LES MINISTRES DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
648. — Lorsque les événements historiques eurent fait apparaître en Europe la nécessité de rapports suivis et continus entre les divers Etats, lorsque se dessinèrent avec une certaine intensité pour chacune d*eux les lignes principales d*un système politique à suivre, les gouvernements furent mis dans Tobligation de créer, en leur sein, un organisme spécial, un cabinet particulier, chargé de la correspondance politique et de la direction des affaires extérieures. Apparurent alors les secrétariats, ou départements, ou ministères des affaires étrangères.
Leur création remonte en France au 1*'' janvier 1589. Henri IH créa quatre charges de secrétaires d*Etat à département.
649. — Au ministre des affaires étrangères incombent les attributions et les devoirs suivants : entrer en conférence avec les agents diplomatiques des autres Etats ; écouter leurs propositions ou réclamations ; y répondre ; discuter avec eux les intérêts réciproques des Etats ; entamer et conduire à bonne fin les négociations ; — veiller à la Ûdèle exécution des traités.
Nommer les agents diplomatiques et les consuls envoyés en pays étrangers ; les diriger et leur donner les instructions nécessaires à Taccomplissement de leur mission ; — notifier aux Etats étrangers la nomination ou le rappel de ces agents ; — recevoir et présenter au Chef de TEtat les agents diplomatiques étrangers ; faire respecter leur indépendance et leurs privilèges.
Protéger au dehors les intérêts politiques, économiques et commerciaux de son pays ; — protéger les nationaux établis à Tétranger.
Faire rédiger les actes publics émanés du chef de TEtat et relatifs aux affaires extérieures, les traités de paix, d'alliance, de commerce, de navigation, etc., les déclarations de guerre, les manifestes, etc. ; — répondre aux pièces officielles étrangères.
Veiller à la conservation des archives particulières de son ministère, de la correspondance diplomatique, des originaux des traités et conventions, etc., etc.
650. — - Les fonctions de ministre des affaires étrangères sont extrêmement délicates et difficiles à remplir. Une fausse démarche, une combinaison mal assise, une parole imprudente peuvent compromettre la dignité de TEtat et les intérêts de la nation. — Que de qualités rares et sérieuses doit posséder ce ministre 1 — de Martens, Heffter, M. Pradier-Fodéré les indiquent avec exactitude.
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