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ments de la volonté royale. Le problème se posait nettement devant le pays. L'avenir devait assurer à Jamais la suprématie du souverain ou bien la prépondérance du parlement.
Les rois de la maison des Stuarts comprirent que l'heure de la lutte était arrivée, 1ls la livrèrent, sinon avec succès, du moins avec énergie et détermination.
Jacques 1% posa les principes qui devaient servir de base au pouvoir absolu. C'était, comme on l'a dit, le roi théologien. Selon lui, la monarchie héréditaire était d’institution divine, le monarque ne pouvait être privé de ses prérogatives, par aucune loi, par aucune coutume, quelque respectable qu’elle fût ; les chartes, que les rois d'Angleterre avaient jurées, n'étaient que des traités et des concessions qui n’obligeaient le souverain qu'en autant qu'il le voulait bien ; les lois du royaume même ne le liaient pas et les privilèges du parlement n'étaient que des concessions faites par le roi durant bon plaisir.
Charles [*, doué de plus d'énergie et de courage que son père, se chargea d'appliquer cas principes. La lutte du reste était engazée de part et d'autre. La chambre des
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d'action ct de contrôle était le pouvoir de refuser des subsides. Pour le roi, il fallait, ou bien obtenir ces octrois légalement, en se soumettant au parlement, ou bien prélever les fonds nécessaires à l'administration du gouvernement en dehors de la constitution et au mépris des anciennes franchises du royaume. Charles [® n'hésita pas, 11 choisit la dernière alternative, se flattant bien de pouvoir vaincre la résistance des représentants de la nation.
Il débuta par le renvoi de ses deux premiers parlements qui ne voulaient pas voter des subsides sans condition. Pendant ce temps, il prélevait des taxes de sa propre autorité et Jetait en prison les chefs de l'opposition. Il allait même plus loin et soumettait le pays ? toutes les rigueurs de la loi martiale.
Le troisième parlement fit comprendre au roi qu'il s’opposerait sans cesse à ces abus de pouvoir et Charles dut changer de tactique. Il fit mine d'écouter les doléances des chambres, celles-ci lui accordèrent les subsides demandés, et le roi sanctionna la loi demeurée célèbre sous le nom de Pétition de
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droit. Par cette charte, il promettait de ne plus prélever de l'argent sans l’assentiment du parlement, de ne plus emprisonner personne, qu'en vertu de la loi, et de mettre fin au régime de la loi martiale qui désolait le pays.
On put croire la paix établie, mais on comptait sans l’inconstance du roi, inconstance qui allait jusqu’à l'oubli des promesses les plus solennelles. Charles accepta les subsides, mais il ne se souvint plus de la charte qu'il avait signée ; la chambre voulut réclamer, et le roi exerça de nouveau sa préro-
gative de dissolution.
Charles [°° résolut alors de tenter une expérience à laquelle aucun de ses prédécesseurs n'avait songé. Il voulut gouverner sans parlement et pendant onze ans il persista dans sa détermination. Il s’entoura de conseillers aussi habiles que peu scrupuleux dans le choix des moyens. C'était, en première ligne, Thomas Wentworth,un des anciens chefs de l'opposition, resté célèbre sous le nom de comte de Strafford et, pour les affaires ecclésiastiques, Laud, archevêque de Cantorbery.
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sonnes et les choses. Pour obtenir de l'argent, le roi eut recours à tous les moyens, hors
| ceux prévus par la constitution. C’étaient des : contributions forcées, des emprunts, des mo- | nopoles injustes et ruineux. Les anciens rois
d'Angleterre avaient autrefois exigé de leurs sujets, en temps de guerre, des octrois pour la création et le maintien d’une flotte. Les conseillers de Charles imaginèrent de faire revivre cette coutume et de prélever ces contributions, skip money, de tout le royaume. Il n'entrait pas dans l’idée des flatteurs du roi qu'on osât refuser de les solder,
Or, dans le Buckinghamshire vivait un squire opulent et paisible du nom de John Hampden. C'était un homme qui jouissait du respect de ses voisins, mais qui était inconnu du royaume. Îl aimait à rester sur ses terres, ne se mêlant pas de politique agressive et se bornant à cultiver ses fermes et à embellir scs propriétés.
Au grand étonnement du peuple, qui ne le connaissait pas, cet obscur square osa plaider
avec le roi, nier ouvertement son droit de prélever le skip money, et risquer sa personne, sa liberté et sa fortune dans un procès et une lutte dont l'issue ne paraissait pas douteuse.
John Hampden plaida donc avec Charles I°" devant la cour d'échiquier. [1 amena contre les prétentions royales des arguments si forts, des raisons si concluantes, qu'on ne put réunir en faveur de la couronne qu’une faible majorité. Ce fut pour Charles [°° une véritable défaite. Hampden devint désormais le champion de la nation, sans compensation pour le gouvernement, car 1l fut impossible de prélever le ship money et les embarras financiers du roi allèrent leur train.
Mais il fallait absolument obtenir de largent, et ceux qui résistaient se voyaient menacés d'emprisonnement et de la confiscation de leurs biens. Le mécontentement fut bientôt général dans le royaume. [l ne fut pas,cependant, question de révolte et le roi put enfin se flatter de triompher de la constitution. Il ne lui manquait encore qu’une armée permanente, mais sa création définitive ne paraissait devoir être qu'une question de temps.
Tout souriait au monarque, quand il eut la
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Il fallait créer immédiatement une armée et pour cela tirer sur les fonds publics, et les | coffres du roi étaient vides. Charles I° n'eut d'autre alternative que de convoquer le parlement qui se réunit en avril 1640.
La nouvelle chambre des communes se montra très modérée. Elle se déclara disposée à voter des subsides, mais elle demanda, en même temps, le redressement des torts. Le roi se fâcha et renvoya le parlement. Ce fut peine perdue. Les expédients imaginés par | les conseillers du monarque ne purent combier le déficit du trésor royal et Charles dut convoquer de nouveau les assises de la nation.
Le parlement qui se réunit en novembre 1640 est resté célèbre sous le nom de Long Parlement, il dura jusqu'en 1661 ; il commit des abus de pouvoir bien plus contraires à la constitution, que ceux dont le roi s'était rendu coupable. Ce fut désormais l'ère de la vengeance et la première victime fut le comte de
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Strafford. Même alors, la mesure ne parut pas |
comble, La majorité s'était surtout recrutée dans les rangs des puritains, secte bigote et méprisable ; elle se montra impitoyable. Sans méconnaitre les torts de Charles I°, il est impossible de ne pas flétrir l’étroitesse de vues, l'intolérance et la tyrannie de la chambre des communes.
La lutte se livra désormais entre la royauté
et l'élément puritain qui aftichait ouvertement
ses tendances républicaines. Charles I* fut-il faible ? manqua-t-il de courage à l'heure suprême ? C’est difficile de le dire, car il s'était laissé entraîner, depuis si longtemps, dans une fausse voie, que maintenant toute concession devenait dangereuse. Le parlement lui arracha la promesse de ne le dissoudre que de son consentement, 1l alla même plus loin et le priva du commandement de l’armée, droits qui appartiennent exclusivement à la
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une résistance ferme aux exigences de la chambre des communes. Il crut même devoir prendre l’agressive et réclama l’arrestation immédiate, sous prévention de haute trahison, de cinq des chefs de la
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pre basse, y compris le fameux Hampden. Comme les communes refusaient de les livrer aux officiers du roi, ce dernier conçut le projet, assurément bien audacieux, d'aller en personne au parlement les arrêter luimême. Le récit de ce qui s'en suivit est si dramatique, que nous ne pouvons résister à l'envie d'en faire part à nos lecteurs. Nous citons un historien qui a raconté ces événements avec un grand luxe de détails.
C'était le 16 janvier (1642). Le roi avait fait de grands préparatifs de défense. Des armes avaient été apportées de la Tour à Whitehall, et une foule de jeunes gens, connus pour porter un vif attachement à la couronne, étaient réunis à la Cour prêts à soutenir la royauté. Charles voulut se rendre à la chambre en personne pour saisir les cinq membres accusés. On prétend qu'il adopta ce parti extrême à l’instigation de la reine qui lui avait dit : “Tu es un lâche et, si tu ne mets sur le champ ces misérables à la porte, tu ne me reverras jamais.” La chambre apprit bientôt que le roi s’avançait vers Westminster- Hall, escorté d'une troupe de courtisans, d'officiers et de soldats qui tous étaient armés d’épées et de pistolets. Il y avait des armes dans la chambre. Mais on hésitait, car défendre les membres accusés contre
les hommes que conduisait le roi en personne, et faire ainsi du parlement une scène de carnage et de sang, paraissait une mesure dangereuse. Après une courte délibération, ldfhambre ordonna aux membres accusés de se retirer. Quatre d’entre eux obéirent sur-le-champ ; mais William Strode, l’un d'eux insista, pour rester et attendre l’arrivée du roi ; les sollicitations pressantes de sir Walter Earle, son ami, le décidèrent ensuite à se retirer. Tous allèrent dans la cité, où ils furent bientôt en sûreté.
Charles entrait en ce moment dans Westminster- Hall. La troupe qui l’accompagnait se rangea sur deux lignes. Aussitôt Charles s'avança vers la chambre des communes et frappa à coups précipités à la porte. En entrant, le roi avait à ses côtés son neveu Charles, prince valatin du Rhin. Il porta d'abord ses regards ve. l'endroit qu'occupait ordinairement Pym et alla ensuite au fauteuil du président. ‘“ Monsieur l’orateur, s’écriat-il, je vous emprunterai provisoirement votre fauteuil, si vous voulez bien le permettre.” L’orateur mit un genou en terre et Charles prit sa place. Tous les membres s'étaient levés et se tenuient couverts. Charles jeta de nouveau des regards inquisiteurs pour chercher les cinq membres qu'il était venu arrêter ; puis, il s’assit et parla ‘avec la plus violente agitation. “ Messieurs, ditil, je suis faché de venir ici pour une affaire aussi désagréable. Hier, je vous ai envoyé un sergent
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corps quelques-uns ordres, sont accusés et je m'attendais à dois vous déclarer montré plus de sollicitudes pour vos privilèges que moi ; j'ajouterai | que je les maiïntiendrai autant que faire se pourra. Cependant, vous devez savoir que dans les cas de trahison, il n'y a de priviléges pour personne. En conséquence, Je viens savoir si c‘uvlques-uns de ceux que J'ai accusés de trahison sont ici ; je ne puis attendre de cette chambre les dispositions que je voudrais lui voir ; mais je vous dirai que je saisirai les susdits membres partout où je les trouverai.” Les regards de Charles se promenèrent de nouveau sur la chambre ; puis il s’adressa au speaker. “ Quelques-unes des personnes que je cherche sont-elles ici ? les voyez-vous ? où sont-elles ?” Lenthall, tombant aux pieds du roi, lui dit que, serviteur de la chambre, il ne pouvait {répondre aux demandes qui étaient faites qu'autant que les communes l’autoriseraient. “Très bien, dit le roi en promenant de nouveau ses recards autour de la chambre. Mais comme je m'aperçois que tous les oiseaux sont dénichés, j'attends de vous que vous me les enverrez aussitôt qu'ils reviendront. Cependant je vous donnerai ma parole de roi que je n'emploierai point la violence contre eux, et que je procéderai à leur égard d’une manière légale ; car je n'ai jamais songe à agir
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autrement. Maintenant, comme je vois que je ne puis exécuter ce que je suis venu faire ici, je vous répéterai ce que j'ai dit précédemment, c’est que tout ce que j'ai accordé pour le bien-être de mes sujets sera maintenu par moi. Je ne vous importunerai pas davantage ; mais je vous dirai que, si
vous ne m'envoyez pas les membres accusés, aussi- | tôt qu'ils seront de retour ici, je saurai bien les
trouver.” A ces mots, le roi se leva et se retira au milieu des cris “ Priviléges ! priviléges !” que faisait retentir la chambre. Les communes sajournèrent immédiatement (1).
La suprême tentative du roi avait échoué. Il quitta peu après sa capitale où 1l ne devait revenir que pour y mourir de la main du bourreau. La retraite de Charles 1 fut désastreuse pour la cause royale. [l'en résulta une guerre civile entre le roi et le parlement qui
osa prendre les armes contre son souverain. | Il arriva ce qui arrive ordinairement dans ces !
cas, un aventurier réussit à s'emparer de la direction du mouvement insurrectionnel. Dé-
sormais, le parlement ne fut plus le maître,
Cromwell s'arrogeait tous les pouvoirs, il
exilait ceux des députés qui se montraient |
récalcitrants, il épurait, pour nous servir de
(1) Histoire d'Angleterre, Galibert et Pellé, tome IT, pp. 109-10,
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