférence pour c le maintien de la paix générale et une réduction possible des armements excessifs » (5). Une seconde circulaire du tsar, du 30 décembre 1898/11 janvier 1899 (6), définit la formule un peu vague du premier message ; huit questions étaient proposées aux travaux de la conférence, qui se ramenaient à trois points principaux : réglementer la guerre ; la prévenir par remploi des bons offices, de la médiation et de l'arbitrage ; rendre la paix armée moins lourde aux peuples en stipulant la non augmentation des eiïectifs et des budgets militaires et même, si possible, en en préparant la réduction. — La conférence, désirée par le tsar, se tint à la Haye, du 18 mai au 29 juillet 1899. — Vingt-six Etats (dont un Etat vassal, la Bulgarie) j furent invités et représentés ; elle réunissait des nations d Europe, d*Amérique et d'Asie : Allemagne, Autriche-Hongrie, Belgique, Chine, Danemark, Espagne, Etats-Unis d'Amérique, France, Grande Bretagne, Grèce, Italie, Japon, Luxembourg, Mexique, Monténégro, Pays-Bas, Perse, Portugal, Rou-
(t) Voir suprà, B* 2Q\ ^ . — Comp. Buzzati, Trattaio di diritio intemasionale privato seconda le convenzioni deW Aja^ t. I, 1907.]
(2/ [V. Prudhomme, R. D. 1. P., t. IX, p. 288.]
(3) [V.Romanet.La conférence de Bruxelles de I90i'i90i, sur le régime des sucres^ 1904.)
^4) [V. Loutn, La politique sanitaire intemationaie.liWHi. — Noiare Aga. Coninbution à Vétude des conférences sanitaires internationales dans leurs rapports aoec la prophylaxie des maladies pestilentielles en Perse ^ 1904.]
(5) [V. sur ce premier message: R. D. I. P., t. V, pp. 687-744; A. Dttsjardins, Le désarmement. Revue des Deux-Monde, 1*>^ octobre 1898. — Sur la question du désarmement, V. infrà, n»1711, note.]
;6) [V. sur cette seconde circulaire : de Lapradelle, R.D. I. P., t. VI, p. 76.]