‹ Manuel de droit romain, ou, Explication des Institutes de Justinien par demandes et par réponsesChapitre 136 sur 254 · KEI, ITA JUS ESTO · texte numérisé non relu

KEI, ITA JUS ESTO

D. Quel inconvénient en résultait-il ? Comment cherchat-on à y remédier ?

U. Les héritiers institués n'ayant aucun intérêt à accepter une hérédité absorbée par les legs, il arrivait souvent qu'ils la répudiaient, que les testateurs mouraient intestats, et que les legs devenaient inutiles. On voulut remédier, dans l'intérêt même des testateurs, à cet état de cho.ses. On porta donc la loi Furia (1), d'après laquelle, à l'exception de quelques personnes, nul ne pouvait recevoir par legs ou par donation à cause de mort plus de mille as. Mais cette loi n'atteignit pas son but ; car en multipliant le nombre des légataires, le testateur pouvait encore épuiser la totalité de sa fortune ; aussi fut ensuite décrétée la loi Voconia, qui défendit de léguer à personne plus qu'il ne restait aux institués. Cette loi n'approchait pas non plus assez près du but qu'on s'était proposé ; car, en distribuant ses biens à nn grand nombre de légataires, dont aucun en particulier ne recevait plus que l'héritier, le testateur pouvait réduire à presque rien le profit de l'institution. Vint donc enfin la loi Falcidie (2) qui a décidé que l'on ne pourrait léguer plus des neuf douzièmes (dodrantem) de l'hérédité, de manière que les héritiers quel

(1) La loi Furia Ustainentaria, qu'il ne faut pas confondre avec la loi Furia ou Furia caninia, qui restreint la licence des affranchissements testamentaires (voy. liv. I, tit. vii), remonte, suivant Hnmboldt, à l'an 571. l^a loi Vocoiiia a été portée en 585, sur la proposition du tribun Voconius S'axa.

(2) Les lois Furia, Voconia et Falcidie, sont des plébiscites qui portent les nom.! des tribuns qui les ont proposés (voy. Litrod , p. 38). La loi Falcidie a été portée en 714 (voy. p. 52).

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